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QUATRIEME VERTU PRINCIPALE

DONNER


39ème  affluent  : Faire acte de générosite et donner pour Dieu

« Donner dans le chemin de Dieu » est une phrase qui revient très souvent dans le Coran. Dieu dit : « Les fidèles sont seulement ceux qui ont foi en Dieu et en Son Prophète, qui, ensuite, ne se laissent pas envahir par le doute et qui mènent Combat de leurs biens et de leur personne dans le chemin de Dieu. Ceux-là sont les vrais. » (49,15)

Le chemin de Dieu, nous le savons, est ascendant et les difficultés du parcours comportent celles de contrarier l'instinct égoïste de possession. La générosité est une vertu humaine qui peut se sublimer par le don dans le chemin de Dieu en une vertu imanique qui sanctionne la victoire sur l'ego acquisitif. Affranchis de notre attachement à l'avoir, nous sommes plus légers, plus alertes dans notre marche vers Dieu ; c'est l'effet éducatif du don.

L'effet social se manifeste par la disparition de la haine entre les pourvus et les dépourvus, par l'amélioration morale consécutive à l'amélioration de la vie matérielle et quotidienne de ceux qui sont nos compagnons de voyage et qui visent la même finalité. Le don, comme institution morale fondamentale et comme preuve de vérité, est le seul moyen de combattre la hargne sociale qui résulte de trop d'inégalité.

Notre prétention à l'amour restera une vaine et hypocrite protestation de principe tant que nous restons crispés sur nos sous. Parmi les gages de vérité, le don est le plus concret et le plus quotidien. Le verset cité ci-haut le précise bien comme il précise qu'il ne peut y avoir d'iman sans le don sur le chemin de Dieu. Toujours dans !es innombrables incitations au don dans le Coran, le don de soi. c'est-à-dire le fait de mourir pour Dieu, est second au don de ses biens : comme si donner, encore donner et toujours donner était une conquête plus difficile que la victoire sur la mort.

L'ego peut se sacrifier plus facilement que de s'exposer à perdre ses trésors. Perdre l'être plutôt que de perdre l'avoir, telle peut-être la devise de notre entité superficielle qui ne se sent valorisée que par la possession. La société normale, même celle du potlatch qui prise beaucoup qu'un homme dilapide sa fortune dans les festins, ne reconnaît de respectabilité qu'aux riches et puissants. Ceci est vrai pour les sociétés primitives comme pour les sociétés évoluées. Le fait de classe crée une psychologie de classe et la conscience révolutionnaire ne remplace jamais la recherche spontanée de la promotion sociale individuelle par l'accumulation des richesses.

L'Islam, pour venir à bout de l'injustice, dispose de la Loi basée sur le bon partage. Le don sans limite est la dimension fraternelle, après la justice, de la société où ne devraient pas exister de classes.

La thématique du Coran est dominée, après l'impératif de la foi unitaire qui est aussi foi en l'unité du genre humain et surtout en l'unité de la umma, par l'impératif du combat. Et celui-ci repose sur le don. Aux fidèles est rappelé sur toutes les tonalités rationnelles et affectives le caractère trompeur de cette vie immédiate. Il faut au voyageur vers Dieu un équipement, c'est indispensable. Mais, si le voyageur oublie le but et s'empêtre dans les dispositifs matériels destinés à lui faciliter le chemin, il est perdu. Aussi, il lui est recommandé de regarder ses frères, de peiner pour eux, de tout donner pour eux afin que par le don mutuel de tous soit assuré la sécurité de la route.

La solidarité communautaire est faite du don mutuel de tous, mais chaque fidèle est tenu de s'organiser afin que, jamais, il ne devienne un fardeau pour ses frères. Le parasitisme, de quelque espèce qu'il soit, n'est pas toléré. Le devoir de donner et la fonction sociale du don n'ont de sens que dans une société d'hommes actifs où l'Etat garantit le droit de chacun au travail. Pour que l'Etat puisse le faire, il faut qu'il adopte une politique égalitaire ; égalité devant le devoir de faire effort, égalité dans le droit de recevoir une juste rétribution. Le don, seulement alors, pourra combler les failles que la justice n'arrive pas à faire disparaître.

