Le Coran, tu t'abreuveras !

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L'admirable ordonnance qui règne partout dans le Coran, la pureté et l'élégance de son langage, la beauté de tous ses détails ont fait l'étonnement des Arabes et des penseurs qui se sont appliqués à étudier ce livre. Il y a dans toute composition des passages plus ou moins réussis que les autres, sur lesquels généralement on juge le tout. Ainsi, on blâme Amru-Ulqaïs d'avoir commencé un poème par ce vers célèbre : "Arrête-toi, que nous pleurions le souvenir d'un ami et d'une demeure", parce que, après avoir atteint dans le premier hémistiche du vers le pathétique le plus touchant, il ne se soutient pas dans le second au même niveau. On trouve mauvais aussi que le célèbre Abou-Najm ait commencé ainsi un poème, qu'il récita devant Hicham ben 'Abdul-Malek : "Un arc jaune qui semble, lorsqu'il décroche sa flèche, un il louche qui regarde l'horizon". Hicham était louche, et il ordonna que le poète soit mené en prison. On blâme aussi le commencement de la Qassida que Jérir avait faite en l'honneur de 'Abdul-Malek, et qui est ainsi conçu : "Es-tu revenu de ton ivresse, ou bien ton âme est-elle encore offusquée ?" Jérir voulut lire sa Qassida à 'Abdul-Malek, mais dès qu'il eut prononcé les mots du premier hémistiche qu'on vient de lire, "C'est ton âme qui est offusquée, fils de la ...," lui dit 'Abdul-Malek, et coupa court à la lecture. On trouve tout aussi inconvenant le premier distique de la Qassida de Bohtori en l'honneur de Youssef ben Mohammad : "Malheur à toi dans une nuit dont la fin est proche". "Malheur et honte à toi", répondit le Prince. Il est d'autres exemples que je pourrais citer, et qui montrent comment les poètes les plus illustres ont manqué, quelquefois, aux règles de l'art des vers.


Quant au Coran, les contemporains les plus éminents du Prophète ne purent y trouver, malgré leur profonde connaissance de la langue arabe et leur hostilité contre l'Islam, rien à relever, rien à blâmer ; ils durent tous reconnaître qu'il ne ressemblait à rien de ce qui l'avait précédé ; tantôt ils disaient que le Prophète était sorcier, tantôt qu'il reproduisait de vieilles traditions ; d'autres s'efforçaient d'empêcher leurs amis d'entendre réciter le Coran, de crainte que le charme de son style ne les séduise".


