Le Coran, tu t'abreuveras !

captcha 

Nombre de visiteurs

1056637
Today
Yesterday
This Week
Last Week
This Month
Last Month
540
374
2040
909654
12705
14482

 
Partager
 

MOHAMMAD DANS LA BIBLE

ET

JESUS DANS LE CORAN

Auteur : A. ALEM

بسم الله الرحمن الرحيم


 

 

DEUXIEME PARTIE

 

MOHAMMAD DANS LA BIBLE

 

CHAPITRE I :

 

MOHAMMAD DANS L’ANCIEN TESTAMENT

I.  Le Prophète

Le Prophète attendu du Pentateuque 

Qui est Schilo ? 

Le Prophète des Psaumes 

Le Serviteur élu 

Le Prophète des Manuscrits de la Mer Morte 

II. La Nation et la Religion

L’Alliance de Dieu avec Abraham et sa descendance 

Quelle est la Nation insensée 

Le Cantique nouveau c’est l’Islam 

Mohammad est le Prophète de Parân 

Le désert fécond 

III. La Ville et le Sanctuaire 

La Ville du Prophète attendu 

La gloire de la Mecque et les œuvres de ses habitants  

La gloire de la Mecque et celle de la Ste Ka’ba 

IV. Les visions du Livre de Daniel 

 

CHAPITRE II :

 

MOHAMMAD DANS LE NOUVEAU TESTAMENT 

I.     Le Royaume de Dieu ou des cieux 

II.    La transmission du Message divin à une Nation fidèle 

III.   Parabole des ouvriers et de la vigne

IV.   Le Fils de l’homme 

V.    Le Grand Messie n’est pas un fils de David 

VI.   Le Prophète attendu 

VII.  Le Prophète est plus puissant que Jean-Baptiste 

VIII. Le Vainqueur de l’Apocalypse 

IX.    Le Paraclet de l’Evangile de Jean 

 


 

 

DEUXIEME PARTIE

 

MOHAMMAD DANS LA BIBLE

 

Plusieurs prophéties aussi bien dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau évoquent un personnage, qu'attendent les nations.

Cet homme guidera son peuple, et par le truchement de ce dernier mettra toute l'humanité sur la voie de la droiture, de la justice et de la prospérité.

Ce personnage n'est pas mentionné par son nom dans la Bible canonique[7] ; mais on s'est contenté de lui attribuer des qualités et des caractéristiques le distinguant des autres prophètes. On a mis l'accent sur sa grandeur, ses oeuvres et sa prédication qui changeront la face du monde et qui aboutiront à la restauration du royaume de Dieu.

Cependant, les prophéties figurant dans l'Ancien Testament se rapportent selon les Chrétiens au Christ ; celles du Nouveau Testament, sont interprétées de façon à ce qu'elles ne concernent aucune autre personne que Jésus ; ou à défaut, on les applique à l'Esprit Saint.

 

CHAPITRE PREMIER

 

MOHAMMAD DANS L'ANCIEN TESTAMENT

 

 

I. - Le Prophète 

 

 

Le Prophète attendu du Pentateuque  

En ouvrant la Bible, nous rencontrons la plus importante prophétie du Pentateuque, concernant ce personnage, dans le Deutéronome 18: 15-22:

15. « L'Éternel, ton Dieu, te suscitera du milieu de toi, d'entre tes frères, un prophète comme moi : vous l'écouterez.

16. C'est là tout ce que tu as demandé à l'Éternel, ton Dieu, à Horeb, le jour du rassemblement, quand tu disais : Que je ne continue pas à entendre la voix de l'Eternel, mon Dieu, et que ne voie plus ce grand feu, afin de ne pas mourir.

17. L'Éternel me dit: ce qu'ils ont dit est bien.

18. Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai.

19. Et si quelqu'un n'écoute pas mes paroles qu'il dira en mon nom, c'est moi qui lui en demanderai compte.

20. Mais le prophète qui aura l'audace de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai pas commandé de dire, ou qui parlera au nom d'autres dieux, ce prophète-là sera mis à mort.

21. Peut-être diras-tu dans ton cœur : Comment reconnaîtrons-nous la parole que l'Éternel n'aura pas dite ?

22. Quand le prophète parlera au nom de l'Éternel, et que sa parole ne se réalisera pas et n'arrivera pas, ce sera une parole que l'Éternel n'aura pas dite. C'est par audace que le prophète l'aura dite : Tu n'en auras pas peur ».

 

Quand nous examinons attentivement les phrases de ce texte nous constatons qu'il ne s'agit pas de Jésus comme le prétendaient les Chrétiens. Les raisons de cette conviction pourront être résumées dans les constatations et les remarques suivantes :

1. Bien que Jésus fût parmi les Juifs et eût commencé sa mission, il ne fut pas reconnu comme étant le Prophète dont parle la prophétie précitée du Deutéronome. Mais les Juifs le distinguèrent du Prophète attendu. Cette remarque nous la tirerons du questionnaire fait par les sacrificateurs et les lévites, envoyés par les Juifs, à Jean-Baptiste. Ils avaient, néanmoins la certitude que Jean est un prophète, mais ils voulaient l'identifier. On lui a mentionné trois personnages : le Christ, Elie et le Prophète. Mais lui, a déclaré n'être aucun de ces trois :

« Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites pour lui demander : Toi, qui es-tu ? Il confessa sans le nier, il confessa : Moi, je ne suis pas le Christ. Et ils lui demandèrent: Quoi donc? Es-tu Elie ? Et il dit: je ne le suis pas. Es-tu le Prophète ? Et il répondit : Non... Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens. Ils l'interrogèrent et lui dirent : Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'es pas le Christ, ni Elie, ni le Prophète ? ... » Jean, 1 : 19-25.

De ce texte nous apprenons qu'il y a trois personnages : « Le Christ » qui est très probablement Jésus ; « Elie » qui pourrait être Jean-Baptiste (selon les dires attribués à Jésus dans Matthieu, 11 : 7-15) ; et enfin le Prophète.

L'identification des personnages nous importe peu, pour l'instant ; mais ce que nous devons retenir de ce témoignage c'est leur nombre et notamment la distinction faite entre le Christ et le Prophète.

Qui est donc ce Prophète ?

Son image a sans doute pour fond la prophétie du Deutéronome citée plus haut.

Par ailleurs, pour mettre l'accent sur la distinction que faisaient les Juifs à cette époque entre le Christ et le Prophète nous reproduisons un autre texte de l'Évangile de Jean, 7 : 40-41 :

« Des gens de la foule, après avoir entendu ces paroles, disaient : Celui-ci est vraiment le Prophète. D'autres disaient : Celui-ci est le Christ... »

Le Prophète est donc un autre personnage, mis en parallèle avec le Christ et dont on attendait la venue comme celle du Christ. Ces deux versets corroborent notre point de vue et appuient la démonstration que nous venons d'élaborer.

Cependant, pour donner un autre appui à cette réalité biblique nous citerons quelques versets des documents découverts dans la grotte de Qumrân (proche de la Mer Morte) qui mettent clairement l'accent sur la venue de trois personnages : deux messies et un Prophète. Dans le document appelé « Manuel de Discipline », il est écrit[8] :

« Seuls les fils d'Aaron décideront des questions de droit et de biens... Et qu'eux-mêmes ne s'éloignent d'aucun conseil de la loi pour marcher dans l'obstination de leur cœur ; mais qu'ils jugent d'après les premiers préceptes par lesquels les hommes de la communauté ont été d'abord disciplinés jusqu'à ce que viennent un Prophète et les Messies d'Aaron et d'Israël. »

Les sectaires de Qumrân, attendaient donc deux messies ; mais ils attendaient aussi un prophète, comme faisaient les autres Juifs.

 

2. Dans la prophétie du Deutéronome que nous avons reproduite ; il y a cette formule :


« Un prophète comme toi ».

Au début des versets, lorsque c'était Moïse qui parlait il disait : « Un Prophète comme moi », mais dans les versets suivants il répète les paroles de Dieu qui lui étaient adressées, et c'est alors qu'il dit : « Un prophète comme toi », c'est-à-dire comme Moïse.

Cette caractéristique ne saurait être appliquée à Jésus pour les raisons suivantes :

1. Jésus est un Israélite ; c'est une cause pour qu'il ne puisse pas être plus grand que Moïse ou l'égaler ; car dans le Deutéronome, 34 : 10-11, on constate qu'aucune personne parmi les Israélites ne saurait susciter l'idée d'être plus grande que Moïse :

« Il ne s'est plus levé en Israël de prophète comme Moïse que l'Éternel connaissait face à face. Nul ne peut lui être comparé pour tous les signes et les miracles que Dieu l'envoya faire au pays d'Égypte contre Pharaon... ».

Donc si quelqu'un prétend que parmi les Israélites apparaîtrait un prophète plus grand que Moïse on devrait le démentir.

2. Selon, les principes théologiques des Catholiques et des Protestants, concernant Jésus, il n'y aura aucune ressemblance entre Jésus et Moïse. Nous élucidons cette idée par les constatations suivantes :

a) Pour les Protestants et les Catholiques qui voient en Jésus la deuxième personne de la Trinité et le Fils de Dieu, Moïse serait son serviteur ; par conséquent il serait inadmissible de les mettre en équivalence et d'établir entre eux des ressemblance[9].

b) Jésus - comme prétendait Paul - était devenu maudit pour les Chrétiens : « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous - car il est écrit : Maudit soit quiconque est pendu au bois » Galates, 3 : 13 ; mais Moïse n'a ni été maudit ni crucifié alors que Jésus l'a été comme le croient les Chrétiens.

c) La loi de Moïse contient diverses directives et règles concernant la vie pratique : les interdictions et les devoirs, individuels et collectifs, portant sur la morale, la famille, l’économie, le droit etc. Alors que la loi ou les directives que renferment les Évangiles ne concernent que quelques questions de ce genre.

d) Moïse était un homme obéi et avait autorité sur son peuple par contre Jésus ne l'était pas.

3. Dans cette prophétie du Deutéronome il y a cette formule :

« Je leur susciterai du milieu de leurs frères... »

Au moment de l'évocation de cette prophétie, les douze tribus d'Israël étaient toutes présentes. Le contexte, en effet, montre que la parole fut adressée à tout Israël.

Donc il est inadmissible de prétendre que l'expression : « leurs frères » se rapporte aux tribus d'Israël ou à l'une d'elles. Leurs frères sont donc les Ismaëlites, c'est-à-dire les Arabes ; car Ismaël est le frère d'Isaac père d'Israël ; comme le dit le verset 12 du chapitre 16 de la Genèse : « Il (Ismaël) sera comme un âne sauvage[10], sa main sera contre tous , et la main de tous sera contre lui ; il demeurera face à tous ses frères. » ; et dans le verset 18 chapitre 25 : « Ismaël s'établit en face de tous ses frères[11]

4. « Je mettrai mes paroles dans sa bouche et il leur dira tout ce que je lui commanderai ».

C'est une allusion faite d'une part, à la révélation que ce prophète recevra et d'autre part à son analphabétisme. Jésus ne pourrait pas être concerné par cette prophétie car, selon les Chrétiens, Jésus est un Dieu; ce qui implique qu'il n'a pas besoin qu'on mette les paroles de Dieu dans sa bouche et qu'il n'a pas besoin de recevoir les ordres ; puisque c'est lui le Dieu qui commande à toutes choses !

5. « Et si quelqu'un n'écoute pas mes paroles qu'il dira en mon nom c'est moi qui en demanderai compte. »

Ici c'est une allusion à la grandeur de ce prophète. Mais il est difficile d'appliquer cette caractéristique à Jésus car d'une part, il ne serait qu'un simple porte-parole de Dieu et d'autre part ce ne sera pas lui qui jugerait ceux qui ne l'écouteront pas mais ce sera Dieu ; ce qui est incompatible avec les dogmes chrétiens.

Mais lorsque nous essayons d'appliquer les caractéristiques citées dans la prophétie du Deutéronome, au Prophète Mohammad nous trouvons une parfaite concordance :

Il est comme Moïse dans les caractéristiques suivantes :

* Il est un serviteur de Dieu et son Messager comme Moïse, et non pas un Dieu.

* Il a un père et une mère (Jésus n'a que la mère).

* Il s'est marié et avait des enfants, comme Moïse (Jésus, non).

* La révélation qu'il a reçue contient des directives et des règles qui régissent la vie entière des hommes : individuelle et collective ; morale, politique, économique, juridique et religieuse.

Pour éclaircir cette question nous citons quelques faits :

Dans les deux religions : islamique et juive, il y a les ablutions légales pour faire les prières ; la purification légale des femmes après les règles, l'accouchement et après l'acte sexuel entre la femme et son mari (dans ce cas la purification est également obligatoire pour l'homme). L'interdiction de manger la viande d'animaux non égorgés et la chair du porc. La punition concernant l'adultère (de l'homme et de la femme). La loi du Talion. L'interdiction des sacrifices pour les idoles. L'interdiction de la pratique de l'usure. Et enfin le pur monothéisme.

* D'autre part, Mohammad est mort naturellement comme Moïse ; par contre Jésus, selon les chrétiens, fut crucifié et tué.

* Mohammad a été enseveli et enterré et ne fut pas ressuscité (comme Moïse) alors que Jésus, selon les Chrétiens, a été ressuscité et élevé au ciel.

* Il n'était pas maudit pour sa communauté (tel Moïse) ; par contre Jésus l'était comme prétendait Paul.

* Le Coran a souligné cette ressemblance aussi bien entre Mohammad et Moïse qu'entre le Coran et la Torah :

Dieu dit dans le Coran, 73 : 15 : « Oui, nous vous avons envoyé un Prophète qui porte témoignage contre vous, comme nous avions envoyé un Prophète à Pharaon. » Et il dit à propos du Coran et de la Torah, 21 : 48-50 : « Nous avons donné la Loi à Moïse et à Aaron, comme une Lumière et un Rappel pour ceux qui craignent Dieu ; pour ceux qui redoutent leur Seigneur bien qu'ils ne le voient pas et qui sont émus en pensant à l'Heure. Et ceci (c’est-à-dire le Coran) est un Rappel béni que nous avons fait descendre. Allez-vous donc le méconnaître ?».

* Mohammad était illettré, la parole de Dieu était dans sa bouche comme dit le Coran à son propos : « Par l'étoile lorsqu'elle disparaît. Votre compagnon (Mohammad) n'est pas dans l'erreur; il ne parle pas sous l'empire de la passion : Ce n'est là qu'une révélation qui lui a été inspirée. » (53: 1-4).

6. Dans cette prophétie il est dit : « Mais le prophète qui aura l'audace de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai pas commandé de dire, ou qui parlera au nom d'autres dieux, ce prophète-là sera mis à mort., »

La phrase « ...sera mis à mort » est une promesse et pas un ordre.

Si alors le Prophète Mohammad avait été imposteur il aurait du être tué comme le souligne ce verset ; mais Il ne l'a pas été ; par conséquent il n'était pas un imposteur, et c'est ce que dit le Coran : « S'il (Mohammad) nous avait attribué quelques paroles mensongères, nous l'aurions pris par la main droite, puis nous lui aurions tranché l'aorte, nul d'entre vous n'aurait été capable de s'y opposer. » (69 : 44-47). Dans un autre verset le Coran dit : « Ô Prophète ! Fais connaître ce qui t'a été révélé par ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, tu n'auras pas fait connaître son message. Dieu te protégera des gens. » (5 : 75).

Cette promesse du Coran de protéger le Prophète a été accomplie, et personne n'a réussi à le tuer bien qu'il eût de nombreux ennemis.

Or les Chrétiens prétendaient et prétendent encore que Jésus a été tué ; donc en nous basant sur cette prophétie du Deutéronome nous pourrons conclure que : soit Jésus était un imposteur et non pas un vrai prophète (?) puisqu'il fut tué, comme on le prétend ; soit alors, Jésus a été tué tout en étant un vrai prophète ce qui nous mène à conclure en revanche que ces versets du Deutéronome ne sont pas authentiques et qu'ils ne sont pas l'oeuvre d'une inspiration ; par conséquent ces versets ne concernent pas Jésus.

Mais tout ceci est grave pour la foi des Chrétiens ! Certes cela est un dilemme. Cependant, le Coran donne une explication qui résout cette controverse : Jésus n'a pas été tué mais élevé au ciel, un autre fut crucifié à sa place (Voir le Coran, 4 : 157). Selon les faits coraniques le problème est donc résolu : le texte du Deutéronome est authentique, Jésus ne fut pas tué et n'était pas un imposteur.

7. - Dans cette prophétie du Deutéronome, Dieu a donné des signes pour distinguer le prophète imposteur du prophète véridique : « Peut-être diras-tu dans ton coeur : Comment reconnaîtrons-nous la parole que l'Eternel n'aura pas dite ? Quand le prophète parlera au nom de l'Éternel, et que sa parole ne se réalisera pas et n'arrivera pas, ce sera une parole que l'Éternel n'aura pas dite. C'est par audace que le prophète l'aura dite : tu n'en auras pas peur. »

Plusieurs prédictions et prophéties ont été émises dans le Coran ainsi que par le Prophète Mohammad (dans ses propos). Nous citons quelques-unes tout en soulignant que ces prédictions sont nombreuses et qu'elles se sont toutes réalisées :

 

1. Dans le Coran

a) « Alif. Lam. Mim. Les Romains ont été vaincus dans le pays voisin ; mais après leur défaite, ils seront vainqueurs dans quelques années. » 30 : 1- 4.

La guerre séculaire entre les Byzantins et les sassanides de Perse éclatait de temps à autre. En 614 les forces sassanides s’emparèrent de Jérusalem, et la Croix fut emportée en Perse. De 616 à 619, des armées perses s’emparèrent de toute l’Egypte. En 617 une autre armée perse s’empara de l’Asie mineure et de Chalcédoine, qui n’est séparée de Constantinople, la capitale Byzantine, que par le détroit du Bosphore. Mais après quelques années Héraclius a pu vaincre les Perses en 624 et a profané leur lieu sacré. Entre 624 et 628, date de l’assassinat de Khosru II, par son fils Sheroye, il vainquit plusieurs armées.

Il est à signaler que la sourate où se trouvent les versets précités est une sourate mecquoise ; c'est-à-dire révélée avant l’Hégire ; donc avant 622 ap. J. C.

b) « Dieu, très certainement, réalisera par la vérité la vision de son messager : très certainement vous entrerez dans la Sainte Mosquée, si Dieu veut, en sécurité, ayant rasé vos têtes et coupé les cheveux, n’ayant point de crainte. Il sait, donc, ce que vous ne savez pas ! Puis il a prévu, au préalable, une victoire prochaine. » 48 : 27.

Ces versets visent la conquête de la Mecque, deux ans après la Trêve entre Musulmans et polythéistes mecquois. La vision du Prophète de l’entrée prochaine à la Mecque est ici confirmée. Ce qui est arrivé effectivement.

L’expression « Rasé vos têtes et coupé… » signifie que pour se désacraliser et revenir à la vie civile, le pèlerin doit se raser la tête, tout au moins se couper les cheveux, la femme coupe symboliquement une petite mèche de ses cheveux.