Les sociétés avancées, telle la société suédoise contemporaine, arrivent, sans excès d'étatisation et par l'impôt progressif, à établir la société du bien-être. L'Etat providence (le welfare state), garantit la sécurité matérielle de tous les citoyens. c'est un gain considérable que les autres socialismes non capitalistes sont loin d'atteindre. L'Economie islamique, qui ne peut être basée sur le capitalisme d'Etat, doit assurer un optimum de bien-être dans la simplicité et sans le gaspillage jahiliyen, dans une économie dirigée mais sans le collectivisme. Les performances de l'Etat-providence sont néanmoins insuffisantes sur le plan humain. La sécurité matérielle assure la base de la vie quotidienne, mais l'homme a besoin d'affection que l'Etat ne peut donner. C'est pourquoi les Suédois qui sont délivrés des soucis quotidiens de subsistance battent le record mondial du suicide. ils sont malheureux dans leur paradis matérialiste.

Le don est le complément de la justice dans la société fraternelle de l'Islam. Le don du superflu en temps d'abondance est le pendant du partage du nécessaire en temps de pénurie. Il faut que le don de soi total en combat armé soit l'expression maximale du don de soi de chaque jour ; donner son temps pour visiter le malade, donner de la joie aux malheureux en accompagnant votre don concret d'un sourire et d'une parole cordiale.

La conception parfaitement barbare qu'a l'Occident de l'homme définit celui-ci comme homo faber, comme travailleur, comme consommateur. Cet homo est terriblement efficace par sa technologie sorcière et son organisation. Mais il se trouve que ce petit homme jahiliyen qui a définitivement renié Dieu se trouve malheureux dans ses sociétés mécaniques et juridiques, malheureux dans son milieu technique et insatisfait du bien-être matériel qu'il a su obtenir par son effort et par le pillage des autres.

La conception islamique de l'homme le définit comme un être promis à connaître Dieu, à vivre éternellement en Paradis si seulement il prélevait un moment sur son horaire voué à la peine terrienne pour se situer par rapport à Dieu. Cette conception de l'homme trouve sa logique dans les rapports économico-sociaux par le don et le refus de l'asservissement que les moyens matériels nous imposent.

L'autonomie de la personne est un objectif socio-économique de l'Islam comme la solidarité et la fraternité. Les différences de fortunes énormes qui existent entre les couches d'une même société nationale et entre celle-ci et les autres sont un scandale et une abjuration de l'unité de la umma. Cette unité proclamée dans les principes est un leurre tant qu'elle n'est pas concrétisée, d'abord par le don qui aplatirait les différences et préparerait l'unification en abattant l'injustice.

Les personnes en pays islamique ne sont pas autonomes, pas libres d'entreprendre leur perfectionnement moral et spirituel. Les uns sont empêchés par leurs besoins de luxe et leurs richesses incalculables, les autres par la misère inhumaine dans laquelle ils croupissent, incapables de satisfaire leurs besoins les plus élémentaires. Quel rapport y a-t-il entre la panse d'un Arabe repu et le ventre creux d'un citoyen du Bengladesh ? Quelle fraternité peut-il y avoir entre ces deux extrêmes ?

La solidarité islamique n'existe ni à l'intérieur des sociétés du désordre ni dans les rapports d'un Etat avec un autre. L'autonomie de la personne, sa liberté est grevée par ce défaut grave, cette absence totale de la justice et du don. L'aumône éventuelle que fait un particulier à un autre ou un Etat à un autre est une insulte à l'homme et à la fraternité islamique.

Mesurés même à l'aune des nations non-islamiques, nous ne valons pas grand chose à cet égard. Il faut croire que, tant que nous restons éloignés de l'Islam, nos richesses, dont le plus clair actuellement est l'accumulation considérable de l'argent facile des pétro-dollars, don gratuit de Dieu, ne serviront à rien de bon sinon à l'achat d'armes inutiles faute de combattants, à l'acquisition d'installations industrielles de prestige inutiles faute de marché et de coordination. Nos richesses tombées du ciel servent surtout à satisfaire la soif de luxe et de jouissance des uns qui suscitent la haine des autres et aggravent la déchéance de tous.

Ces richesses ne serviront à rien de bon tant que la conscience de nos dirigeants et de nos « élites » restera enfermée dans le nationalisme étroit et que nos potentialités seront dilapidées pour alimenter de vaines rivalités idéologiques après que la corruption et les dépenses de luxe en eussent grignoté une grande partie.

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