Comment imaginer que les Arabes les plus éloquents, les plus hostiles à l'Islam, les plus attachés à l'ancien culte, n'aient jamais tenté de démasquer cette prétendue imposture en produisant une composition d'une éloquence égale à celle du Coran, au lieu d'exposer leur vie et leurs biens pour combattre la nouvelle religion ? Rien de plus facile assurément, alors qu'on les provoquait par des versets comme ceux-ci : "Présentez un chapitre pareil à celui-ci, et appelez qui vous voudrez à votre secours, à l'exception de Dieu, si vous dîtes vrai... Si vous doutez de ce que Nous avons révélé à notre serviteur, composez un chapitre pareil à celui-ci, et appelez vos témoins, si vous dîtes vrai... Si vous ne le faites pas, et certainement vous ne le ferez jamais. (... Craignez le feu qu'alimenteront les hommes et les pierres... Quand même les génies et les hommes se réuniraient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne le pourraient pas, non, même s'ils s'assistaient les uns les autres". S'ils croyaient que Mohammad s'était prévalu de l'assistance de quelqu'un, pourquoi ne se sont-ils pas aussi fait aider ? Pourquoi ont-ils préféré la lutte à la discussion, le combat à une pacifique controverse ? C'est sans doute parce qu'ils étaient convaincus de l'excellence du Coran, et qu'ils reconnaissaient ne pouvoir rien opposer qui put le contrebalancer. On dit que lorsque Walid, fils de Moghira, entendit le Prophète - que le salut soit sur lui ! - réciter ces paroles du Coran : "Dieu veut la justice et le bien, et la libéralité envers les parents ; il défend la turpitude et l'iniquité et l'injustice, il vous alertât, peut-être réfléchirez-vous" (XVI, 90) ; il s'écria : "Par Dieu, que cela est doux à entendre, que c'est élégant... Certes ce n'est pas un homme qui a écrit cela". On raconte que Walid, ayant entendu lire le Coran en fut très touché. Abou ja hl, qui était son neveu, lui reprocha son attendrissement, sur quoi Walid répondit : "Aucun de vous ne connaît la poésie arabe mieux que moi ; cependant je n'ai jamais rien vu de semblable". On dit aussi qu'à l'approche de l'époque du pèlerinage, Walid assembla les Qoreichites et leur dit : "Les députations des différentes tribus vont arriver ; mettons-nous d'accord sur ce que nous dirons de cet homme (Mohammad) de manière à ne pas nous contredire les uns les autres. "C'est un devin", dirent-ils ; "Par Dieu", dit Walid, "ce n'est pas un devin, il n'en a ni les marmottements inintelligibles, ni les sentences rimées". "C'est un fou", reprirent-ils. "Non, il n'est pas fou", reprit Walid, "il n'en a ni les délires, ni les excès furieux". "Nous dirons alors que c'est un poète". "Il n'est pas poète ; nous connaissons la poésie dans tous ses genres". "C'est donc un sorcier", répondit l'assemblée. "Il n'a d'un sorcier, ni les incantations, ni les charmes", dit Walid. "Que dirons-nous alors ?", répliqua-t-on" "Rien de tout ce que nous dirons ne sera la vérité ; le plus convenable toutefois c'est de dire qu'il est sorcier". Il ajouta : "C'est une magie qui mettrait la dissension entre le père et le fils, entre le mari et la femme, entre un homme et son ami". C'est au sujet de Walid que Dieu a révélé : "Laisse-moi par celui qui t'a créé", (LXXIV, 11 et suiv.) On raconte que 'Otba vint une fois reprocher au Prophète - que le salut soit sur lui - les innovations qu'il introduisait dans le culte de ses pères. Le Prophète lui récita le chapitre qui commence : "Ha mim. Voici le livre". Quand il arriva à ces mots, "une foudre vous avertit, une foudre telle que celle qui tomba sur 'Ad et Thamoud" (XLI, 1-12), 'Otba lui mit la main sur la bouche, et le supplia de se taire. Selon une autre version, le Prophète continua à lire, tandis que 'Otba l'écoutait attentivement, les mains derrière le dos ; lorsqu'il fut arrivé à l'adoration, il se prosterna et 'Otba se leva précipitamment, et retourna chez lui sans mot dire aux gens de sa tribu. Quand ils vinrent le voir, il s'excusa et leur dit : "Par Dieu, il m'a tenu un langage que mes oreilles n'avaient jamais entendu avant, et je ne su que répondre".


Abou 'Obeida raconte qu'un Arabe, ayant entendu lire ces mots : "Annonce ce qui a été ordonné, et éloigne-toi des idolâtres" (XV, 94), se prosterna disant : "Je me prosterne devant la pureté de ce langage". Un arabe idolâtre ayant entendu un croyant réciter ces paroles du Coran : "Et quand ils eurent désespéré de lui, ils s'isolèrent pour délibérer sur leur salut" (XII, 80), s'écria "J'avoue qu'il n'est pas possible à l'homme de s'exprimer ainsi".


Asma'i raconte qu'un jour il entendit une servante esclave de cinq à six ans qui s'exprimait avec une délicatesse de langage exquise et lui dit : "... O Dieu, que tu es éloquente !" Elle lui répondit : "Est-ce que cela peut s'appeler éloquence après ces paroles du Très-Haut : "Et nous révélâmes à la mère de Moïse, en lui disant : Allaite-le, et si tu crains pour lui, jette-le dans la mer, et ne crains plus, ni ne t'afflige, car nous te le restituerons un jour, et nous en ferons un de nos envoyés" (XXVIII, 6), où, dans un seul verset ont été réunis deux ordres. deux défenses, I'exposition de deux faits et deux prophéties".