L’expression « Puis il a prévu… » vise la conquête de Khaybar.

c) « C’est lui qui a envoyé son Prophète avec la direction et la religion vraie pour la faire prévaloir sur toute autre religion. » 48 : 28.

Dieu a effectivement fait triompher l’Islam dans une grande surface de la terre.

Pour d’autres prédictions voir le Coran, 22 : 41 ; 24 : 55 ; 41 : 53 ; 54 : 44-45 ; 62 : 3 et d’autres.

 

2. Dans les propos du Prophète Mohammad

Il suffit de lire les recueils de la tradition prophétique (comme Bukhari, Muslim, Tirmidi, Abu Dawoud, Ibn Maja, Ahmad et d’autres) et de comparer les prédictions du Prophète avec les faits historiques pour trouver leur parfaite concordance.

Par exemple le Prophète a prédit un feu immense qui sortira du Hijaz, région de la Mecque et de Médine en Arabie, qui fera voir les cous des chamelles se trouvant très loin de cet endroit. En effet en 654 de l’hégire (1256 ap. J. C.) le Feu prédit depuis des siècles a jailli d’une montagne au Hijaz.( De la description des historiens de l’époque il ressort que ce Feu était une sorte de Volcan très immense.).

En outre le Prophète a prédit que les Musulmans s’empareront de Constantinople. Ce qui est arrivé effectivement en 1453 ap. J. C.

Les exemples sont nombreux ; celui qui veut étudier cette question en détail peut consulter des livres de la tradition prophétique et des œuvres historiques comme celui d’Ibn Katir par exemple (al-Bidaya wan-Nihaya).

 

8. Les rabbins juifs à l'époque du Prophète Mohammad avaient reconnu qu'il était le Prophète attendu. Quelques uns d'entre eux s'étaient convertis à l'Islam ; d'autres avaient préféré s'obstiner dans leur incrédulité comme l'avait fait Caïphe, le Souverain sacrificateur des Juifs vis-à-vis de Jésus bien qu'il eût reconnu que ce dernier était un prophète (Voir Jean, 11 : 49-52).

Cependant, une petite objection pourrait être soulevée ; elle est suggérée par la proposition : « Du milieu de toi » (v.15).

Cette formule, au contraire, corrobore ce que nous voulons établir ; car le Prophète Mohammad, après avoir passé une dizaine d'années à La Mecque où il prêchait, quitta cette ville pour s'installer à Médine. Dans celle-ci, il y avait trois grandes tribus juives, qui avaient émigré en Arabie, peut-être après les persécutions romaines ; c'étaient les Banû-n-Nadîr, les Banû Quraïza et les Bânu Qaïnuqâ, en outre dans la région de Médine il y avait les Juifs de Khaybar, plus loin ceux de Taïmâ.


Par ailleurs nous tenons à rappeler ici que dans les documents de la Mer Morte, les Écritures incitent les sectaires de Qumrân à s'installer au désert pour préparer le chemin du Seigneur. Il nous semble que l'émigration des Juifs en Arabie, ou du moins d'une partie d'entre elle, se serait réalisée dans ce but.


Les Juifs, en effet, avaient contribué à la conversion des habitants arabes païens de Médine en leur parlant d'un prophète qui apparaîtra bientôt.

D'autre part, il est à signaler que cette expression (du milieu de toi) pourrait être une addition ultérieure pour mettre la confusion dans le texte, ou alors c'est une note explicative introduite postérieurement dans le texte par un scribe. Les raisons que nous pouvons fournir pour cette explication sont :

1. Pierre avait mentionné cette prophétie sans rapporter cette expression (voir Actes, 3 : 22-23) ainsi que Etienne (Actes, 7 : 37).
2. Moïse, quand il a rapporté ce que Dieu lui a dit, n'a pas mentionné cette expression (voir Deutéronome, 18 : 17).
3. Dieu avait promis à Abraham de bénir Ismaël et sa postérité[12] (voir Genèse, 17 : 20). Si la venue du Prophète Mohammad n'était pas la réalisation de cette promesse et de cette bénédiction quand alors se réaliseront-elles ?

 

 


 

 

 

Qui est Schilo ? 

Dans la Genèse, 49 : 10 il est écrit :

« Le bâton (de commandement) ne s'écartera pas de Juda, ni l'insigne du législateur d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne le Schilo, et que les peuples lui obéissent. »

D’autres traduisent : « ni l’insigne du législateur… » par « ni le bâton souverain… » ce qui a le même sens.

Dans cette prophétie, l’image est celle du chef assis sur son trône, tenant en main et entre les jambes les insignes de son pouvoir.

A la venue de cette personne attendue par toutes les nations, le pouvoir, c'est-à-dire le pouvoir politique, et la législation seront transmis de Juda à cet homme : c'est-à-dire des Israélites à lui et bien sùr à son peuple.

Le verset mentionne deux choses : la venue de « Schilo » et ses conséquences qui sont : la transmission du « bâton de commandement et de législation » de Juda à cette personne et l’obéissance des peuples.

Or ces deux caractéristiques ne s’appliquent pas à Jésus.

Car celui-ci était descendant de Juda (voir la généalogie de Jésus dans Matthieu, 1 : 2 et Luc, 3 : 33) ce qui implique que sa venue ne serait pas une cause pour que le bâton de commandement et de législation soient transmis de Juda ; mais au contraire le pouvoir politique et législatif demeurerait dans les mains de Juda ; puisque sa venue ne serait qu’une continuité et non pas une rupture ou un éloignement du pouvoir de Juda, comme le dit le texte.

D’autre part, Jésus, en faisant des Apôtres, selon les Evangiles, des Juges chargés des douze tribus d’Israël, maintenait le pouvoir dans le peuple de Juda.

En outre, l’obéissance des peuples à Jésus n’est pas arrivée de son vivant ; puisqu’il fut crucifié et tué selon les Chrétiens.

En revanche, ces données s’appliquent parfaitement au Prophète Mohammad. Mohammad, lui ; n’est pas un descendant de Juda. En outre de son vivant et après sa mort des peuples lui ont obéi et lui obéissent encore.

Par ailleurs, quand nous examinons les interprétations données par les savants au terme « Schilo » nous constatons qu’elles s’appliquent parfaitement au Prophète Mohammad.

Dans une note réservée à ce terme, dans la nouvelle version Segond, édition « Alliance biblique universelle », Paris 1978, p. 54, il est écrit :

« Chilo » : « Le sens de ce mot reste mystérieux, comme on peut en juger par les versions et les interprétations modernes : « Celui à qui appartient » le bâton de commandement ; « Celui qui doit être envoyé » ; le pacifique ; le dominateur ; un cadeau pour lui ; ou encore, toute la phrase étant lue : jusqu’à ce que le tribut lui soit apporté. On considère en général que cette prédiction a un sens messianique. ».

Nous essayons de voir à qui ces interprétations s’appliquent parfaitement ; à Jésus ou à Mohammad.

  1. 1.        « Schilo » : « Celui à qui appartient » le bâton de commandement.

Nous avons démontré plus haut que le bâton de commandement ne saurait concerné Jésus pour la simple raison que Jésus est un descendant de Juda. Par contre la contradiction disparaît lorsqu’on l’applique à Mohammad.

 

  1. 2. « Schilo » : « Celui qui doit être envoyé ».

Cette interprétation s’applique aussi bien à Jésus qu’à Mohammad. Mais elle suggère que ce Prophète sera le grand envoyé de Dieu.

 

  1. 3. « Schilo » : « Le Pacifique ».

On ne peut apprécier la valeur et les capacités d’un pacifique que si, en dépit de sa puissance militaire, il continue à préférer la paix. Quand on considère la vie de Mohammad on se rend compte qu’il préférait toujours la paix, et qu’il ne recourait à la guerre que lorsqu’il y était contraint.

Cependant, on ne peut pas qualifier de non pacifique celui qui luttera pour la cause de Dieu et pour la restauration de la paix. Jésus, par exemple, reviendra pour détruire les régimes politiques de la terre, et Mohammad a combattu l’ignorance et le mal en recourant à la force.

 

4. « Schilo » : « Le dominateur ».

C’est une caractéristique du Prophète Mohammad ; car lui-même et par le truchement de ses disciples il a dominé presque le monde entier de son époque. Par contre, Jésus n’avait pas pour mission de dominer le monde.

 

 

5. « Schilo » : « Un cadeau pour lui ».

Cette interprétation est une allusion manifeste à la réalité historique qu’avait connue l’Arabie. Les présents et les cadeaux ont été envoyés de toutes parts au Prophète Mohammad : d’Héraclius, l’empereur romain, du gouverneur de l’Egypte, du roi d’Abyssinie ainsi que d’autres rois. Par contre, Jésus n’a pas reçu de cadeaux des rois.

 

 

6. « Schilo » : « Jusqu’à ce que le tribut lui soit apporté ».

 

Cette donnée s’applique parfaitement au Prophète Mohammad car le Coran dit : « Combattez : ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier ; ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son Prophète ont déclaré illicite ; ceux qui, parmi les gens du Livre, ne pratiquent pas la vraie religion. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils payent directement le tribut après s’être humiliés. » 9 : 29.

 

Le tribut est imposé aux Juifs, aux Chrétiens, aux Persans et à d’autres ; qui ont été des non convertis et vivants dans l’état musulman.

 

Dans n’importe quel livre de la législation islamique on trouve un chapitre consacré aux directives et règles explicitant cette loi. Jésus, par contre, n’a perçu aucun tribut.

 

 


 

Le Prophète des Psaumes 

a) Dans le Psaume 45 : 2-18, il est écrit :

« Mon coeur bouillonne de belles paroles. Je dis : Mes oeuvres sont pour le roi! Que ma langue soit comme la plume d'un habile écrivain !

3. Tu es le plus beau des fils d'homme, la grâce est répandue sur tes lèvres : c'est pourquoi Dieu t'a béni pour toujours. Ceins ton épée à ton côté,

4. Vaillant guerrier, ton éclat et ta splendeur,

5. Oui, ta splendeur ! Elance-toi, monte sur ton char, pour la cause de la vérité, de l'humilité et de la justice, que ta droite te montre des exploits formidables!

6. Tes flèches sont aiguës, des peuples tomberont sous toi ; elles perceront le coeur des ennemis du roi.

7. Ton trône, Ô Dieu subsiste à toujours et à perpétuité ; le sceptre de ton règne est un sceptre de. droiture.

8. Tu aimes la justice, et tu hais la méchanceté : c'est pourquoi, ô Dieu[13] , ton Dieu t'a oint d'une huile de joie, par privilège sur tes compagnons.

9. La myrrhe, l'aloès et la casse parfument tous tes vêtements ; depuis les palais d'ivoire les instruments à cordes te réjouissent.

10. Des filles de rois sont parmi tes favorites ; la reine est à ta droite, parée d'or d'Ophir.

11. Ecoute, ma fille, vois et prête l'oreille ; oublie ton peuple et la maison de ton père.

12. Le roi porte ses désirs sur ta beauté ; puisqu'il est ton Seigneur, rends-lui tes hommages.

13. Et, avec des présents, la fille de Tyr, les plus riches du peuple rechercheront ta faveur.

14. Toute glorieuse est la fille du roi dans l'intérieur du palais ; son vêtement est fait de broderies d'or.

15. Elle est conduite au roi, vêtue de ses habits de couleurs, et derrière elle, des jeunes filles, ses compagnes, sont amenées auprès de toi.

16. On les conduit au milieu des réjouissances et de l'allégresse ; elles entrent dans le palais du roi.

17. Tes fils prendront la place de tes pères ; tu les établiras princes dans tout le pays.

18. Je rappellerai le souvenir de ton nom de génération en génération, aussi les peuples te célébreront éternellement et à perpétuité. ».

 

Ce texte décrit un personnage et illustre ses qualités physiques et morales. De même il mentionne ses exploits et les conséquences de sa mission salvatrice. Nous essayons donc de regrouper toutes ces caractéristiques en différents points :

 

1. « Tu es le plus beau des fils d'homme » « ton éclat et ta splendeur, Oui, ta splendeur ! »

Cette caractéristique est nettement celle du Prophète Mohammad. Comme il est écrit dans les divers recueils de la tradition prophétique, ses compagnons, en le décrivant, soulignaient sa beauté[14].

D’ailleurs, ils illustraient cette beauté par des images telles que : « On aurait cru en le regardant que le soleil resplendissait dans son visage » ou  « Son visage brillait comme un vaisseau doré »  ou encore : « Nous n’avons jamais vu quelqu’un de plus beau que le Prophète. ».

Le grand poète Hassan Ibn Thabit, compagnon du Prophète, a composé des vers dans lesquels il voulait manifester son admiration pour ses hautes qualités morales et physiques :

De plus splendide que toi,

Mes yeux n’ont jamais vu ;

De plus sublime que toi ,

Les mères n’en ont point eu ;

Pur et sans vice,

Ton Dieu t’a crée,

Comme si de ta volonté,

cela dépendait.

 

Mais si on essaye d’appliquer cette qualité physique à Jésus en nous basant sur le chapitre 53 du livre d’Esaie, comme l’ont fait les Chrétiens, nous constatons que dans le verset 2 il est écrit : « Il n’avait ni apparence, ni éclat pour que nous le regardions, et son aspect n’avait rien pour nous attirer. ».

 

2.  « la grâce est répandue sur tes lèvres ».

 

C’est une autre caractéristique reconnue par tout le monde et même par ses ennemis. Les tribus arabes avaient reconnu son éloquence, et la tribu de Quraych avait défendu à ses membres d’écouter le Prophète de peur qu’ils soient séduits par son éloquence.

 

Cependant, cette éloquence extraordinaire et «  cette grâce répandue sur ses lèvres », n’ont pas été reconnues à Jésus bien que l’on ait été convaincu de sa sagesse et de la valeur de ses paraboles. On ne trouve point de textes qui rapportent que les ennemis de Jésus aient défendu aux gens de l’écouter de peur qu’ils soient ravis par son éloquence. La plupart des gens qui suivaient Jésus se sont attachés à lui, grâce aux miracles qu’il produisait. D’ailleurs, lui-même a ressenti ce fait. Il est toutefois vrai que l’enseignement de Jésus était frappant ; mais on n’a jamais souligné que cela était du à son éloquence.

 

 

3.  « C’est pourquoi Dieu t'a béni pour toujours. »[15].

 

Cette caractéristique peut être appliquée aux deux prophètes ; cependant nous soulignons que tout musulman dans ses cinq prières obligatoires et lorsqu’il entend prononcer le nom du Prophète, doit implorer la bénédiction et le salut divins sur lui, conformément au verset coranique : « Oui, Dieu et ses anges bénissent le Prophète. O vous, les croyants, priez pour lui et appelez sur lui le salut. » 33 : 56.

Par contre Jésus est un dieu, selon les Chrétiens, et par conséquent il n’a pas besoin d’être béni ni par Dieu ni par ses serviteurs.

 

4. « C’est un Vaillant guerrier, à ton côté, ton épée

Cette qualité est manifeste dans la vie du Prophète Mohammad. Il a mené des guerres contre ses persécuteurs et a réussi presque dans toutes ses expéditions. Il était un fin connaisseur des stratégies militaires. Aussi n’a-t-il jamais pris la fuite bien qu’un grand nombre de ses compagnons aient fui au cours de quelques batailles (celle d’Uhud et celle de Hunayne).

Par contre Jésus n’a jamais fait de guerres et n’a jamais porté l’épée.

 

5. «  monte sur ton char, pour la cause de la vérité, de l'humilité et de la justice. »

 

C’est une allusion aux batailles qu’avaient menées le Prophète Mohammad. En effet, ces batailles n’avaient pas un but personnel, ni tribal ni même racial, et ne recherchaient aucune domination. Au contraire, elles devaient faire triompher la vérité et la justice et libérer les masses opprimées par leurs despotes tout en leur laissant le choix de se convertir à l’Islam ou de conserver leur religion.

D’autre part, parmi les surnoms que lui avaient donné ses compatriotes avant qu’il commence sa mission et qu’il ne reçoive la révélation il y a : « Le Fidèle et le Véridique ». Ce qui confirme cette interprétation. Donc avant même sa mission Mohammad cherchait la justice.

Par contre, Jésus n’avait pas mené de guerre pour faire triompher la justice et la vérité ; mais au contraire il a été méprisé, crucifié et tué comme prétendent les Chrétiens.

 

6.  « Que ta droite te montre des exploits formidables. » 

 

A la bataille de Badr, le Prophète Mohammad a lancé une poignée de poussière sur l’armée ennemi. La poussière a atteint les yeux de chaque combattant et tous préoccupés par leurs yeux n’avaient pas pu se défendre contre l’attaque des Musulmans et ce fut la déroute de l’armée ennemie(mecquoise). Le Coran dit à propos de ce fait prodigieux : « Et lorsque tu lançais, ce n’est pas toi qui lançait : mais c’est Dieu qui lança. » 8 : 17.

 

7.  « Tes flèches sont aiguës, des peuples tomberont sous toi ; elles perceront le coeur des ennemis du roi.

 

Les fils d’Ismaël (les Arabes) étaient d’excellents tireurs à l’arc, comme leur ancêtre ; dans la Genèse il est dit : « Dieu fut avec le garçon (Ismaël), qui grandit, habita dans le désert et devint tireur à l’arc. Il habita le désert de Parân… » 21 : 20-21.

Par ailleurs, la prophétie précise que des peuples tomberont sous la main de cette personne ; ce qui veut dire qu’il y aurait des guerres. En effet, des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Europe « sont tombés » sous les mains des musulmans ; Une grande partie de ces peuples s’est convertie à l’Islam ; la religion du Prophète Mohammad.

Ces deux caractéristiques, parfaitement applicables à Mohammad, sont inapplicables à Jésus.

8. le sceptre de ton règne est un sceptre de droiture. » «  Tu aimes la justice, et tu hais la méchanceté. »

 

Ces qualités sont reconnues, même par les ennemis de l’Islam, au Prophète Mohammad et au régime qu’il a instauré dans le monde. En effet, celui qui étudie sa vie sera sans peine convaincu de l’existence de ces nobles qualités en la personne du Prophète.

Par ailleurs, on ne peut pas concevoir un tel amour pour la justice et une telle aversion de la méchanceté si la personne considérée n’est pas exposée à des situations qui éprouvent ces qualités morales. La meilleure épreuve pour découvrir l’enracinement de ces qualités dans la conscience et dans le cœur de cette personne, c’est de gouverner les gens, de trancher leurs différends, d’être juge… Les actes de justice ou d’injustice permettront alors de connaître  son tréfonds.

Le Prophète Mohammad était juge, gouverneur, homme d’Etat, chef d’armée etc. Dans toutes ces fonctions, il était le bel exemple de la justice et de la miséricorde, de la répulsion de la méchanceté aussi bien envers ses amis qu’à l’égard de ses ennemis.

Après sa mort, à l’époque des Califes « bien guidés », le monde a connu un règne de justice et de bonté qu’il n’a jamais vu auparavant ni même après.

D’autre part, les peuples presque partout ont accueilli les conquérants musulmans comme libérateurs, notamment en Egypte, en Palestine, en Mésopotamie, en Espagne, etc.

Cela ne veut pas dire que Jésus ne posséda pas cette qualité ; mais nous voulons dire que son manifestation chez lui n’avait pas été confirmée par les faits réels dans toutes les domaines de la vie comme était le cas du Prophète Mohammad. Donc la conviction que Jésus étant ainsi, est basée seulement sur un principe dogmatique, mais non pas effectif.

 

9. « Des filles de rois sont parmi tes favorites… Ecoute, ma fille, vois et prête l'oreille ; oublie ton peuple et la maison de ton père. Le roi porte ses désirs sur ta beauté ; puisqu'il est ton Seigneur, rends-lui tes hommages.

 

La reine dont il est question ici est très probablement Safiyya, fille de Huyayy Ibn Akhtab, le chef des Juifs Nadirites qui ont été expulsés de Médine et s’étaient installés à Khaybar (170 km de Médine).

La jeune femme Safiyya était l’épouse de Kinana Ibn ar-Rabi’, le chef de Khaybar. Après la défaite des Juifs dans la guerre de Khaybar le Prophète épousa Safiyya.

Il apparaît dans ces versets qu’on aurait conseillé à cette jeune femme juive d’oublier son peuple et de se soumettre au Prophète ; en effet, c’est ce qui est arrivé ; Safiyya a embrassé l’Islam et est devenu ainsi la mère des croyants comme les autres épouses du Prophète (voir le Coran, 33 : 6).

 

10. « Et, avec des présents, la fille de Tyr, les plus riches du peuple rechercheront ta faveur ».

Le Prophète Mohammad a reçu des présents, comme nous l’avons vu plus haut, de plusieurs rois. Par contre Jésus n’en a jamais reçu.

 

11. « Tes fils prendront la place de tes pères »..

Les descendants du Prophète sont établis Califes et rois dans divers pays du monde musulman ( en Arabie, au Yémen, en Jordanie, en Iraq, en Syrie, en Egypte, au Maroc, en Inde et en Iran).

Les pères du Prophète, surtout hâchim et abdul-Muttalib, ses grands-pères, étaient des chefs de l’oligarchie de la Mecque, et étaient vénérés par tous les Arabes.

Quant à Jésus on sait qu’il n’a pas eu d’enfant.

 

12.  « …Aussi les peuples te célébreront éternellement et à perpétuité. ».

 

Cette réalité est incontestable parce que premièrement, en appelant à la prière, le muezzin, célèbre le nom du Prophète cinq fois par jour dans les diverses contrées du monde ; et deuxièmement, les savants, les historiens et les autres écrivains reconnaissent les qualités du Prophète et le placent à la tête des grands hommes de l’histoire humaine.

 

b) Dans le Psaume 72 : 1-17, il est écrit :

1. « O Dieu, donne tes jugements au roi et ta justice au fils du roi.

2. Il jugera ton peuple avec justice et tes malheureux selon le droit.

3. Les montagnes porteront la paix pour le peuple, et les collines aussi, par l’effet de ta justice.

4. Il fera droit aux malheureux du peuple, il sauvera les fils du pauvre et il écrasera l’oppresseur.

5. On te craindra, tant que subsistera le soleil, tant que paraîtra la lune, de génération en génération.

6.Il sera comme une pluie qui tombe sur un terrain fauché, comme des ondées qui arrosent la campagne.

7. En ses jours, le juste fleurira, et la paix abondera jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de lune.

8. Il dominera d’une mer à l’autre ; et du fleuve aux extrémités de la terre.

9. devant lui, les habitant du désert fléchiront le genou, et ses ennemis lècheront la poussière.

10. Les rois de Tharsis et des îles paieront des tributs (ou apporteront des offrandes), les rois de Saba et de Séba offriront des présents.

11. Tous les rois se prosterneront devant lui ( lui obéiront), toutes les nations le serviront.

12. Car il délivrera le pauvre qui crie et le malheureux qui n’a point d’aide.

13. Il aura pitié du faible et du pauvre, il sauvera la vie des pauvres ;

14. Il les affranchira de l’oppression et de la violence, et leur sang aura du prix à ses yeux.

15. Ils vivront, et lui donneront de l’or de Saba ; ils prieront pour lui sans cesse, ils le béniront chaque jour.

16. Les blés abonderont dans le pays, au sommet des montagnes, et leurs épis s’agiteront comme les arbres du Liban. les hommes fleuriront en ville comme l’herbe de la terre.

17. Son nom subsistera toujours, aussi longtemps que le soleil, son nom se perpétuera. Par lui on se bénira mutuellement, toutes les nations le diront heureux.

 

Ces caractéristiques et les différentes œuvres que cette personne accomplira se rapportent parfaitement au Prophète Mohammad ; son jugement avec la justice, sa miséricorde pour les pauvres et les opprimés et son combat contre les oppresseurs sont des faits historiques reconnus même par ses ennemis. Il a affranchi les esclaves, aidé les pauvres, écrasé l’oppresseur, établi la paix et il a reçu des présents de différentes contrées. Le texte en effet nomme quelques unes comme Tarsis (selon les exégètes de la Bible Tarsis est la Tunisie) Saba ( c’est le Yémen) et Séba ( l’Ethiopie selon des exégètes).

Dans le texte, par ailleurs, il y a une allusion aux habitants du désert qui fléchiront devant cette personne. Dans les textes hébreux, quand on évoque le désert, on se rapporte toujours au désert de l’Arabie qui commence au cours moyen du Jourdain et s’enfonce dans le désert méridional. Ce fait signalé dans le texte est une réalité incontestable que connaît n’importe quelle personne qui possède le minimum d’une connaissance historique.

Aussi, dans le texte, y a-t-il une allusion à la prospérité que connaitra le monde musulman après la restauration de l’Etat islamique, qui est une réalité fulgurante.

Nous ne nous attardons pas sur d’autres allusions dans ce texte, car on a déjà vu  leurs semblables dans le texte précédent.

 

 


 

 

Le Serviteur élu 

 

Dans Esaïe, 42 : 1-8, il est écrit:

1- « Voici mon serviteur, que je soutiendrai, mon élu, en qui mon âme prend plaisir. J'ai mis mon Esprit sur lui ; il annoncera la justice aux nations.

2. Il ne criera pas, il n'élèvera pas la voix et ne la fera pas entendre dans les rues.

3. Il ne brisera pas le roseau broyé et il n'éteindra pas la mèche qui brûle encore ; il annoncera la justice selon la vérité.

4. Il ne faiblira pas ni ne s'esquivera, jusqu'à ce qu'il ait établi la justice sur la terre, et que les îles espèrent en sa loi.

5. Ainsi parle Dieu, l'Éternel, qui a créé les cieux et qui les déploie, qui étend la terre et ses productions, qui donnent la respiration à ceux qui la peuplent et le souffle à ceux qui la parcourent.

6. Moi, l'Éternel, je t'ai appelé pour la justice et je te prends par la main,  je te protège et je t'établis pour faire alliance avec le peuple, pour être la lumière des nations.

7. pour ouvrir les yeux des aveugles, pour faire sortir de prison le captif et de leur cachot les habitants des ténèbres.

8. Je suis l'Éternel, c'est là mon nom ; et ne donnerai pas ma gloire à un autre ni mon honneur aux idoles. ».

 

Ce serviteur ne saurait être Jésus car selon les Chrétiens le Christ est un Dieu ; or celui qui est un Dieu ne sera pas un serviteur ; mais au contraire les hommes seront ses serviteurs.

Nous allons voir en détail les caractéristiques de ce serviteur :

1. C'est un Élu de Dieu ; nous signalons ici que le Prophète Mohammad est appelé l'Élu (al-Mustaphâ et al-Mukhtâr; qui ont le même sens).

2. Il recevra l’Esprit ; c'est-à-dire il aura une révélation divine. Il a en effet reçu le Coran par l'intermédiaire de Gabriel.

3. Il révèlera le droit et la justice aux nations – Cela s’est accompli avec le temps ; l’histoire en témoigne.

4. Dans les versets 2 et 3, on décrit ses caractéristiques morales.

5. « Il ne faiblira pas… et que les îles espèrent en sa loi. »

A la fin de sa mission, le Prophète Mohammad avait unifié toute la péninsule arabique sous la bannière de l’Islam ; et par le truchement de ses disciples, une grande partie de la terre a accueilli cette religion.

 

Par contre, Jésus, selon les Chrétiens, fut tué et n’a pas établi la justice sur la terre avant sa mort.

 

D’autre part, les îles attendent la loi de ce Serviteur ; à vrai dire le Prophète de l’Islam a instauré toute une législation qui a enrichi la législation mondiale. Cette loi fut appliquée dans tous les territoires du monde musulman durant 13 siècles.

 

Mais Jésus, selon les Chrétiens, n’a pas de loi. Il a apporté la foi à la place de la loi de Moïse. Tandis que Mohammad a apporté les deux ; la foi et la loi.

 

6. Moi, l'Éternel, je t'ai appelé pour la justice… ni mon honneur aux idoles. » vv.6-8.

 

Il ne s’agit pas dans ces versets de l’alliance avec le peuple juif car il aurait été dit : «  une alliance nouvelle » avec le peuple, puisqu’il y avait déjà eu une ancienne. Mais il est dit simplement « une alliance » ; ce qui montre que cette alliance-là (avec le peuple) n’est pas précédée d’une autre. D’autre part, le verset 6 souligne que ce serviteur sera protégé par Dieu, établi par lui ; or d’après les Evangiles Jésus fut tué, ce qui contredit la promesse de ce verset. Par contre le Coran a promis que le Prophète Mohammad sera protégé de ses ennemis ; la promesse fut remplie, ce qui est en concordance avec cette promesse biblique en faveur du serviteur de Dieu.

 

 

7. Le verset 7 qui parle de l’œuvre de ce serviteur concorde avec la mission du Prophète Mohammad, notamment parmi les Arabes adorateurs d’idoles, qui vivaient dans les ténèbres de l’ignorance et de l’incrédulité.

 

Les versets qui suivront (du 10 au 17), que nous étudierons ensuite, démontrent que le serviteur dont il est question dans les versets précités ne saurait être Jésus ; parce que dans ce passage que nous verrons on parle du peuple de ce serviteur ; les Ismaélites.

 

 


 

 

Le Prophète des Manuscrits de la Mer Morte 

 

Dans les manuscrits de la Mer Morte (de la grotte de Qumrân) il est écrit dans « le Manuel de Discipline » :

« Seuls les fils d'Aaron décideront des questions de droit et de biens et leurs ordres fixeront le sort qui déterminera les règles des hommes de la communauté. Quant aux biens des hommes saints dont la conduite est parfaite, qu'on ne les mêle point aux biens des hommes de fraude qui n'ont pas purifié leur conduite en se séparant de l'erreur et en agissant sans commettre de faute. Et qu'eux-mêmes ne s'éloignent d'aucun conseil de la loi pour marcher dans l'obstination de leur cœur ; mais qu'ils jugent d'après les premiers préceptes par lesquels les hommes de la communauté ont été d'abord disciplinés jusqu'à ce que viennent un prophète et les messies d'Aaron et d'Israël. » (Les Manuscrits de la Mer Morte, p. 345).

 

Les sectaires de Qumrân[16] attendaient donc deux messies, et ils attendaient aussi un prophète.


Le Manuel de Discipline prescrit que les fils d’Aaron gouverneront la communauté « selon les premiers commandements » jusqu’à la venue « d’un prophète et des messies d’Aaron et d’Israël ».

L’expression « les premiers commandements (ou préceptes) » suggère un ensemble inaltérable de règles, peut-être les lois de Moïse elles-mêmes, qui devront servir de constitution au gouvernement de la communauté jusqu’à la fin des temps.

Les versets du Manuel de Discipline, suggèrent, en effet, que la venue des messies d’Aaron et d’Israël et du Prophète auraient des conséquences importantes ; des modifications auront lieu, des lois nouvelles s’imposeront, d’autres anciennes seront abrogées ou abolies etc.

Quant au terme « messie » cité dans ces documents et dans les Ecritures saintes, en général, c’est une forme occidentalisée du mot hébreu qui signifie « oint ». Il est généralement appliqué au roi qui est « l’oint du seigneur » et c’est de cet usage que vient l’emploi du terme « Messie » pour désigner le futur, promis par les prophètes.

Pourtant, dans d’autres passages, le mot oint ou Messie est évidemment employé pour désigner celui qui viendra à la fin des temps. Ce terme, peut désigner plusieurs personnages mais il s’applique plus étroitement à un Messie plus grand que les autres.

Cependant, « le Manuel de Discipline » parle, non d’un, mais de deux Messies à venir. « On peut présenter, écrit Millar Burrows, que les deux Messies représentent le roi et le grand prêtre de l’avenir. Dans ce cas il parait étrange que le Messie royal doive être issu d’Israël et non de Juda ; il se peut cependant qu’Israël soit employé dans un sens général pour désigner le peuple entier et que le Messie d’Israël soit, si l’on peut dire, le Messie laïque, tandis que le Messie d’Aaron serait le Messie prêtre. La conception d’un Messie issu de la tribu Sacerdotale de Lévi apparaît dans les testaments apocryphes des Douze Patriarches et dans la littérature rabbinique, parfois en combinaison bien singulière avec d’autres idées. » ( Les Manuscrits de la Mer Morte, p. 239).

Mais pour notre part, nous pouvons présumer que le Messie d’Aaron signifie que ce dernier serait issu d’Aaron et que le Messie d’Israël signifie que ce Messie serait considéré comme le représentant d’Israël, tout entier, en parallèle à un autre personnage envoyé à une autre nation, qui est le Prophète évoqué dans ce texte. En d’autres termes, ce Messie serait le grand Messie d’Israël par rapport à un autre Messie d’une autre nation désigné par le terme « Prophète »[17].

Pourrions-nous par ces suggestions considérer que Jean-Baptiste est le Messie d’Aaron, car il en est le descendant, et que Jésus est le Messie d’Israël ?
Ce qui prouve que Jean-Baptiste est un descendant d’Aaron est le texte suivant de l’Evangile de Luc (1 : 5) :

« Du temps d’Hérode, roi de Judée, il y avait un sacrificateur, nommé Zacharie, de la classe d’Abia ; sa femme était d’entre les filles d’Aaron, et s’appelait Elisabeth. ».

Il est à signaler qu’ Aaron fut le premier souverain sacrificateur, et que ses descendants héritèrent le sacerdoce[18] ; ce qui signifie que Zacharie, père de Jean-Baptiste, qui était un sacrificateur, est un descendant d’Aaron.

Et ce qui appuie que Jésus fut le Messie de tout le peuple israélite est le texte suivant : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. ». Matthieu, 15 : 24.

Quant au troisième personnage il est appelé « Prophète » pour faire valoir la grandeur de sa mission et de sa personnalité et pour le mettre en parallèle avec les deux Messies d’Aaron et d’Israël.

Nous signalons quand même que la venue de ces trois personnages n’est pas précisée dans le temps ; mais que leurs apparitions se succèderont et ne seront interrompues par la venue d’aucun prophète. A ce propos il n’y a pas eu de prophète ou messie entre Jean-Baptiste, Jésus et Mohammad.

 

Dans le Manuel de Discipline il y a aussi un texte auquel nous donnons l’interprétation qui nous semble plus admissible :

« Quand ces choses arriveront à la communauté d’Israël, ces règles les sépareront de l’assemblée des hommes de l’erreur et ils iront dans le désert préparer la voie du Seigneur, comme il est écrit : « Dans le désert, préparez la voie du Seigneur, dans la steppe aplanissez un chemin pour Dieu. » p. 344.

Selon ce document, les sectaires de Qumran devaient aller s’installer dans le désert pour préparer le chemin du Seigneur. De quel désert s’agit-il ?

Il est peu probable qu’il s’agisse du désert où se trouvaient les « Sectaires » de Qumran ; tout simplement parce qu’ils y habitaient et qu’ils devaient le quitter pour s’installer dans le Désert afin de préparer le chemin du Seigneur. Ceci signifie que c’est un autre désert.

Il nous semble très plausible de voir dans cette prophétie une allusion aux Juifs qui s’étaient installés dans le désert d’Arabie, surtout à Médine qui sera l’asile du Prophète attendu.

En effet, comme en témoigne l’histoire, les Juifs de l’époque du Prophète Mohammad avaient contribué à préparer les Arabes païens de Médine à se convertir à l’Islam parce qu’ils leur parlaient sans cesse d’un prophète qui allait bientôt apparaître et qu’ils allaient suivre. (voir la biographie du Prophète, Ibn Hichâm, 1 : 195-197).

D'autre part, un certain nombre de rabbins s'étaient convertis à l'Islam. Ils avaient reconnu en Mohammad le Prophète dont parle l'Écriture.


En outre, il est à signaler que les Juifs de Médine surtout les Banû-n-Nadir et les Banû Quraïza sont des fils d'Aaron ; ils jouissaient d'un grand prestige parmi leur peuple.


Il est raisonnable de voir dans ces deux tribus et dans les autres, les descendants des «Sectaires de Qumrân » auxquels il a été demandé de partir vers le désert pour préparer le chemin du Seigneur (voir Ibn Hichâm, 1 : 18 où il y a la généalogie des Nadirites et des Quraïzites).

Par ailleurs, il est inadmissible de croire que ces sectaires iraient au désert pour préparer la voie à Jésus ; car au lieu d’aller au désert ils auraient dû aller en Palestine, surtout à Jérusalem pour préparer les gens à sa mission.

Dans le Psaume final du Manuel de Discipline, il y a la triple fonction du « serviteur de Dieu » : Témoignage prophétique, réparation sacerdotale et jugement royal.

Ces trois fonctions reçoivent une explication ou du moins s’approchent des caractéristiques données par Jésus au « Paraclet promis » :

« Et quand il sera venu, il convaincra le monde de péché, de justice et de jugement. » Jean, 16 : 8.

Nous nous contentons pour l’instant de mettre ces trois fonctions en parallèle avec ces quelques versets coraniques concernant le Prophète Mohammad :

1. Témoignage prophétique :

« Nous avons fait de vous une Communauté éloignée des extrêmes pour que vous soyez témoins contre les hommes, et que le Prophète soit témoin contre vous. » (2 : 143 et voir 22 : 78).

2. Réparation Sacerdotale :

Voici ce que disait Dieu à Moïse et à ses compagnons, qui étaient 70 personnes, après qu’ils sollicitaient le pardon et la miséricorde divines envers le peuple israélite après leur culte de Veau :

« Le Seigneur dit : « Mon châtiment atteindra qui je veux ; Ma miséricorde s’étend à toute chose ; Je l’inscris pour ceux qui me craignent… pour ceux qui croient en nos signes, pour ceux qui suivent l’envoyé : le Prophète gentil (ou illettré) que ces gens-là trouvent mentionné chez eux dans la Torah et l’Evangile. Il leur ordonne ce qui est convenable ; il leur interdit ce qui est blâmable ; il déclare licite, pour eux, les choses excellentes, il déclare illicite, pour eux, ce qui est détestable ; il ôte les liens et les carcans qui pesaient sur eux » (c'est-à-dire sur les Juifs), 7 : 156-57.