 
Dans l'histoire de la conversion d'Abou-Dharr, on raconte que celui-ci parlant de son frère Anis dit : "Par Dieu, je n'ai jamais entendu un poète plus éloquent que mon frère Anis ; il a remporté la palme sur douze poètes des temps de l'ignorance, l'un des quels c'est moi ; Il se rendit à la Mecque, et quand il revint je lui demandai ce qu'on y disait (de Mohammad). Il me répondit : 'Les uns disent que c'est un poète, d'autres que c'est un devin, d'autres que c'est un magicien puis il ajouta : j'ai entendu le langage des devins ; rien de ce qu'il dit ne lui ressemble ; j'ai scandé son langage sur les règles de la poésie, il ne s'y accorde point ; et aucun poète après moi ne saurait avoir le droit de dire que ce langage soit de la poésie ; certes, il est véridique dans ce qu'il dit, et eux sont des menteurs".

 
On dit dans les deux Sahihs (de Bukhari et de Muslim) que Jobair ben Mot'am dit : "J'ai entendu une fois le Prophète réciter le Coran ; quand il arriva à ces mots, 'Ont-ils été créés sans rien, ou bien sont-ils créateurs eux-mêmes ? Ont-ils créé les cieux et la terre ? Non, c'est plutôt qu'ils ne croient pas. Les trésors de ton Seigneur seraient-ils en leur puissance, ou bien sont-ils les dispensateurs suprêmes ?' (52, 35-37), je fus saisi d'une violente émotion, mon coeur semblait vouloir s'envoler vers l'Islamisme". On dit aussi qu'Ibn ulmoqaffa' entreprit de composer un ouvrage semblable au Coran. Passant un jour dans la rue, il entendit un enfant qui lisait ces mots : "Et il fut dit : Ô terre, absorbe tes eaux ; Ô ciel, arrête ; et les eaux diminuèrent, et l'arrêt fut accompli" (XL,64) ; il retourna chez lui effaça tout ce qu'il avait fait disant : "J'avoue que cela ne peut s'imiter : ce n'est pas le langage d'un homme". Yahya ben Hakam Le-Ghazali, l'un des plus éloquents écrivains de l'Andalousie, eut une fois, dit-on, la pensée de composer quelque chose qui pût rivaliser avec le Coran. Il commença à lire le chapitre de l'Unité de Dieu (CXII), pour se pénétrer du style qu'il voulait imiter : "Mais, dit-il, cette lecture m'inspira un sentiment de dévotion et de crainte qui me fit aussitôt repentir".


Un Moitazélite, Nedham, dit que l'éloquence extraordinaire du Coran est un miracle par le fait de ce qu'on appelle sarf (privation), c'est-à-dire que les Arabes avant la mission du Prophète pouvaient s'exprimer dans un langage aussi pur et aussi élégant, mais qu'ils furent privés de cette faculté après la venue de Mohammed. Nedham reconnaît donc ce qu'il y a de miraculeux dans le style du Coran, mais sous cette réserve que les Arabes, avant la venue de Mohammad, auraient pu produire des oeuvres aussi parfaites. Cette hypothèse ne peut être acceptée pour plusieurs raisons :

, Si les Arabes antéislamiques avaient eu une composition à opposer au Coran, ils n'auraient pas manqué de s'en prévaloir.
, Les Arabes admiraient dans le Coran la pureté, I'élégance et la force de l'expression, et non parce qu'il leur semblait impossible de lui rien opposer.
, Si Dieu avait voulu ôter aux Arabes la faculté de rien produire de semblable au Coran, il n'eût pas été nécessaire de s'élever à l'éloquence la plus sublime.
, Cette hypothèse est contraire aux paroles du Coran : "Dis : si les génies et les hommes se réunissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne le pourraient pas ; non, même s'ils s'aidaient les uns les autres" (XVII, 90). Si les Arabes avaient pu composer un seul verset d'une éloquence égale à celle du Coran, on ne pourrait plus dire que si les hommes et les génies réunissaient leurs efforts, il leur serait impossible de rien produire qui ressemblât à ce livre...

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