3. Jugement royal :

« Dis… il m’a été ordonné d’être équitable entre vous. » 42 : 15.

« juge entre ces gens d’après ce que Dieu a révélé. » 5 : 48.

« Lorsque Dieu et son Prophète ont pris une décision, il ne convient ni à un croyant, ni à une croyante de maintenir son choix sur cette affaire. » 33 : 36.

 

Dans le Psaume final du Manuel de Discipline il y a un texte énigmatique. Il a suggéré aux exégètes plusieurs interprétations :

« A la venue des saisons aux jours de la nouvelle lune pendant leurs cours et de passage de l’un à l’autre. Lorsqu’elles se renouvellent, l’M est grand pour le saint des saints, et la lettre N est la clé de son amour éternel et inébranlable. » p. 347.

Ces quelques lignes[19] contiennent trois lettres mystérieuses dans lesquelles Brownlee discerne un acrostiche des trois consonnes du mot hébreu « Amen » ( / M N), l’aleph (/ ) est attaché au manuscrit à la fin du verbe « décréta » ( si c’est un verbe) ; cependant Brownlee prend cette lettre comme étant la consonne initiale du mot hébreu signifiant Dieu, / Elohim, quoi qu’il mentionne d’autres explications possibles. La lettre « M » apparaît dans la phrase obscure « la lettre M est grande », le « N »  dans la phrase est non moins mystérieux : « la lettre N  est la clef de ses miséricordes éternelles ». Faisant observer que la forme de la lettre « N » dans ce manuscrit ressemble à celle d’une clef ancienne, Brownlee distingue dans ce passage une référence probable au Messie qui, avec « la clef de David », révélera « les grâces certaines ».

Dupont-Sommer rejette l’interprétation de Brownlee et demande ce qu’une référence au Messie viendrait faire au milieu d’une énumération de temps consacrés. Pour lui, l’aleph dans l’acrostiche de Brownlee est une forme araméenne de la terminaison féminine d’un substantif qui signifie « décret ».

Pour la « lettre N », Dupont-Sommer offre une explication originale et tentante qui lui est particulière. Les lettres de l’alphabet hébreu comme celles de l’alphabet grec servaient à représenter les nombres, et la lettre « N » représentait le nombre 50.

Dans ce passage du Manuel de Discipline, Dupont-Sommer rattache la lettre « N » aux mots qui la précèdent, « le Saint des saints », et il lit : « Le Saint des saints et la lettre N ». L’expression   « Le Saint des saints et la lettre N » signifie par conséquent « le caractère suprêmement sacré du nombre 50 ». Brownlee construit le saint des saint avec les mots précédents et suppose qu’un nouveau membre de phrase commence avec les mots « et la lettre N ».

Pour l’expression « la clef de ses miséricordes éternelles », Dupont-Sommer trouve encore une explication dans le fait que le nombre 50 est l’expression parfaite du triangle rectangle, symbole de « suprême principe qui a produit le monde ».

Peut-être y a-t-il quelque vérité dans les idées de Brownlee et de Dupont-Sommer concernant ce passage. Barthélemy fait remarquer que les trois lettres dans l’acrostiche de Brownlee ont une valeur numérique de 91 ( 1+ 40 + 50).

Quant à nous, les deux interprétations, celle de Brownlee et celle de Dupont-Sommer, nous semblent, toutes les deux , plausibles. Notre point de vue va dans le même sens que les deux précédentes interprétations et appuie nos précédentes explications.

Les sémitiques en général et les Juifs en particulier avaient l’habitude de donner aux lettres des valeurs numériques. Ils profitent de cet usage fréquent pour cacher une certaine croyance ou un certain mystère. Parmi ces mystères cachés il y a celui concernant le dernier prophète. Selon ce point de vue nous donnons les valeurs numériques de ces lettres :

Aleph = 1    ;  N  =   50   ;  M = 40.    Le total est  91 .

Suivant le raisonnement de Brownlee nous donnons une explication corroborant notre point de vue et résolvant, peut-être, ce problème de controverse entre les spécialistes des Ecritures saintes.

Nous disons comme Brownlee que la lettre aleph est l’initiale d’un nom. Ce nom est celui du Prophète Mohammad qui a un autre nom initié par l’aleph ; c’est :  Ahmad ( voir le Coran, 61 : 6). Ce nom a presque le même sens que Mohammad.

Ou bien, l’aleph est l’initiale du mot « Amine », qui signifie en arabe comme en hébreu : « fidèle, véridique ». Ce nom est un surnom du Prophète Mohammad que les arabes païens de la Mecque , compatriotes du Prophète, lui donnaient avant même qu’il reçût la révélation de Dieu, vu ses vertus et son irréprochable conduite tellement appréciées par ses contemporains.

Quant à la lettre « M », elle est l’initiale du nom connu du Prophète qui est « Mohammad ».

La lettre « N », qui est la clef des miséricordes éternelles, comme dit le Manuel, est l’initiale du mot « Nabi » qui signifie en hébreu : « prophète » ( pluriel : Nebiim).

En effet la prophétie est la clef des miséricordes divines et éternelles.

Les phrases qui résultent de cette analyse sont donc les suivantes :

* Ou bien : Ahmad, appelé aussi Mohammad, est le Nabi (le prophète) attendu.

* Ou bien : l’Amine (le Fidèle) Mohammad est le Nabi attendu.

Donc si aleph est la lettre initiale de Ahmad on aura :

Ahmad >>>            aleph = 01.

Mohammad >>>     M     = 40.

Nabi >>>                N      = 50.

Total       =                           91.

Si elle  est l’initiale de Amine on aura le même résultat.

Dans les deux cas ce total est égal à la somme des trois lettres précitées.

 

Et si aleph est l’initiale des deux noms ( Ahmad et Amine ) on aura au total  92.

Dans ce dernier cas le nombre 92 est égal au total des valeurs numériques des lettres constituant le nom « Mohammad ».

Son nom en arabe s’écrit :   مـحـمـد ;  il comprend quatre lettres :

(M) =  40

(H)  =  08

(M)  =  40

(D)  =  04

Total   92

Sachant que les voyelles ne sont pas comptées dans ce genre de calcul.

Ainsi nous rejoignons la méthode explicative de ce mystère avancée par Dupont-Sommer. Et il en résulte, donc, que ces lettres, selon les deux possibilités, s’appliquent au Prophète Mohammad.

 

 

II.- La Nation et la Religion 

 

L'Alliance de Dieu avec Abraham et sa descendance 

 

Dans la Genèse, 17: 1-14, 20, il est écrit :

« Lorsqu' Abraham fut âgé de 99 ans, l'Éternel lui dit : je suis le Dieu Tout Puissant... j'établirai mon alliance avec toi et ta descendance après toi, dans toutes leurs générations : ce sera une alliance perpétuelle, en vertu de laquelle je serai ton Dieu et celui de tes descendances après toi. Je te donnerai, et à tes descendants après toi, le pays dans lequel tu viens d'immigrer tous le pays de Canaan, en possession perpétuelle, et je serai leur Dieu.

Dieu dit à Abraham : Toi, tu garderas mon alliance, toi et tes descendants après toi, dans toutes leurs générations. Voici comment vous garderez l'alliance que je traite avec vous et avec ta descendance après toi : tout mâle parmi vous sera circoncis. Vous vous circoncirez comme signe d'alliance, entre vous et moi... un mâle incirconcis... sera retranché du milieu de son peuple : il aura rompu mon alliance ».

« A l'égard d'Ismaël, je t'ai entendu : je le bénirai, je le rendrai fécond et je le multiplierai à l'extrême ; il engendra douze princes, et je ferai de lui une grande nation. » (et voir Genèse, 21 : 18).

Ces versets montrent clairement que l'alliance a été établie avec Abraham et avec sa descendance. Cette alliance a été marquée par le signe de la circoncision. Obéissant à l'ordre divin, Abraham appliqua la circoncision à tous ses mâles, le premier étant Ismaël.

D'autre part, Dieu fait deux promesses à Abraham :

lui donner et à sa descendance le pays de Canaan, et de bénir Ismaël. Donc il y a en somme trois dispositions : alliance avec Abraham et tous ses descendants, promesse d'installer sa descendance à Canaan perpétuellement et enfin la bénédiction d'Ismaël.
Il va de soi que le pays de Canaan, c'est-à-dire la Palestine, était occupé par les Israélites un certain temps ; mais à la suite de leur iniquité ils en furent dépossédés au profit des Arabes, descendants d’Ismaël ; que Dieu a promis de bénir et de faire hériter du pays de Canaan.

Donc les versets suivants ( 21-22) qui prétendent que l’alliance concerne seulement Isaac sont en contradiction ; d’une part, avec les premiers versets qui montrent que l’alliance a été établie avec toute la descendance d’Abraham et que le signe de cette alliance est la circoncision, qu’Ismaël a subie le premier. D’autre part avec la promesse d’hériter de Canaan perpétuellement. Cependant, en reconnaissant que l’alliance concerne deux descendants d’Abraham (Isaac et Ismaël), la contradiction avec les faits historiques et avec les autres versets de ce passage disparaît.

D’autre part, examinons un autre texte de la Genèse. Il parle du sacrifice de l’enfant d’Abraham. On s’aperçoit que celui qui a été offert comme holocauste n’était pas Isaac mais Ismaël.

Pour illustrer cette réalité cachée et altérée, nous reproduisons le texte de la Genèse tout en lui donnant la véritable interprétation qui a été travestie :

« Dieu dit : Prends donc ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac... » 22 : 2.

Ce texte nous montre que Dieu a ordonné à Abraham de prendre son fils unique ; or Isaac n'était pas le fils unique parce qu'Ismaël naquit avant lui. Il était l'aîné et il fut circoncis avant la naissance même d'Isaac (voir Genèse, 17 : 23).

Donc le fils unique c'est Ismaël et non Isaac ; par conséquent le nom Isaac figurant dans ce verset a été ajouté pour faire croire que l'alliance était seulement avec Isaac et sa postérité.

 

 

Quelle est la Nation insensée ? 

Dans le Deutéronome, 32: 21, il est écrit :

« Ils ont excité ma jalousie par ce qui n'est pas Dieu, ils m'ont irrité par leurs vaines idoles ; et moi, j'exciterai leur jalousie par ce qui n'est pas un peule, je les irriterai par une nation insensée. ».

La nation insensée dont il est question dans ce verset est la nation arabe. Car les Arabes, avant la venue du Prophète Mohammad, étaient dans un obscurantisme, notamment en matière de religion, et dans un égarement tels qu'on qualifie l'époque pré-Islamique par «la Jâhilliyya ». C'est-à-dire toute conduite déraisonnable, absurde et extravagante ; toute insoumission à l'ordre et aux pouvoirs ; toute négligence de la science religieuse et profane.

En Arabie, aussi bien au début du VIIe siècle que dans les siècles antérieurs, la multiplicité des croyances religieuses des tribus nomades et sédentaires, rendait précaire tout équilibre entre elles. Parmi les religions autochtones, les diverses formes de polythéisme proliféraient, avec des esprits ou des dieux invisibles, comme les « Djinns » du désert, des divinités à forme animale ou humaine. Des idoles de pierre ou des sites sacrés, constituaient des lieux de pèlerinage.

« Se superposant à ce polythéisme, s’exprimait pourtant une aspiration assez générale à un dieu sinon unique du moins supérieur aux autres ; au Hijaz, les trois déesses principales étaient tenues pour filles d’un même dieu : Allah. » (Roger Garaudy, Promesses de l’Islam, le Seuil, Paris, 1981, p.27).

Cinq sixième de la population étaient des Bédouins nomades, des bergers qui se déplaçaient d’un pâturage à un autre avec leurs troupeaux selon la saison et les pluies d’hiver.

Sur le plan humain et moral il y avait l’adultère, le meurtre etc. Dans quelques tribus arabes le père, s’il le désirait, enterrait sa fille dès sa naissance ; dans le meilleur cas il déplorait sa naissance et cachait son visage à ses compagnons (voir le Coran, 16 : 58-59, décrivant ces attitudes).

L’Arabe pré-Islamique était généralement illettré. Il n’y avait ni savants ni historiens, mais les Arabes possédaient une enivrante passion pour l’éloquence, le langage beau et correct et les vers biens ciselés.

Ces Arabes, adorateurs d’idoles – méprisés par les israélites parce qu’ils sont les descendants d’Agar, la servante de Sara dont le petit fils est Israël (Jacob) – vont être favorisés par Dieu : « lorsqu’il leur a envoyé un prophète pris parmi eux qui leur récite ses versets, qui les purifie, qui leur enseigne le Livre et la sagesse, même s’ils avaient été auparavant dans une erreur manifeste. » (Coran, 3 : 164).

Dans cette péninsule au trois quarts désertiques, peuplé de tribus nomades dont la richesse est insignifiante face aux richesses des deux empires de l’époque (Byzantin et Perse), apparaît la religion qui changera et bouleversera le monde. Personne alors n’aurait pensé qu’en moins d’un siècle ces nomades conquérraient le monde, de l’Espagne à la Chine.

« Ainsi, le milieu du VIIe présente, en Asie et en Afrique un changement de décor aussi soudain que déconcertant ; deux grands empires rivaux, Byzance et la Perse, s’effondrent et sont remplacés par une domination inconnue la veille. C’est donc un des phénomènes les plus importants de l’histoire universelle ! » ( Histoire universelle des origines à l’Islam, sous la direction de R. Grousset et G. Léonard. 1956, Gallimard, p. 63).

C’est alors que les sciences, les arts, le droit, l’économie, la morale et d’autres domaines de la vie, vont connaître sous le règne des Arabes musulmans un progrès fulgurant.

Dans le verset du Deutéronome cité plus haut, les Juifs ont accouru la colère divine parce qu’ils avaient adoré des dieux autres que lui ; en revanche Dieu excita leur jalousie par l’élection d’un peuple insensé et sujet de leur mépris. Dieu a accompli sa promesse en choisissant le Prophète Mohammad parmi les Arabes.

Des exégètes prétendirent que la nation insensée est le peuple grec. Cette interprétation ne saurait être acceptable parce que la Grèce était l’une des nations les plus civilisées du monde. En matière de religion ils avaient sous la main la traduction de l’Ancien Testament, trois siècles avant J.C. Comment donc peut-on rapporter cette prophétie à cette nation ou à une autre semblable en négligeant la nation arabe, laquelle possédait les caractéristiques d’un peuple insensé qui allait être guidé vers l’intelligence, la connaissance et la gloire ?

D'autre part, comme nous l'avons vu, Dieu a promis à Abraham de bénir Ismaël ; or la réalisation de cette bénédiction n'était-ce pas celle produite grâce à la prédication du Prophète Mohammad ?

 

Le Cantique Nouveau c'est I'Islam

Dans Esaie, 42 : 10-17, il est écrit :

 

« 10. Chantez à l’Eternel un cantique nouveau, chantez ses louanges aux extrémités de la terre, vous qui voguez sur la mer et vous qui la peuplez, îles et habitants des îles !

11. Que le désert et ses villes élèvent la voix ! Que les villages occupés par Qédar élèvent la voix ! Que les habitants de Séla éclatent en acclamations ! Que du sommet des montagnes retentissent des cris de joie !

12. Qu’on rende gloire à l’Eternel et que dans les îles on publie ses louanges !

13. L’Eternel sort comme un héros, il excite son zèle comme un homme de guerre ; il lance la clameur, il jette des cris, il triomphe de ses ennemis.

14. J’ai longtemps gardé le silence, je me tais, je me contiens ; je gémis comme une femme en travail, je suis haletant et je souffre tout à la fois.

15. Je dévasterai montagnes et collines et j’en dessécherai toute la verdure ; je changerai les fleuves en terre ferme et je dessécherai les étangs.

16. Je ferai marcher les aveugles sur un chemin qu’ils ne connaissent pas, je les conduirai par des sentiers qu’ils ignoraient ; je changerai devant eux les ténèbres en lumière et les endroits tortueux en terrain plat ; voilà ce que je ferai, et je ne les abandonnerai pas.

17. Ils reculeront, ils seront confondus de honte, ceux qui se confient aux idoles taillées, ceux qui disent au métal fondu : vous êtes nos dieux. ».

 

De ces versets on déduit qu’il se produira un changement très important. Ce changement est désigné par « le Cantique nouveau ».

Ce phénomène nouveau se répandra partout jusqu’aux extrémités de la terre. Plus spécialement, les habitants du désert, et les villages où habite Qédar bénéficieront plus que les autres de ce nouveau message ; tout simplement parce qu’ils sont mentionnés, particulièrement, dans ces versets.

Le paragraphe qui commence par « L’Eternel sort comme un héro… » est une allusion aux guerres contre les ennemis de Dieu ; ces ennemis sont des adorateurs d’idoles comme il est expliqué dans le dernier verset de ce passage.

Ce peuple qui sera l’instrument de ce changement est un peuple aveugle (ignorant…).

Toutes ces caractéristiques s’appliquent au peuple arabe. Le Cantique nouveau c’est la nouvelle religion de l’Islam.

Le désert c’est l’Arabie. Qédar est un fils d’Ismaël, ancêtre des Arabes et du Prophète Mohammad.

Un exégète du livre d’Esaie au Ve siècle ap. J.C. (c'est-à-dire avant l’islam) a écrit expliquant ce verset : «  Il appelle « Kédar » les descendants des Ismaélites ». (Théodoret de Cyr, II, 441 ; commentaire sur Isaïe, Introd. Traduction, note de Jean-Noël Guinot, les éditions du cerf, Paris 1982).

Un texte de la Genèse, 25 : 12-16 et un autre du livre d’Ezéchiel, 27 : 21 montrent que Qédar est un fils d’Ismaël et que ce nom désigne les Arabes.

Le nom « Séla » (v. 11) est identifié par Théodoret à Pétra, la capitale de l’Idumée, au nord de l’Arabie ; il se peut cependant que Séla désigne la montagne Séla de Médine (la ville du Prophète Mohammad).

A vrai dire, ce passage parle des Arabes ; pour confirmer cette interprétation nous reproduisons ce texte du commentaire précité de Théodoret, qui date du Ve siècle ap. J.C. :

« Par ces mots également le texte prophétique a montré que la connaissance de Dieu s’est répandue sur toute la terre. Or nous voyons, nous aussi, l’accomplissement de la prédiction, car, outre le monde habité, ce sont aussi les lieux sans habitations et toutes les îles qui ont joui des flots de la vérité. Quant à moi (Théodoret), je voudrais apprendre d’un Juif, quelle espèce de joie le texte prophétique annonce aux Ismaélites et aux Iduméens et comment les îles chantent dans des hymnes le Dieu de l’univers ». (pp. 441-43).

Quant à nous, nous déclarons que l’Arabie a toujours été le lieu du polythéisme, et que le Christianisme n’en a jamais supplanté l’idolâtrie. Par contre lorsque le Prophète Mohammad est venu, avec « le Cantique nouveau », il a tout changé et a renversé toutes les mauvaises coutumes et toutes les religions autochtones, pour instaurer la vraie religion de Dieu. Et depuis l’époque du Prophète jusqu’à nos jours, jamais le culte des idoles n’a pu resurgir en Arabie. En outre, le Christianisme, à l’exception de quelques lieux et pendant un certain temps, n’a jamais pu s’y installer. Ce qui montre que le Cantique nouveau qui changera la vie des Ismaélites c’est l’Islam et non pas le Christianisme.

Le paragraphe qui décrit la joie et qui invite les Arabes à élever la voix partout, surtout du sommet des montagnes, est une allusion à l’appel à la prière par le muezzin et au culte spécial du pèlerinage à la Mecque pendant lequel les pèlerins élèvent la voix en proclamant la gloire divine.

Le verset 15 fait allusion aux guerres menées par le Prophète, et ses disciples après lui, contre l’idolâtrie et l’injustice dans leurs diverses formes.

Les versets 16 et 17 décrivent le changement radical qui aura pour conséquence : la destruction des sanctuaires des idoles et la conduite du peuple insensé et ignorant sur le chemin de la vérité et de la lumière. C’est également une allusion au fait que les Musulmans domineront facilement le monde.

 

Mohammad est le Prophète de Parân  

 

Dans le Deutéronome, 33 : 1-3, il est écrit :

 

« 1. Voici la bénédiction par laquelle Moïse, homme de Dieu, bénit les enfants d’Israël, avant sa mort.

 

2. Il dit : L’Eternel est venu du Sinaï, il s’est levé sur eux de Séir, il a resplendi de la montagne de Parân, et il est sorti du milieu des saintes myriades : il leur a de sa droite envoyé le feu de la loi.

 

3. Oui, il aime les peuples ; tous ses saints dans ta main. Ils se sont tenus à tes pieds, ils ont reçu tes paroles. ».

 

 

Les expressions : « l’Eternel est venu, s’est levé, a resplendi », sont une manière d’illustrer la grâce divine en révélant aux hommes Ses paroles et Sa loi.

 

Dans le deuxième verset, trois lieux sont évoqués où la révélation divine fut confiée à un prophète.

 

Le nom « Sinaï » est une allusion à la révélation de la Thora à Moïse ; le mont « Séir » désigne la montagne de Séir près de Jérusalem (voir Josué, 15 : 8-10) ; c’est une allusion aux révélations postérieures à Moïse surtout celle de Jésus.

Mais le terme  « Parân » renferme une allusion manifeste à la révélation du Coran ; car Parân est en Arabie. Ismaël habitait dans le désert de Parân, c'est-à-dire en Arabie d’où est venue la révélation islamique (voir Genèse 21 : 21  où il est dit qu’Ismaël habitait le désert de  Parân).

 

En effet, le verset 2 montre que cette troisième révélation a d’importantes conséquences. Elles se manifestent dans la multitude des saints qui suivront le Prophète de cette révélation. Ils recevront aussi la loi comme les Israélites. En outre le verset 3 montre qu’il s’agit d’un homme qui aime les peuples, ce qui implique qu’il leur révèle la parole divine, et dont les saints sont dans la main de Dieu, ils recevront, eux aussi, la parole de Dieu comme les Israélites.

 

Un verset dans le livre de Habaquq confirme cette interprétation (3 : 2-3) :

 

« 2. Eternel, j’ai entendu ce que tu as annoncé, j’ai de la crainte, Eternel, devant ton œuvre, accomplis-la dans le cours des années ! Dans le cours des années, fais-la connaître ! Mais dans ta colère, souviens de ta compassion.

3. Dieu vient de Témân, le Saint vient de la montagne de Parân. »

 

Témân est en Arabie et Parân aussi. Tout ceci montre que la prophétie du Deutéronome, et celle-ci, font allusion à la révélation du Coran.

 

 

Le désert fécond 

 

Dans Esaie, 32 : 9-17, il est écrit :

 

« 9. Femmes trop tranquilles, levez-vous, écoutez ma voix ! Filles sûres  de vous, prêtez l’oreille à ma parole !

 

10. Dans un an et quelques jours, vous tremblerez, femmes sûres de vous ; car c’en est fait de la vendange, la récolte n’arrivera pas.

 

11. soyez dans l’effroi, insouciantes ! Tremblez, femmes sûres de vous ! Déshabillez-vous, mette-vous à nu et mettez une ceinture à vos reins !

 

12. En se frappant les seins, on mène le deuil sur la beauté des champs et la fécondité des vignes.

 

13. Sur la terre de mon peuple croissent les épines et les ronces, même dans toutes les maisons heureuses de la cité qui s’amuse.

 

14. Le palais est abandonné, la ville bruyante est délaissée ; la colline et la tour serviront à jamais de cavernes pour le bonheur des ânes sauvages et la pâture des troupeaux,

 

15. Jusqu’à ce que l’Esprit soit répandu d’en haut sur nous, que le désert se change en verger, et que le verger soit considéré comme une forêt.

 

16. Alors le droit demeurera dans le désert et la justice habitera dans le verger,

 

17. l’œuvre de la justice sera la paix, et l’ouvrage de la justice la sécurité et la confiance pour toujours. »

 

 

Et dans le chapitre 35 (du même livre) il est écrit :

 

« 1. Le désert et le pays aride s’égayeront ; la steppe tressaillera d’allégresse et fleurira comme un narcisse ;

 

2. Elle se couvrira de fleurs, et tressaillera de joie, avec chants d’allégresse et cris de triomphe ; la gloire de Liban lui sera donnée, la magnificence de Carmel et de Sâron. Ils verront la gloire de l’Eternel, la magnificence de notre Dieu.

 

3. Fortifiez les mains languissantes, et affermissez les genoux qui chancellent ;

 

4. dites à ceux qui ont le cœur troublé : Prenez courage, ne craignait point ; voici votre Dieu, la vengeance viendra, la rétribution de Dieu ; il viendra lui-même et vous sauvera.

 

5. Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, s’ouvriront les oreilles des sourds ;

 

6. alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue du muet éclatera de joie. Car des eaux jailliront dans le désert et des torrents dans la Araba.

 

7. Le mirage se changera en étang et la terre desséchée en sources d’eaux ; dans le repaire où se couchaient les chacals, il y aura un emplacement pour les roseaux et les joncs.

 

8. Il y aura là un chemin frayé, une route qu’on appellera la voie sainte ; nul impur n’y passera ; elle sera pour eux seuls ; ceux qui la suivront, même les insensés, ne pourront s’égarer ;

 

9. et là il n’y aura pas de lion ; nulle bête féroce ne la prendra, nulle ne s’y rencontrera ; et là marcheront des affranchis,

 

10. ainsi ceux que l’Eternel a libérés retourneront, ils arriveront dans Sion avec chants de triomphe, et une joie éternelle couronnera leur tête ; l’allégresse et la joie s’approcheront, la douleur et les gémissements s’enfuiront. »

 

 

Dans le premier texte les termes : femmes, filles sont les cités. Cette interprétation est celle de Théodoret de Cyr (II,299) et J.N. Guinot ( le traducteur) souligne dans la note (p. 298-299) que les anciens exégètes (comme Chrysostome et Cyrille) comprenaient que c’est une habitude dans l’Ecriture d’appeler « femmes » les cités qui jouent le rôle de métropoles et « filles » celles qui en dépendent ; il cite pour le prouver le verset 8 du Psaume 97 (Sion et les filles de Juda).

Le prophète Esaie dans ces versets (du ch. 32) décrit la situation triste des villes de Juda après le bonheur du passé. Cette situation est due à la dévastation par les armées des peuples voisins comme les Assyriens et les Babyloniens.

 

Des bourgs et des maisons seront délaissés ; Théodoret dans son commentaire du livre d’Esaie souligne que « ces bourgs jusqu’à aujourd’hui (c'est-à-dire au Ve siècle ap. J.C.) sont restés déserts. Nous trouvons les noms de quelques uns dans l’Ecriture, mais seules leurs traces sont vues par quelques hommes. » (II, 301).

 

Cependant, cette situation sera changée après que l’Esprit sera répandu sur les hommes et plus spécialement sur les hommes du désert qui peut être celui de l’Arabie ; (en effet le chap. 35 que nous expliquerons plus tard, montre que le désert évoqué dans le chap. 32 est celui de l’Arabie).

 

En effet, Théodoret, bien qu’il ait interprété ce verset (v.15) métaphoriquement, a souligné, toutefois, que le désert, évoqué ici, est relatif aux nations et non à Juda ; il dit : « A la suite de ce présent, le désert de Jadis – c'est-à-dire les nations,- qui n’avait pas bénéficié de la charrue prophétique, bénéficia de la fécondité du Carmel… » « Il y avait jadis chez les Juifs floraison de prophètes, de justes et de prêtres, tandis qu’ils ont imité aujourd’hui la stérilité des forêts. » (II, 301).

Mais en réalité le mot désert, dans ce verset, a un sens propre et non pas un sens figuré ; car le verset 16 montre que le droit demeurera dans le désert ; ce qui signifie que c’est une allusion à un endroit précis.

 

Par ailleurs, le chapitre 35 éclaircit ces réalités.

 

Le premier verset de ce chapitre est une allusion claire au désert aride. A part le désert d’Arabie, il n’existe pas un désert d’où apparut une religion.

 

D’autre part, le verset 2 montre que le Liban sera donné à ce désert, ce qui est tout à fait compatible à la réalité historique ; le Liban est un territoire islamique depuis 14 siècles.

 

En outre, le verset 2 souligne que la renommée du Carmel et celle de Sâron lui seront aussi données ; Carmel, c’est la Judée (Palestine), car jadis elle était remplie de fruits prophétiques ( Théodoret dans son commentaire signale que Carmel désigne la Judée, II, 339).

 

Les versets 3 à 7 décrivent les bienfaits de cette nouvelle prédication, surtout aux peuples non Juifs qui ne connaissaient rien en matière de religion monothéiste.

 

Le verset 6 se rapporte intégralement à l’Arabie d’où jaillira cette prédication. Pour décrire sa fécondité on l’a comparée aux eaux et aux torrents qui jaillissent ; l’eau est le symbole de la continuité de la vie et du fait qu’elle désaltère. Et l’Arabie ne désaltéra-elle- pas le monde par son eau-de-vie ?

 

Le mot « Araba », évoqué dans ce verset, confirme cette interprétation ( dans le Glossaire de la Bible, version Segond, édition Paris 1978, voici la définition du nom Araba : « La profonde dépression qui commence au cours moyen du Jourdain, se poursuit par la Mer Morte et s’enfonce dans le désert méridional. »).

 

Dans les versets suivants il y a une description de la sécurité et la prospérité qui se répandront dans ces lieux, notamment, en Arabie. En outre, dans ce territoire (celui de Médine et de la Mecque) nul impur, c'est-à-dire nul impie, n’y passera.

 

Dans le verset 9 on a souligné que les lions et les bêtes ne s’empareront pas de ces lieux. Les lions et les bêtes sont les symboles des rois et des royaumes. Donc c’est une allusion au fait que ces lieux ne seront jamais occupés par les rois des autres nations et religions.

 

L’histoire prouve cette réalité. Tous les pays musulmans ont été occupés par les Européens à l’exception de l’Arabie où se trouvent les lieux saints. Par contre la Palestine où se situe Jérusalem (Sion) fut occupée plus de deux mille ans.

 

Quant au verset 10, il fait allusion à la domination des Musulmans sur la Palestine. Les Juifs convertis à l’Islam et les autres Musulmans avaient vécu la joie du triomphe, décrit dans ce verset.

 

 


 

 

III.- La ville et le sanctuaire

 

 

La ville du Prophète attendu 

 

Dans Esaie, 66 : 7-9 et 15-21, il est écrit :

 

« 7. Avant d’éprouver les douleurs, elle a enfanté ; avant que les souffrances lui viennent, elle a donné naissance à un fils.

 

8. Qui a jamais entendu pareille chose ? Qui a jamais vu rien de semblable ? un pays peut-il naître en un jour ? une nation est-elle enfantée d’un seul coup ? A peine en travail, Sion a enfanté ses fils !

 

9. est-ce moi qui ouvrirais le sein maternel, pour ne pas laisser enfanter ? Dit l’Eternel ; Moi qui fait enfanter, empêcherais-je de naître ? Dit ton Dieu. »

« 15. Car voici l’Eternel ! Il arrive dans un feu, et ses chars sont comme un tourbillon, il convertit sa colère en un brasier, et ses menaces en flammes de feu.

 

16. C’est par le feu que l’Eternel exerce ses jugements, c’est par son épée qu’il châtie toute chair ; et ceux que tuera l’Eternel seront en grand nombre.

 

17. Ceux qui se sanctifient et se purifient dans les jardins, au milieu desquels ils vont un à un, qui mangent de la viande de porc, des choses abominables et des souris, tous ceux-là périront, dit l’Eternel.

 

18. Je connais leurs œuvres  et leurs pensées. Le temps est venu de rassembler toutes les nations et toutes les langues ; elles viendront et verront ma gloire.

 

19. Et j’enverrai de leurs rescapés vers les nations, à Tarsis, à Poul et à Loud – les tireurs à l’arc – à Toubal et à Yavân, aux îles lointaines, qui jamais n’ont entendu parler de moi, et qui n’ont pas vu ma gloire ; et ils annonceront ma gloire parmi les nations.

 

20. Ils amèneront tous vos frères du milieu de toutes les nations en offrande à l’Eternel, sur des chevaux, des chars et des litières, sur des mulets et des dromadaires, à ma montagne sainte, à Jérusalem, dit l’Eternel, comme les fils d’Israël apportent leur offrande, dans un vase pur, à la maison de l’Eternel.

 

21. Et je prendrai aussi parmi eux des sacrificateurs, des Lévites, dit l’Eternel. »

(Et voir Esaie, 65 : 1-7)

 

 

Dans les versets 3 et 4 du chapitre (65) on remarque que le texte parle des Juifs ainsi que des Chrétiens ; car les premières caractéristiques s’appliquent aux Juifs, tandis que le fait de répandre le sang du porc est une spécificité des Chrétiens. En outre l’adoration des idoles est une de leurs caractéristiques car ils adorent les Icônes de Marie, de Jésus et des saints.

 

Les versets du passage que nous avons reproduits (66 : 7-9) font allusion à une ville d’où sortira (naîtra) un Prophète, désigné dans le texte par le fils (c'est-à-dire de cette ville). La naissance de cette personne produira un grand miracle. Il consiste à former un Etat et à faire naître un pays et une nation qui n’existaient pas auparavant. C’est pour cela que l’auteur du texte s’étonne et s’émerveille devant ce fait qui n’a pas d’exemple dans l’histoire ; même Sion (c'est-à-dire Jérusalem et le peuple Juif), bien qu’il ait beaucoup travaillé, n’a pas pu enfanter un prophète semblable à celui-là qui orientera un pays et une nation vers la droiture.

 

D’ailleurs, il est à noter que cette ville, qui donnera naissance à ce prophète, comme le souligne le texte, n’a pas connu auparavant d’enfantement ; c'est-à-dire qu’elle n’a pas produit de prophète avant la venue de ce fils. Par contre Sion a beaucoup travaillé et à donné naissance à un grand nombre de fils ; mais tous n’ont pas pu faire ce que fera cet homme.

 

Il est net que cette ville et ce fils sont mis dans le texte en parallèle avec Sion ; ce qui montre que cet homme n’est pas un Juif.

 

D’autre part, il est à souligner que les traducteurs de la Bible pour montrer la différence entre cette ville et Jérusalem, ont mis à la tête de ce passage ce titre : « La nouvelle Jérusalem ».

 

Donc le terme Jérusalem évoqué dans ce passage ne se rapporte pas à l’ancienne Jérusalem mais à la nouvelle.

Or dans l’histoire universelle on n’a pas connu un peuple et une nation qui se sont formés de rien grâce à une prédication religieuse comme l’ont été les Arabes par la prédication de Mohammad. De même on ne connaît pas dans le monde entier une ville qui ait donné naissance à un seul prophète et qui ait une gloire dépassant celle de Jérusalem, comme la Mecque.

 

Dans les versets 15 à 17, il y a une description du châtiment qui sera exercé sur les transgresseurs, par l’intermédiaire de ce Prophète et de sa nation. Les transgresseurs sont aussi bien parmi les Juifs que parmi les Chrétiens désignés dans le texte par le fait de manger la viande du porc.

 

D’autre part, les versets 18 et 19 montrent que le salut est réservé également aux diverses nations par le truchement de ce Prophète et de son peuple.

 

L’expression : « les tireurs à l’arc » est une allusion manifeste aux Arabes ( leur ancêtre Ismaël était un tireur à l’arc ; voir Genèse, 21 : 20).

 

Dans le verset 20 il y a une comparaison entre ce que feront ces nouveaux adorateurs de Dieu vis-à-vis des nations, en les conduisant vers Jérusalem (c'est-à-dire la Mecque), et ce que faisaient les Israélites en apportant leur offrande.

 

En effet, des milliers et des milliers de gens vont chaque année à la Mecque pour faire le pèlerinage ; c’est une conséquence de la prédication des premiers Musulmans.

 

Dans les versets 20 et 21, il est fait allusion à une caractéristique de cette communauté ; car parmi les Musulmans on trouve ceux qui apprennent le Coran par cœur et l’enseignent aux autres comme faisaient les Lévites parmi les Israélites. Or parmi les Chrétiens il n’y a pas de sacrificateurs ; selon eux Jésus s’est sacrifié pour les libérer du péché ; donc ils n’ont pas besoin de sacrificateurs.

 

 

La gloire de la Mecque et Les œuvres de ses habitants 

 

Dans Esaie, 54 : 1-17, il est écrit :

 

« Réjouis-toi, stérile, toi qui n’a pas enfanté ! Eclate en cris d’allégresse et de joie, toi qui n’a pas connu les douleurs ! Car les fils de la délaissée seront plus nombreux que les fils de celle qui est mariée, dit l’Eternel.

 

2. Elargis l’espace de ta tente ; qu’on déploie les toiles de tes demeures : Ne les ménage pas ! Allonge tes cordages, et affermis tes piquets !

 

3. Car tu te répandras à droite et à gauche ; ta descendance envahira des nations et peuplera des villes désertes.

 

4. Sois sans crainte, car tu ne seras pas honteuse ; ne sois pas confuse, car tu ne seras pas déshonorée ; mais tu oublieras la honte de ta jeunesse et tu ne te souviendras plus du déshonneur de ton veuvage.

 

5. Car ton Créateur est ton époux : l’Eternel des armées est ton nom ; et ton rédempteur est le Saint d’Israël. Il se nomme Dieu de toute la terre ;

 

  1. 4.        car l’Eternel le rappelle comme une femme abandonnée dont l’esprit est affligé, comme une épouse de la jeunesse qui a été répudiée, dit ton Dieu.

 

  1. 5.        Quelques instants je t’avais abandonnée, mais avec une grande affection je t’accueillerai ;

 

  1. 6.        dans un instant de colère, je t’avais un moment dérobé ma face, mais avec un amour éternel j’aurai compassion de toi, dit ton rédempteur l’Eternel…

 

  1. 10.       Quand les montagnes s’ébranleraient, quand les collines chancelleraient, ma bienveillance pour toi ne sera pas ébranlée, et mon alliance de paix ne chancellera pas, dit l’Eternel qui a compassion de toi.

 

  1. 11.       Malheureuse, battue par la tempête, et que nul ne console ! Voici : je garnirai tes pierres de stuc, et je te donnerai des fondements de saphir ;

 

  1. 12.       je ferai tes créneaux des rubis, tes portes d’escarboucles et toute ton enceinte de pierres précieuses.

 

  1. 13.       Tous tes fils seront disciples de l’Eternel, et grande sera la prospérité de tes fils.

 

  1. 14.       Tu seras affermie par la justice ; tiens-toi éloignée de l’oppression, car tu n’as rien à craindre, et de la terreur, car elle n’approchera pas de toi.

 

  1. 15.       Si l’on t’attaque, cela ne viendra pas de moi ; quiconque t’attaquera tombera à cause de toi…

 

17. Tout instrument de guerre fabriqué contre toi sera sans effet ; et toute langue qui s’élèvera en justice contre toi, tu la convaincras de méchanceté. Tel est l’héritage des serviteurs de l’Eternel, telle est la justice qui leur vient de moi, dit l’Eternel. »

 

 

 

 

Dans le verset 1 nous avons quatre expressions : « stérile »  qui suggère qu’il y a une autre féconde, la délaissée et celle qui est mariée.

 

Deux interprétations sont possibles à donner à ces expressions. La première consiste à voir dans le mot délaissée et dans l’expression : « celle qui a un mari », deux femmes qui sont, selon notre interprétation, Agar (la délaissée) et Sara (celle qui est mariée) et dans les mots stérile et féconde deux villes.

 

La seconde opte pour l’expression allégorique et suggère que ces quatre mots : stérile, féconde, la délaissée et celle qui est mariée, se rapportent tous à deux villes.

 

Cependant, à lire attentivement ce premier verset, nous constatons que la stérile et la délaissée sont deux réalités différentes. Sinon, le texte aurait dit : Réjouis-toi stérile… car tes fils seront plus nombreux… ; mais le texte dit : « car les fils de la délaissée… ».

 

Si la stérile correspond à la ville, alors la délaissée désignera une femme abandonnée. En fait Agar a été abandonnée dans le désert d’Arabie avec son fils Ismaël comme le rapporte la Genèse, (21 : 8-21) : « Abraham se leva de bon matin ; il prit du pain et une outre d’eau qu’il donna à Agar et plaça sur son épaule ; il lui remit aussi l’enfant et il la renvoya. Elle s’en alla et s’égara dans le désert de Beér-Chéba… Dieu fut avec le garçon, qui grandit, habita dans le désert et devin tireur à l’arc. Il habita dans le désert de Parân… ». Et par conséquent celle qui est mariée serait Sara.

 

Le contexte montre que la demande de manifester sa joie est adressée à la ville stérile parce que les fils de la délaissée (Agar) seront plus nombreux que les fils de celle qui est mariée (Sara).

 

Cette ville stérile c’est la Mecque ; car avant Mohammad, elle n’a jamais enfanté de prophètes, mais elle restait assidûment au service des idoles.

 

La ville féconde est Jérusalem ; car elle a enfanté de nombreux prophètes.

 

D’autre part, il est certain que la relation entre une ville et ses habitants est indéniable. Les fils de la délaissée (Agar) habitent l’Arabie et notamment la Mecque où naîtra le Prophète Mohammad et d’où se propagera l’Islam. Ils sont plus nombreux que les fils de Sara. Bien que ce soit un truisme, nous rappelons qu’actuellement il n’y a pas vingt millions de Juifs sur terre, tandis que les Musulmans frôlent le milliard dont plus de deux cents millions d’Arabes.

 

Les caractéristiques données dans le verset 2 : « Elargis l’espace de ta tente… » montrent que le mot stérile évoqué dans le premier se rapporte à une ville qui n’a pas connu l’enfantement d’un prophète.

 

Les phrases du verset 3 sont une cause et en même temps une conséquence du verset 2. D’une part, la descendance de cette ville prendra possession des nations, et d’autre part, leur expansion s’effectuera à droite et à gauche ; c'est-à-dire à l’Est et à l’Ouest.

 

Cette prophétie s’est réalisée concrètement ; puisque l’Islam s’est répandu à droite (l’Est) jusqu’à la Chine et à gauche ( l’Ouest) jusqu’en Espagne.

 

Le veuvage et le mariage évoqués dans les versets 4-6 sont deux allégories, décrivant deux réalités : celle de la période pré-islamique et celle de l’Islam. Dans la période islamique combien de villes ont été peuplées par les Musulmans ! Cette prédiction fut réalisée au cours de l’histoire de l’Islam.

 

L’enceinte de cette ville citée dans le verset 12, est la sainte Ka’ba autour de laquelle les pèlerins font leurs sept tours en implorant Dieu.

 

Le verset 13 souligne que tous les fils de cette ville seront des disciples de Dieu ; ceci s’est réellement produit ; les Arabes, surtout les habitants de la Mecque sont devenus musulmans et ont abandonné le service des idoles. Et ce sont eux qui ont gouverné le monde Islamique de longs siècles durant.

 

Les versets 14 à 17 qui parlent de la sécurité répandue dans cette ville est une caractéristique de la Mecque depuis plus de 14 siècles. Elle n’a jamais connu une quelconque agression étrangère. Abraha l’Ethiopien avait voulu démolir la Ka’ba (sanctuaire de la Mecque) avant l’Islam ; mais son offensive fut stoppée et il périt avec son armée grâce à un miracle divin (voir le Coran, 105). Personne n’a osé s’en emparer, même à l’époque coloniale ; la domination anglaise n’a pas pu étendre son empire jusqu’à la Mecque, alors qu’elle occupait tous les territoires voisins (la Palestine, la Jordanie, l’Egypte, le Soudan, le Yémen, le Golf, le Koweït et l’Iraq).

 

Il est donc invraisemblable de croire que ces versets s’adressent à l’Eglise, comme l’on cru les exégètes chrétiens ; car les caractéristiques effectives se rapportent à une ville précise et à ses fils.

 

 

La gloire de la Mecque et celle de la Ste Ka’ba 

 

Dans Esaie, 60 : 1-22, il est écrit :

 

« 1. Lève-toi, brille, car ta lumière parait, et la gloire de l’Eternel se lève sur toi.

 

2. Car voici que les ténèbres couvrent la terre et l’obscurité les peuples ; mais sur toi l’Eternel se lève, sur toi sa gloire apparaît.

 

3. Des nations marcheront à ta lumière et des rois à la clarté de ton aurore.

 

4. Porte tes yeux alentour et regarde : tous ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils arrivent de loin, et tes filles sont portées sur les bras.

 

5. A cette vue tu seras radieuse, ton cœur bondira et se dilatera, quand les richesses seront détournées de la mer vers toi, quand les ressources des nations viendront vers toi.

 

6. tu seras couverte d’une foule de chameaux, ainsi que de dromadaires de Madian et d’Epha ; Ils viendront tous de Saba ; Ils porteront de l’or et de l’encens et annonceront les louanges de l’Eternel.

 

7. Les Troupeaux de Qédar se réuniront tous chez toi ; les béliers de Nébayoth seront à ton service ; ils seront offerts en holocauste sur mon autel et me seront agréables, et je ferai resplendir la maison de ma gloire.

 

8. Qui sont ceux-là qui volent comme des nuées, comme des colombes vers leur colombier ?

 

9. Car les îles espèrent en moi, et les navires de Tarsis sont en tête, pour ramener de loin tes fils, avec leur argent et leur or, à cause du nom de l’Eternel, ton Dieu, du Saint d’Israël qui te fait resplendir.

 

10. Les fils de l’étranger rebâtiront tes murailles, et leurs rois seront à ton service ; car dans mon indignation je t’ai frappée, mais dans ma faveur j’ai compassion de toi.

 

11. Tes portes seront toujours ouvertes, elles ne seront fermées ni le jour ni la nuit, afin de laisser entrer chez toi les trésors des nations et leurs rois avec leur suite.

 

12. Car la nation et le royaume qui ne te serviront pas périront, ces nations-là seront entièrement ruinées.

 

13. La gloire du Liban viendra chez toi, le cyprès, l’orme et le buis, tous ensemble, pour orner le lieu de mon sanctuaire, et je glorifierai le lieu où reposent mes pieds.

 

14. Les fils de tes oppresseurs viendront s’humilier devant toi, et tous ceux qui t’outrageaient se prosterneront à tes pieds, ils t’appelleront ville de l’Eternel, Sion du Saint d’Israël.

 

15. Alors que tu étais délaissée et haïe, et que personne ne te parcourait, je ferai de toi un objet de fierté pour toujours, un sujet de réjouissance de génération en génération.

 

16. Tu suceras le lait des nations, tu suceras la mamelle des rois ; et tu sauras que je suis l’Eternel, ton sauveur, ton rédempteur, le puissant de Jacob.

 

17. Au lieu du bronze je ferai venir de l’or, au lieu du fer je ferai venir de l’argent, au lieu du bois, du bronze, et au lieu des pierres, du fer ; je ferai régner sur toi la paix, et dominer la justice.

 

18. On n’entendra plus parler de violence dans ton pays, ni de ravage ni de ruines dans ton territoire ; tu donneras à tes murailles le nom du salut et à tes portes celui de louange.

 

19. Ce ne sera plus le soleil qui te servira de lumière pendant le jour, ni la lune qui t’éclairera de sa lueur ; mais l’Eternel sera ta lumière à toujours, ton Dieu sera ta gloire.

 

20. Ton soleil ne se couchera plus, et ta lune ne se retirera plus ; car l’Eternel sera ta lumière à toujours, et les jours de ton deuil seront terminés.

 

21. Il n’y aura plus que des justes parmi ton peuple, ils possèderont à toujours le pays ; c’est le rejeton que j’ai planté, l’œuvre de mes mains, pour servir à ma gloire.

 

22. Le plus petit deviendra un millier et le moindre une nation puissante. Moi, l’Eternel, je hâterai ces choses en leur temps. »

 

 

 

 

Il est clair qu’il s’agit, dans ces versets, d’une ville religieuse et d’un sanctuaire. Par ailleurs, cette prédiction comporte des caractéristiques qu’on ne pourrait appliquer ni à Jérusalem ni à l’Eglise.

 

Mais si on médite sérieusement sur le véritable sens de ces phrases on constatera qu’elles s’appliquent parfaitement à une autre ville et à un autre sanctuaire.

 

L’expression : « La gloire de l’Eternel se lève sur toi… » se rapporte à la révélation nouvelle que va recevoir le Prophète qui apparaîtra dans cette ville. Grâce à cette révélation et cette prédication cette ville brillera, et ainsi elle dissipera les ténèbres répandues sur les peuples.

 

Les caractéristiques que nous essayons d’analyser montrent qu’il s’agit de La Mecque , la ville principale de l’Islam, et de la Ka’ba, son sanctuaire.

 

Les versets 3 et 4 renferment une réalité justifiée par l’histoire ; car La Mecque est la seule ville religieuse qui a toujours été visitée par les fidèles et servie par les rois, sans interruption aucune.

 

Le verset 5 évoque une autre réalité. A vrai dire, celui qui peut avoir un simple aperçu de l’histoire de La Mecque pour connaître la vénération, les services rendus à cette ville et les sortes de richesses qui y affluaient et affluent, sera convaincu que cette prédiction ne peut concerner que La Mecque. Pensons au pétrole, pour le temps présent…par exemple.

 

Les versets 6 et 7 où on a évoqué des noms de villes, de pays et de tribus (Madian, Epha, Saba, Qédar et Nebayoth) constituent une preuve évidente que dans cette prédiction il s’agit de La Mecque. Ces noms ne peuvent, en aucune façon, se rapporter à Jérusalem ou à l’Eglise.

 

Madian est au nord de La Mecque, Saba au sud (c’est le Yémen) ; ce sont des lieux où ne vivaient et ne vivent que des tribus arabes.

 

Qédar et Nebayoth sont les ancêtres des tribus arabes et ce sont deux fils d’Ismaël (Genèse, 25 : 13 : «  Voici les noms des fils d’Ismaël… : Nebayoth, premier-né d’Ismaël, Qédar… ».

 

Théodore de Cyr, au Ve siècle, a écrit à propos de ces versets en disant :

 

« Madian, Kédar et Gépha ( Epha) sont des nations de barbares nomades qui font descendre leur race d’Ismaël…, or sont appelés « Arabes » les gens de kédar, ceux de Madian, de Gepha  et de « Nabeoth » ( Nebayoth), qui habitent les déserts de l’Arabie : ce sont des gens qui se déplacent à dos de chameaux et de dromadaires. » (Op.cit, pp.246-51).

 

Dans cette prédiction il est dit que les tribus de Qédar et de Nebayoth, les habitants de Madian, de Saba et d’Epha se rendent à cette ville, et que les troupeaux des deux premières tribus seront offerts en holocauste sur son autel. Il est certain, donc, que la réalisation de cette prédiction, à la suite de la conversion des Arabes à l’Islam, est manifestement illustrée par la période de pèlerinage.

 

En effet, depuis des siècles et des siècles, les Arabes et toutes les autres nations musulmanes se rendent à la Mecque pour faire leur pèlerinage ; pendant lequel on immole des chameaux, des béliers et on formule des louanges à Dieu.

 

Mais qui parmi les Arabes et surtout les fils de Qédar et Nebayoth, était parti pour offrir des holocaustes à Jérusalem où à l’Eglise ?

 

Il va de soi que l’Eglise ne possède pas d’autel. Les Chrétiens prétendent qu’ils n’ont plus besoin d’holocaustes puisque Jésus, selon eux, les avait libérés du péché à cause duquel on a été auparavant obligé d’offrir des sacrifices expiatoires. Cependant, le texte signale que les tribus arabes (de Qédar, de Nebayoth, de Madian et de Saba) offrent quant à elles, des béliers en holocaustes sur un autel. Il convient, toutefois, de s’interroger sur l’endroit où ont lieu ces sacrifices ?

 

Il est évident que ce n’est pas à Jérusalem, parce qu’il n’y a plus de Temple (détruit en l’an 70 ap.J.C. par les Romains) et ce n’est pas à l’Eglise parce qu’il n’y a pas d’holocauste dans le Christianisme. Ce ne pourrait être donc qu’à la Mecque où les arabes et les autres Musulmans ont offert, offrent et offriront des holocaustes au cours du pèlerinage à la Mecque où se trouve la Ka’ba, sanctuaire et maison de Dieu dont parle le verset 13 ; « … pour faire resplendir le lieu de mon sanctuaire… ».

 

Les versets 8 et 9 : « qui sont ceux-là qui volent… » font allusion aux pèlerins qui viennent de toutes parts pour célébrer la grande fête du pèlerinage à la Mecque. Ces peuples qui accourent vers elle sont semblables à des colombes qui volent vers leur colombier. Si l’on veut, toutefois, comprendre exactement ce passage, que l’on contemple ce qui se passe à la Mecque au cours des 11e et 12e mois de l’année lunaire.

 

Cette similitude entre pèlerins et colombes est plus remarquable actuellement grâce aux avions qui convergent aux aéroports de l’Arabie Saoudite, surtout à Jadda (ville proche de la Mecque), au moment du pèlerinage. On y voit se déverser en flots des foules d’hommes, femmes et enfants.

 

Le mot « Tarsis » dans le verset 9 désigne Carthage(la Tunisie actuelle) selon Théodoret de Cyr (cf., III, 253), selon d’autres c’est l’Inde. En tout cas les deux contrées sont des contrées islamiques d’où viennent une multitude de gens pour accomplir le pèlerinage (majeur ou mineur).

 

Dans le verset 10 il y a une caractéristique qui ne peut s’appliquer ni à Jérusalem ni à l’Eglise : « les fils de l’Etranger rebâtiront tes murailles… ».

 

Comme nous l’avons dit, le Temple de Jérusalem fut détruit en l’an 70 ap.J.C., et jusqu’à nos jours il n’a pas été reconstruit. Par contre la Ka’ba est toujours servie par les rois musulmans, arabes ou non arabes. La mosquée sacrée qui entoure la Ka’ba fut élargie maintes fois par les différents rois à différentes époques. Par exemple des rois Séljoukites, Ayyoubides (de Saladin), Mamalik et les rois Ottomans, qui ne sont pas des Arabes, ont servi cette mosquée ; et chaque roi est appelé serviteur des lieux sacrés ; titre glorieux pour lui.

 

En outre, comme dit le verset 10 (selon une traduction), les rois se soumettent à la loi qui a jailli de cette ville. Cette loi ne peut être que celle révélée au Prophète Mohammad. Pour les Chrétiens il n’y a aucune loi à laquelle ils puissent s’en remettre ; mais les Musulmans possèdent une loi qui régit leur vie toute entière ; et même actuellement où les gouvernements des Etats musulmans se sont éloignés de l’Islam, nous remarquons que chaque gouverneur déclare à son peuple qu’il est soumis à la loi islamique, qu’il la reconnaît et qu’il a l’intention de l’appliquer.

 

En plus le verset 10 évoque une réalité historique lorsqu’il a dit : « Car dans mon indignation… ». Avant l’Islam, la ville de la Mecque était comme frappée par la colère divine, puisqu’elle ne bénéficiait pas de la sollicitude divine. Mais qui en a joui par la suite de sa bonté.

 

Le verset 11 évoque une autre réalité : « Tes portes seront toujours ouvertes… », constatée par celui qui a visité la Mecque et vu la Mosquée sacrée dont les portes sont ouvertes jours et nuits. Et les rois s’y soumettent et y font les rites du culte à Dieu en considérant cela comme un titre de gloire.

 

Le verset 12 : « Car la nation et le royaume… » dénoncent clairement les prétentions juives et chrétiennes en considérant que cette prédiction concerne le Temple de Jérusalem ou l’Eglise.

 

Quant aux Juifs, il n’y a pas eu de Nations ou de Rois qui aient été serviteurs du Temple de Jérusalem après l’exil et évidemment après sa destruction en l’an 70 ap.J.C.

 

Quant aux Chrétiens, ils n’ont pas de temple sacré et fixe.

 

Par contre les rois musulmans accourent pour recevoir le titre de « Serviteur des lieux sacrés » (jusqu’à présent le roi Saoudien est appelé serviteur des lieux sacrés).

 

Le verset 13 confirme toujours qu’il s’agit d’un lieu fixe et précis, réfutant ainsi les prétentions des Chrétiens ; ce lieu ne peut que désigner le Temple de la Mecque parce que celui de Jérusalem n’existe plus depuis plus de 19 siècles.

 

D’autre part, le verset indique que la gloire du Liban sera transmise à cette ville ; ce qui est arrivé effectivement.

 

Le verset 14 : « Les fils de tes oppresseurs… », montre qu’il s’agit d’une ville et d’un temple précis. Et puisque les caractéristiques données plus haut ne s’accordent pas avec celles du Temple de Jérusalem ni avec celles de l’Eglise, il est donc clair que le mot « Sion » figurant dans ce verset ne désigne pas nécessairement « Sion » en Palestine bien que la mosquée de Jérusalem soit, pour les Musulmans, le troisième lieu sacré, (après ceux de la Mecque et de Médine). Il est évident qu’avant que ce texte soit émis, le nom « Sion » désigne Jérusalem. Cependant, le texte affirme que cette appellation sera effectuée dans les temps qui viendront, ce qui implique qu’il ne s’agit pas de Jérusalem, mais d’une autre ville où se trouve un temple analogue à celui de Jérusalem et qui sera considéré comme lieu sacré.

 

En effet, les faits historiques confirment ce que nous venons d’avancer ; car le texte évoque que « les fils de tes oppresseurs viendront s’humilier devant toi… » ce qui est incompatible avec les faits historiques si on considère que Sion c’est Jérusalem ; les Babyloniens par exemple n’étaient pas venus pour s’humilier devant ce lieu sacré, et les Romains avaient détruit le Temple.

 

Par contre, les fils de ceux qui avaient essayé d’attaquer la Mecque et son Temple, comme par exemple Abraha du Yémen et les Perses, sont devenus des Musulmans.

 

D’autre part, cette ville, comme le souligne le verset, sera appelée la ville de Dieu ; or Jérusalem fut appelée par les empereurs romains « Aelia » (cf., Théodoret, III, 259). Comment donc peut-on montrer le caractère véridique de la prophétie, à moins de voir « Sion » dans un sens spirituel et renfermant une analogie ?

 

En outre les versets 15 et 16 confirment qu’il s’agit d’un lieu sacré fixe et précis.

 

Les versets 17 et 18 évoquent une réalité historique qui s’applique parfaitement à la Mecque et à son temple. Dans le monde entier il n’existe pas un lieu sacré qui ait connu la paix comme la Mecque et son temple.

 

D’autre part, le verset 18 précise une réalité existant jusqu’à nos jours ; les murailles et les portes du temple et de la ville portent les noms de salut et de louange. Celui qui a rendu visite à la Mecque et à son temple a sans doute constaté cette réalité (par ex. bâb assalam…).

 

Les versets 19 et 20 renferment une allégorie qui fait allusion à la révélation divine grâce à laquelle la Mecque s’est resplendie spirituellement.

 

Le verset 21 souligne que les habitants de ce lieu sacré possèderont toujours le pays. Il est clair que les Arabes sont toujours les possesseurs de l’Arabie. En outre ils ont possédé la Palestine pendant 13 siècles où se trouve Jérusalem. Par contre les Juifs n’ont pas possédé la Palestine et Jérusalem depuis plus de 20 siècles.

 

Quant aux Chrétiens ; nous disons que le verset précise qu’il s’agit d’une ville, mais laquelle ?

 

S’il s’agit de l’Arabie et de la Mecque comme nous l’avons démontré, les Chrétiens ne l’ont jamais possédé. S’il s’agit de la Palestine et de Jérusalem ils en ont été dépossédés depuis l’an 637 ap.J.C.

 

Le verset 22 confirme ce que nous avons vu plus haut.

 

 

 

IV. – Les visions du livre de Daniel 

 

Le livre de Daniel 

 

 

Le livre de Daniel, conservé en hébreu et en araméen, se compose de deux parties nettement distinctes. La première (du 1er au 6e chapitre) comprend des récits dont Daniel est le héros, et la deuxième (du 7 au 12e chap.) concerne les visions dont Daniel est lui-même le bénéficiaire.

 

La place qu’a le livre dans le Canon a une importance en raison des indications, mêmes générales, qu’il fournit à la fois pour le genre littéraire du livre et pour sa date de sa composition.

 

Les visions mises au compte de Daniel, se présentent du point de vue littéraire, comme de vraies paraboles ou allégories dont il faut faire l’exégèse ; celle-ci revenant normalement à l’ange interprète (7 à 12). Le langage symbolique est emprunté le plus souvent à l’Ancien Testament.

 

Le thème commun aux deux parties du livre est : « Dieu maître de l’histoire qu’il conduit à son terme ». Cette doctrine est d’ailleurs mise en relief dans le chapitre 7 qui est situé à la charnière des deux parties et relie ainsi les récits aux visions apocalyptiques.

 

 

Chapitre II de Daniel 

 

Ce chapitre comprend trois parties. Dans la première, le roi Nabucadnetsar[20], qui a eu un songe, demande à ses devins de le lui raconter et de le lui interpréter. Le roi prononce une sentence de mort contre tous les sages de Babylone incapables de satisfaire à ses exigences (vv. 1-13). La deuxième partie (vv. 14-45) raconte l’intervention de Daniel qui expose au roi le songe et en donne une interprétation. La fin du chapitre (vv. 46-49) rapporte la profession de foi du roi et la récompense accordée à Daniel et à ses compagnons.

 

Le songe est qualifié de mystère (« raz » en hébreu, en arabe : lurz, luraz). Cette qualification est due sans doute à la nature même du songe, que le caractère symbolique contribue à rendre mystérieux.

 

Mais comme le contenu du songe concerne des révélations divines sur le sort du royaume de Nabucadnetsar et des royaumes qui viendront après lui et en fin de compte, des desseins divins, il n’est pas impossible que déjà le mot « raz » revête ici le sens de mystère, de salut que l’on trouve souvent dans les textes de Qumran et en particulier dans les hymnes.

 

Le verset 30 souligne que Daniel n’est qu’un médiateur de la révélation divine qu’il va faire au roi. Alors Daniel raconte le rêve que le roi a vu, et en donne l’explication en disant (2 : 31- 45) :

 

« 31. Ô roi, tu as eu une vision, celle d’une grande statue. Cette statue était immense et d’une splendeur extraordinaire, elle était debout devant toi, et son aspect était terrible.

 

32. La tête de cette statue était d’or pur ; sa poitrine et ses bras étaient d’argent ; son ventre et ses cuisses étaient de bronze ;

 

33. ses jambes, de fer ; ses pieds, en partie de fer et en partie d’argile.

 

34. Tu regardais, lorsqu’une pierre se détacha sans le secours d’aucune main, frappa les pieds de fer et d’argile de la statue, et les mit en pièces.

 

35. Alors le fers, l’argile, le bronze, l’argent et l’or, furent brisés ensemble, et devinrent comme la balle qui s’échappe  d’une aire en été ; le vent les emporta, et nulle trace n’en fut retrouvée. Mais la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne, et remplit toute la terre.

 

36. Voilà le rêve. Nous en donnerons l’explication devant le roi.

 

37. Ô roi, tu es le roi des rois, car le Dieu des cieux t’a donné le royaume, la puissance, la force et la gloire ;

 

38. il a remis entre tes mains, en quelque lieu qu’ils habitent, les fils des hommes, les bêtes des champs et les oiseaux du ciel, et il t’a fait dominer sur eux tous ; c’est toi qui est la tête d’or.

 

39. Après toi s’élèvera un autre royaume, moindre que le tien ; puis un troisième royaume, qui sera de bronze, et qui dominera sur toute la terre.

 

40. Il y aura un quatrième royaume, solide comme du fer ; de même que le fer brise et rompt tout, il brisera et rompra tout, comme le fer brise tout.

 

41. Et comme tu as vu les pieds et les orteils en partie d’argile de potier et en partie de fer, ce royaume sera divisé ; mais il y aura en lui quelque chose de la force du fer, parce que tu as vu le fer mêlé avec l’argile.

 

42. Et comme les doigts des pieds étaient en partie de fer et en partie d’argile, ce royaume sera en partie solide et en partie fragile.

 

43. Tu as vu le fer mêlé avec l’argile, parce qu’ils ne s’attacheront pas l’un à l’autre, de même que le fer ne se mélange pas avec l’argile.

 

44. Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et ce royaume ne passera pas sous la domination d’un autre peuple ; il brisera et détruira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement.

 

45. Ainsi, tu as vu la pierre se détacher de la montagne sans le secours d’aucune main, et elle a brisé le fer, le bronze, l’argile, l’argent et l’or. Le grand Dieu a fait connaître au roi ce qui doit arriver dans la suite. Le rêve est véritable, et son explication digne de confiance ». (Daniel, 2 : 31-45).

 

 

Dans les versets 31-33, le roi a vu une statue colossale, mais faite de métaux divers et même d’argile ou de terre cuite. Ces métaux au nombre de quatre sont présents dans un ordre décroissant depuis la tête qui est en or jusqu’aux pieds qui sont en fer et en terre. Les métaux les plus précieux étant réservés aux parties les plus nobles du corps. Ces sortes de statues colossales étaient connues des Anciens (Memphis, Rhodes, Athènes, Rome). La diversité des métaux ne semblait pas étrange aux orientaux qui connaissaient des statues chryséléphantines faites d’or et d’ivoire[21]. Cet état de choses cessera, dit Mathias Delcor auteur du commentaire du livre de Daniel, car le quatrième empire sera remplacé par le royaume de Dieu, sans doute un royaume terrestre aux desseins universels.(Le livre de Daniel, Paris 1971, J. Gabalda et Cie, p. 85).

 

Pour mieux signifier que la statue de la vision représente le monde, sa tête touche le ciel et ses pieds la terre.

 

Les versets 34 et 35 décrivent la destruction de la statue sous l’effet d’une pierre détachée de la montagne (cf. v. 45) par on ne sait qui (litt. Sans le secours d’aucune main) ; mais sa puissance est telle que les métaux sont réduits en pièces que le vent emporte. La pierre qui a frappé la statue devient une grande montagne qui remplira toute la terre.

 

Ce songe se présente au fond comme une allégorie qu’il faut déchiffrer. Après l’exposé du songe, on donne à partir du verset 37 son interprétation.

 

La tête d’or  est Nabucadnetsar – le « Roi des rois », ou plus exactement le « seigneur des roi ». Le premier titre était normal pour les rois perses et exceptionnellement pour les roi babyloniens.

 

A Nabucadnetsar, Dieu livre tous les hommes et toutes les bêtes et il a domination sur eux tous, ce qui est une reprise de Jérémie (27 : 5-6) où il est également question de sa souveraineté universelle.

 

Les verses   39-43.

 

Du second empire symbolisé par la poitrine et les bras en argent, nous savons seulement qu’il sera inférieur au premier, celui de Nabucadnetsar ; mais plus vaste.

 

Des exégètes contemporains, parmi   lesquels l’auteur du livre de Daniel précité, ont cru que le deuxième empire est celui des Mèdes, le troisième étant celui des Perses. Leur argument est que d’après le verset 39, cet empire est moins important que le précédent ; ce qui ne serait pas exact si l’on avait affaire à l’immense empire Médo-perse. Mais cette exégèse se fondant sur cet argument peut se heurter à la même difficulté lorsqu’on identifie le quatrième empire à celui d’Alexandre Le Grand ; car dans ce cas il serait inférieur au précédent ( c’est-à-dire à l’empire Médo-perse) ce qui est invraisemblable, parce que le monde conquis par Alexandre le Grand est plus vaste que celui de l’empire Médo-perse, il s’étendait sur trois continents (l’Europe, l’Afrique, et l’Asie) et il est plus rapide et plus détruisant. En réalité l’expression « qui dominera toute la terre » (v.39) convient à Alexandre le Grand plutôt qu’à l’empire Médo-perse.

 

D’autre part, il est à remarquer que le deuxième empire symbolisé par la poitrine et les bras convient proportionnellement à celui des Médo-perse ; Les bras associés à la poitrine symbolisent les deux nations, qui constituaient l’empire, leur unité et leur force. Par ailleurs, ce symbole montre que l’unité des deux nations est une affaire postérieure ; elle est représentée par la poitrine où s’effectuera la fusion totale. De même le symbole du troisième empire convient dans son étendue à celui d’Alexandre ; les cuisses du troisième symbole viennent après le ventre ce qui prédit la division au sein de cet empire[22].

 

Il faut spécifier que dans l’interprétation qui bloque l’empire des Mèdes et des Perses, le troisième empire est alors celui d’Alexandre et des Diadoques (après lui)[23], ce qui s’accorde avec les données du verset 39.

 

Mais le quatrième empire ne pouvait pas être celui des Séleucides et des Ptolémées pour la simple raison que les caractéristiques du quatrième empire décrites dans le verset 40( c’est-à-dire qu’il brise tout et écrase tout comme le fer) ne concordent pas avec les données historiques de ces deux royaumes qui ne sont que les successeurs d’Alexandre. Ces royaumes divisés ne faisaient que continuer la domination grecque sur le monde oriental et occidental.

 

En revanche , les caractéristiques s’accordent bien avec ce que l’on sait de la puissance romaine et sa domination sur le monde en pulvérisant et en écrasant tout, depuis l’Atlantique jusqu’à la Mésopotamie et du cœur de l’Europe jusqu’en Ethiopie. Le texte précise, en effet, que le quatrième empire écartera le troisième aussi bien en orient qu’en occident . Or les successeurs d’Alexandre n’avait pas écarté leur propre empire ; mais ils l’avaient conservé. Par contre, les romains avaient écrasé, pulvérisé le reste du troisième royaume[24].

 

Le point culminant de la vision est aux versets 44-45. La pierre qui tombe de la montagne ne symbolise pas un personnage mais un royaume qui anéantira tous les royaumes et qui ne sera jamais détruit. La date où se situera l’événement est précisée par l’expression, qui est un peu vague, « Aux jours de ces rois »(v.44).

 

Cette expression ne vise fort probablement que les rois du quatrième empire. Le symbolisme de la pierre qui se détache sans l’aide d’aucune intervention humaine se laisse deviner lui-même : il signifie la toute puissance divine qui intervient de façon imprévisible, mais malgré tout, efficacement. Par ailleurs, puisque la pierre devient une grande montagne qui remplit toute la terre (v. 45), elle symbolise l’universalisme du royaume de Dieu.

 

 

 

Chapitre 7

 

«1. la première année de Belschatsar , roi de Babylone, Daniel eut un songe et des visions se présentèrent à son esprit , pendant qu’il était sur sa couche. Ensuite il écrivit le songe, et raconta les principales choses.

2.Daniel commença et dit : je regardais pendant ma vision nocturne, et voici, les quatre vents des cieux firent irruption sur la grande mer.

 

3. Et quatre grands animaux sortirent de la mer, différents les uns des autres.

 

4. Le premier était semblable à un lion, et avait des ailes d’aigle ; je regardais jusqu’au moment où ses ailes furent arrachées ; il fut enlevé de terre et mis debout sur ses pieds comme un homme et un cœur d’homme lui fut donné.

 

5. Et voici un second animal était semblable à un ours, et se tenait sur un côté ; il avait trois cotes dans la gueule entre les dents, et on lui disait : lève-toi , mange beaucoup de chair.

 

6.Après cela je regardai, et voici un autre était semblable à un léopard, et avait sur le dot quatre ailes comme un oiseau ; cet animal avait quatre têtes, et la domination lui fut donnée.

 

7. Après cela je regardai pendant mes visions nocturnes, et voici, il y avait un quatrième animal : terrible, épouvantable, et extraordinairement fort ; il avait de grands dents de fer, il mangeait, brisait et il foulait aux pieds ce qui restait ; il était différent de tous les animaux précédents, et il avait dix cornes.

 

8. Je considérais les cornes, et voici, une autre petite corne sortit du milieu d’elles, et trois de premières cornes furent arrachées devant cette corne ; et voici, elle avait des yeux d’homme et une bouche qui parlait avec arrogance.

 

9. Je regardais, pendant que l’on plaçait des trônes. Et l’Ancien des jours s’assit. Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure ; son trône était comme des flammes de feu, et les roues comme un feu ardent.

 

10.Un fleuve de feu coulait et sortait de devant lui. Mille milliers le servaient, et dix  mille millions se tenaient en sa présence. Les juges s’assirent, et les livres furent ouverts.

 

11. Je regardai alors, à cause des paroles arrogantes que prononçait la corne ; et tandis que je regardais l’animal fut tué, et son corps fut détruit, livré au feu pour être brûlé.

 

12. Les autres animaux furent dépouillés de leur puissance, mais une prolongation de vie leur fut accordée pour un certain temps.

13. Je regardai pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu’un de semblable à un fils de l’homme ; il s’avança vers l’ancien des jours, et on le fit approcher de lui.

 

14. On lui donna la domination, la gloire et le règne ; et tous les peuples, les nations et les hommes de toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit.

 

15. Moi, Daniel, j’eus l’esprit troublé au-dedans de moi, et les visions de ma tête m’effrayèrent.

 

16. Je m’approchai de l’un de ceux qui était là, et je lui demandai de me révéler la vérité sur toutes ces choses. Il me répondit et m’en fournit l’explication.

 

17. Ces quatre grands animaux, ce sont quatre rois qui s’élèveront de la terre ;

 

18. mais les saints du Très-Haut recevront le royaume éternellement, d’éternité en éternité.

 

19. Ensuite je désirai savoir la vérité sur le quatrième animal, qui était différent de tous les autres, extrêmement terrible , qui avait des dents de fer et des ongles d’airain, qui mangeait, brisait , et foulait aux pieds ce qui restait ;

 

20. et sur les dix cornes qu’il avait à la tête, et sur l’autre qu’il était sortie et devant laquelle trois était tombées, sur cette corne qui avait des yeux, une bouche parlant avec arrogance, et une plus grande apparence que les autres.

 

21. Je vis cette corne faire la guerre aux saints, et l’emporter sur eux ;

 

22. jusqu’au moment où l’Ancien des jours vint donner droit aux saints du Très-Haut, et le temps arriva où les saints furent en possession du royaume.

 

23. Il me parla ainsi : le quatrième animal, c’est un quatrième royaume qui existera sur la terre, différent de tous les royaumes, et qui dévorera toute la terre, la foulera et la brisera.

 

24. les dix cornes, ce sont dix rois qui s’élèveront de ce royaume. Un autre s’élèvera après eux, il sera différent des premiers, et il abaissera trois rois.

 

25. Il prononcera des paroles contre les Très-Haut, il opprimera les saints du Très-Haut ; et il espérera changer les temps et la loi ; et les saints seront livrés entre ses mains pendant un temps, des temps, et la moitié d’un temps.

 

26. Puis viendra le jugement, et on lui ôtera sa domination, qui sera détruite et anéantie pour jamais.

 

27. Le règne, la domination, et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son règne est un règne éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront.

 

28. Ici finirent les paroles. Moi, Daniel, je fus extrêmement troublé par mes pensées,  je changeai de couleur, et je conservai ces paroles dans mon cœur. »

 

 

Le Chapitre 7 comprend deux parties bien distinctes mais qui se complètent l’une à l’autre : d’une part la description de la vision (vv. 1-14) et d’autre part son interprétation (vv. 15 – à la fin).

 

Cette fois, c’est Daniel lui-même qui fait un rêve et a des visions.

 

Le récit de Chaque scène est ponctué par : « je voyais… » (7 : 9,11,13).

 

Les quatre vents du ciel qui soufflent sur la mer désignent les quatre de la cosmogonie babylonienne, dans l’ordre suivant : le vent du Sud, le vent du Nord, le vent de l’Est et le vent de l’Ouest. Après l’Exil, cette expression servit à désigner les quatre points cardinaux.

 

Les quatre bêtes désignent les quatre grands empires situés dans les quatre parties du monde.

 

Les grandes bêtes montent de la mer agitée par les vents (v.3). La mer représente la puissance hostile à Dieu et génératrice de monstres.

 

La première bête, qui est un lion ailé, se rencontre effectivement dans maintes reproductions de l’art assyro-babylonien. Aussi, cet animal fantastique était-il tout à fait désigné pour symboliser l’empire babylonien. Les ailes arrachées marquent probablement que la puissance de l’empire babylonien a été amoindrie puisque la bête ne peut plus se mouvoir aisément.

 

La deuxième bête (v.5) désigne l’empire des Mèdes et des Perses. La phrase « elle se dressait sur un côté » peut faire allusion au fait que ce sont les Perses qui ont pris le pouvoir après l’union avec les Mèdes.

 

Cette bête (l’ours) a dans la gueule trois cotes, ce qui semble indiquer les restes d’un grand repas. L’invitation à manger beaucoup de viande se réfère à l’agressivité du deuxième empire.

 

La panthère (v.6) est le symbole du troisième empire : celui d’Alexandre le Grand. Les quatre ailes dont elle est pourvue symbolisent son extraordinaire rapidité (ceci appuie notre interprétation du 3e empire du chapitre 2 par celui d’Alexandre le Grand).

 

Cette rapide extension (la panthère est le symbole de la rapidité et de la férocité.) ne peut concorder qu’avec celle d’Alexandre le Grand. En peu de temps, (à peu près 12 ans) Alexandre a pu dominer un espace assez large de la terre.

 

Quant aux quatre têtes, elles désignent les quatre importants royaumes des diadoques. L’Expression « Et la domination lui fut donnée » est à rapprocher de ce qui est dit dans la description de la statue au chap.2 (v.39), où le troisième empire dominera la terre toute entière.

 

La quatrième bête (v.7) est la plus effrayante. Elle correspond au quatrième empire de fer du chapitre 2 (v.40). Ici, on signale seulement les dents de fer de cette bête ; celle-ci n’est pas décrite et ne porte pas de nom.

 

Les dix cornes désignent des rois. La corne est proprement un symbole de puissance (cf. Esaie, 2 : 10 ; Ezéchiel, 29 : 21). Ces rois ne se succèderont pas nécessairement, mais ils devraient être de puissants rois.

 

Au milieu des dix cornes, poussa  une autre corne plus petite (v.8). La signification du symbole de la corne est suffisamment clarifiée par la précision que cette dernière était munie d’une bouche et d’yeux. Il s’agit donc d’un homme et plus précisément, d’un roi, ennemi de Dieu.

 

La locution « Ancien des Jours » (v.9) est  appliquée à Dieu. L’apparence humaine donnée à Dieu est une caractéristique de l’esprit juif et chrétien ( cf., Ezéchiel, chap. 4).

 

Le jugement est exercé par « l’Ancien des jours », sur les quatre empires issus de la Mer, dépossédés de leur puissance.

 

A côté de L’Ancien, se tient toute une cour angélique pour le servir. En vue de jugement, on consulte les livres célestes où sont consignées les actions des hommes et en particulier celles des quatre empires précédemment écrits.

 

Sans qu’il y ait réquisitoire et sans qu’aucune sentence ne soit promulguée, la bête représentant le quatrième empire est tuée et son corps livré au feu en vue de sa destruction (vv.11-12).

 

La domination est aussi enlevée aux autres bêtes, mais une certaine survie leur est laissée, sans doute en raison de leur impuissance actuelle à l’égard du peuple de Dieu. Car, si les empires perdent leur puissance, les nations demeurent.

 

Avec le verset 13 commence la vision du fils d’Homme rapportée sous une forme poétique. Le fils d’Homme s’oppose à la fois aux quatre animaux et à l’Ancien qui vient d’exercer le jugement.

 

Le fils d’Homme vient « avec les nuées du ciel », expression qui doit être préférée à celle traduite par la « Septante » qui a compris que le fils d’Homme venait sur les nuées du ciel. Cette dernière version (sur les nuées…) est suivie par Matthieu, 24 : 30 ;26 ;64 ; Apocalypse, 14 : 16. Mais, dans Marc, 14 : 62 et Apocalypse, 1 : 7, on a : « avec les nuées » (cf. ., Mathias Delcor, op. cit. p.154).

 

Mais d’où vient le fils d’Homme ? Est-ce du côté du ciel ou est-il transféré de la terre au ciel ? La réponse à cette question est capitale pour l’identification même du fils d’homme.

 

Mathias Delcor affirme que l’expression précitée ne renferme pas une sorte de manifestation visible de Dieu invisible (théophanie), en avançant que dans le livre d’Enoch éthiopien, la nuée est un moyen de transport de la terre au ciel (Enoch, 14 : 8). Dans ces perspectives, la nuée s’élève de la terre au ciel et un fils d’Homme avec elle. Il s’agit donc de la véritable ascension d’un être à apparence humaine introduit dans la cour céleste pour y recevoir, à la place du quatrième empire, une investiture. Le fils d’Homme est un symbole, comme les quatre bêtes. Ce n’est donc pas un être divin, semi-divin ou une figure angélique descendant du ciel sur la terre pour y apporter le salut, mais un être à ressemblance humaine montant de la terre vers le ciel[25].

 

L’investiture du royaume est conférée au Fils d’Homme par l’Ancien, ce royaume est universel et éternel ; parce qu’il n’y aura pas entre ce royaume et le Jour dernier (la fin du monde) un autre royaume de Dieu ou un royaume quelconque qui le détruirait. En effet, le texte lui-même donne cette impression en disant : « Il ne passera pas et ne sera pas détruit », comme il a été arrivé aux précédents empires.

 

Les saints du Très-Haut, qui recevront le royaume, sont les disciples du Fils d’Homme.

 

Les persécutions, signalées dans le texte, qu’avaient subies les saints pourraient être une allusion aux différentes persécutions qu’avaient subies les sectes juives fidèles à la loi (avant J. –C.) et qu’avaient subies les disciples de Jésus. Après le triomphe du paganisme grec sur la vraie religion du Christ, la persécution  s’est abattue sur les sectes monothéistes comme les ariens et les piscilliens jusqu’à la venue de l’Islam qui a libéré ces opprimés et a fait triompher la véritable religion.

 

Les théologiens chrétiens et les exégètes de la Bible ont tenté d’appliquer ces prophéties à Jésus bien que ce dernier, selon eux, fût condamné à mort par ordre d’un fonctionnaire du quatrième empire - alors au zénith de sa puissance - et que la destruction de ce quatrième empire, décrite dans la vision, ne fût pas produite à sa venue.

 

Ils ont prétendu que cette destruction se réaliserait à la seconde venue de Jésus en travestissant ainsi la réalité historique qu’on ne peut plus cacher. Tout simplement parce que l’empire romain s’est effondré plus tard non par Jésus mais par les Musulmans.

 

Pour bien comprendre ces deux visions ( des chapitres 2 et 7) nous donnerons un aperçu historique sur l’empire romain jusqu’à sa destruction finale.

 

A l’époque de Jésus l’empire romain dominait une grande partie de la terre ; en Asie, en Europe et en Afrique. Cette domination fut d’une dureté et d’une solidité telles que les deux visions, la fait ressembler justement à la dureté du fer. Toutes les insurrections et les révoltes, en Palestine ou ailleurs, furent combattues violemment et sans merci.

 

L’empire a connu durant les trois premiers siècles ap. J. –C. une apogée considérable. Mais malgré cette apparente puissance, la faiblesse, due à divers facteurs, commençait à l’atteindre.

 

Au quatrième siècle les indices d’une division, notamment après la mort de Constantin, commençaient à apparaître[26].

 

Le déluge barbare, les Huns des plaines de la Mongolie, les Goths et les Vandales de Russie, avaient causé la chute de Rome et l’écroulement de l’empire d’occident en 476. Mais cette destruction a favorisé l’unification de l’empire divisé. Cependant, cette unification était fragile ce qui correspond à la fragilité de l’unité entre fer et argile décrite dans la vision.

 

Cet empire, qui est Byzance, s’est renforcé et a eu sous sa domination la Palestine, l’Asie Mineure, la Syrie, la Mésopotamie, l’Egypte et l’Afrique du Nord durant des siècles, et cela jusqu’à la venue de l’Islam.

 

Le début de la révélation du Coran au Prophète Mohammad eut lieu en 610, après des années de persévérance le Prophète réussit à fonder un état à Médine et par la suite la péninsule arabique s’unifia sous sa bannière. Après sa mort, l’expansion de l’Islam a connu une allure très rapide. Nous nous bornons ici à donner quelques détails : « Au milieu du VIIe siècle, l’empire byzantin avait perdu en Orient la Mésopotamie, la Syrie, la Palestine et l’Egypte, conquises par les Arabes ».

 

« Les conquêtes et l’hégémonie arabes, qui firent rayonner l’Islam sur une vaste zone allant de l’Atlantique aux frontières de la Chine et à l’Insulinde, portèrent le coup de grâce à ce qui restait de l’empire romain méditerranéen, bouleversé par les grandes invasions barbares. L’empire romain d’Orient, à son tour, fut ébranlé par les Arabes du VIIe siècle, il ne les arrêta qu’aux prix d’abord, de ses territoires les plus riches et les plus peuplés, la Syrie et l’Egypte, puis de ses dernières possessions en Méditerranée occidentale, l’Afrique et la Sicile. »

 

« Quand, en 1453, les Turcs entrèrent à Constantinople, une nouvelle religion et un nouvel état prirent la place de l’empire chrétien d’Orient. » (Histoire universelle, II, 271).

 

Et ainsi l’empire romain connut sa chute et sa destruction finale par la force de l’Islam, révélation qui a fondé le royaume de Dieu évoqué dans les visions du livre de Daniel.

 

L’expansion de l’Islam ne ressemble à aucune autre, ni à celles qui la précèdent (migration des masses innombrables des nomades de l’Asie lointaine) ni à celles qui l’ont suivie (grandes invasions des Européens jouissant, pour s’imposer, en Amérique et en Afrique, d’une supériorité militaire absolue).

 

L’Arabie  n’était guère peuplée et les Arabes ne possédaient même pas les armes et les techniques militaires de la Perse ou de Byzance. L’empire arabe donc ne se fonda pas sur un rapport de forces lui assurant une écrasante suprématie (cf. R. Garaudy, Promesses de l’Islam, p.23).

 

« La levée » du Prophète, sa victoire en Arabie, la progression fulgurante de ses successeurs régnant, moins d’un siècle après sa mort, sur la quasi-totalité du monde alors connu, à l’exception d’une partie de l’Europe végétante et d’une Chine montant vers son apogée, ne peuvent se comprendre sans reconnaître une place première au message spécifique de l’Islam (Ibid, p. 24). R. Garaudy souligne deux aspects fondamentaux expliquant ce phénomène extraordinaire dans l’histoire humaine : transcendance de Dieu et communauté. Donc les raisons profondes de cette expansion fulgurante furent des raisons internes, liées à l’essence même de l’Islam.

 

L’affirmation radicale de la transcendance de Dieu, en relativisant tous les pouvoirs, postulait une égalité de principe entre tous, et devenait donc un ferment de libération de toutes les oppressions politiques, économiques ou religieuses. C’est ce qui explique pourquoi une seule victoire militaire sur chacun des despotes régnants fait effondrer les empires.

 

Dans chaque cas, après la défaite de la caste dominante détestée du peuple, les Arabes sont accueillis en libérateurs par ceux qui étaient victimes d’une oppression sociale ou politique ou d’une persécution religieuse (Id. p. 35-36).

 

L’ouverture de l’Islam et sa tolérance envers toutes les sectes religieuses expliquent sa rapide pénétration.

 

Cet aperçu historique, bien que bref, sur l’empire romain et sa destruction partielle puis finale en 1453 par les forces de l’Islam, démontre clairement que le royaume de Dieu évoqué dans les visions s’appliquent parfaitement à celui de l’Islam. D’une part, du point de vue des faits : l’empire musulman, constitué au VIIe siècle, est un empire ayant pour principe de fondation une révélation qui lui permet d’être appelé « royaume de Dieu ». D’autre part, la destruction des empires de l’époque, notamment l’empire romain d’Orient, concorde avec les explications données dans le livre de Daniel ; c'est-à-dire que l’écroulement du quatrième empire (l’empire romain) ne s’effectuera qu’après la division et ne se fera que par un royaume de Dieu.

 

Le texte, en effet, précise que lorsque l’empire romain se divisera, en une partie solide (l’empire d’Orient) et une partie fragile (l’empire d’Occident), Dieu suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit. Ce royaume ne passera pas sous la domination d’un autre peuple ; il pulvérisera et anéantira tous ces royaumes-là.

 

1. « Au temps de ces rois, Dieu suscitera », implique qu’après la division et la faiblesse d’une partie de l’empire, le royaume de Dieu sera suscité.

 

2. Ce royaume détruira tous les royaumes de l’époque surtout les plus grands et notamment celui qui domine la Palestine. Ce qui est arrivé.

 

3. Il subsistera éternellement.

 

Il est à signaler que malgré les invasions successives des Croisés, des Mongols-Tartares et des Européens à l’époque moderne, ce royaume existe toujours et absorbe tous les autres peuples (comme les Mongols qui se convertissaient), ou les rejette (comme les Croisés et les colonisateurs).

 

Le texte donne encore une image qui explique la progression et la croissance de ce royaume (comme le faisait Jésus en le comparant au grain de moutarde qui devenait un grand arbre). Le royaume de Dieu c’est cette pierre qui devenait une grande montagne qui remplit toute la terre après avoir détruit tous les royaumes qui le précédaient.

 

*************************

 


 

 

CHAPITRE II 

 

 

MOHAMMAD DANS LE NOUVEAU TESTAMENT 

 

 

Dans le Nouveau Testament on y trouve des prophéties concernant le royaume de Dieu, la nation qui l’instaurera et le prophète qui en sera à la fois précurseur et fondateur.

 

 

I. – Le Royaume de Dieu ou des cieux 

 

« En ce temps-là parut Jean-Baptiste, il prêchait dans le désert de Judée. Il disait : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » (Matthieu, 3 : 1-2).

 

« Dès lors Jésus commença à prêcher, et à dire : Repentez-vous car le royaume des cieux est proche. » (Id. 4 : 17, voir 4 : 23 et Marc, 1 : 15).

 

Jésus a ordonné aux douze Apôtres ceci : « N’allez pas vers les païens, et n’entrez pas dans les villes des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. En chemin, prêchez que le royaume des cieux est proche. » (Matthieu, 10 : 6-7, et voir Luc, 9 : 1-2).

 

« Après cela, le Seigneur en désigna encore 70 autres et les envoya devant lui, deux à deux, dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. Il leur disait… Dans quelque ville que vous entriez, et où l’on vous recevra, mangez ce qu’on vous présentera, guérissez les malades qui s’y trouveront, et dites-leur : le royaume de Dieu s’est approché de vous. » (Luc, 10 : 1, 8-9).

 

Jésus par plusieurs paraboles illustra à ses disciples et aux gens qui écoutaient son enseignement, la grandeur, la gloire et les fruits que produira ce royaume.

 

Les théologiens chrétiens sont d’accord sur le fait que le royaume de Dieu prêché tour à tour par Jean-Baptiste, Jésus et ses disciples, est celui évoqué dans la vision des chapitres 2 et 7 du livre de Daniel.

 

Nous avons vu que ce royaume devait apparaître après la division du quatrième empire en deux : empire d’Occident, qui était fragile, et d’Orient qui était solide. Et à l’apparition de ce royaume, se produirait la destruction du quatrième empire ainsi que celle des autres.

 

Ce royaume de Dieu commença petit puis il s’étendit sur toute la terre.

 

Par diverses paraboles, Jésus a donc confirmé les visions du livre de Daniel. (voir Matthieu, 13 : 24-41 ; 22 : 2-14 ; 25 : 1-30 ; Marc, 4 : 26-32 ; Luc, 13 : 18-21).

 

 

II. – La transmission du Message divin à une Nation fidèle 

 

 

 

Parabole de la Pierre

 

Dans Matthieu, 21 : 33-44, Jésus a dit :

 

« Ecoutez une autre parabole. Il y avait un maître de maison qui planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, y creusa un pressoir et y bâtit une tour, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage.

A l’approche des vendanges il envoya ses serviteurs vers les vignerons, pour recevoir les fruits de la vigne. Les vignerons prirent ses serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre et lapidèrent le troisième. Il envoya encore d’autres serviteurs en plus grands nombre que les premiers ; et les vignerons les traitèrent de la même manière. Enfin, il envoya vers eux son fils, en disant : ils respecteront mon fils. Mais, quand les vignerons virent le fils, ils se dirent entre eux : c’est lui l’héritier, venez, tuons-le, et nous aurons son héritage. Ils le prirent, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Maintenant, lorsque le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? ils lui répondirent : il fera périr misérablement ces misérables et il louera la vigne à d’autres vignerons qui lui donneront les fruits en leur saison. Jésus leur dit : N’avez-vous jamais lu dans les Ecritures : « La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale, celle de l’angle ; c’est du Seigneur que cela est venu, et c’est une merveille à nos yeux. » (Psaume, 118 : 22).

C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à une nation qui en produira les fruits. Quiconque tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. »

(Et voir Marc, 12 : 1-12 ; Luc, 20 : 9-18).

 

Dans cette parabole Jésus a montré l’incrédulité des Juifs envers les prophètes et a annoncé que le message divin serait transmis à une autre nation, tout en appuyant sa parabole par des versets de l’Ancien Testament.

 

Dans cette parabole, le maître de la maison c’est Dieu. La maison c’est le monde. Les vignerons sont ceux qui avaient reçu de Dieu une loi et une Ecriture ; c’est une allusion aux Juifs.

 

Les serviteurs sont les prophètes de Dieu auprès des Juifs.

 

Le dernier que Dieu a envoyé aux Israélites est Jésus, désigné dans la parabole par « le fils ». Ce terme peut être appliqué à Jésus, vu qu’il est le dernier prophète aux Juifs et, un de leurs grands prophètes. Cependant, ce terme a pu être mis dans la bouche de Jésus pour dire qu’il est le fils de Dieu. C'est-à-dire que la communauté chrétienne l’a employé pour désigner Jésus, en le croyant ainsi.

 

Après la rébellion des Juifs et leurs crimes envers sa révélation et ses serviteurs Dieu donne le royaume à une autre nation.

 

La pierre citée dans le texte peut être rapprochée de celle de la vision de Daniel, qui est devenue une grande montagne. Jésus, dans une autre parabole, a employé le grain de moutarde, qui croît et devient un grand arbre, pour illustrer l’expansion du royaume de Dieu.

 

Le texte souligne que la « vigne » c'est-à-dire la parole de Dieu ou sa loi seront données à une autre nation.

 

Jésus a donné des caractéristiques à la « pierre » qui symbolise la nation :

 

  1. 1.            Elle a été rejetée auparavant.
  2. 2.            Elle deviendra la principale, celle de l’angle.
  3. 3.            L’élection de cette pierre provient de Dieu.
  4. 4.            Cette élection est une merveille aux yeux des Israélites.
  5. 5.            Quiconque attaquera cette pierre s’y brisera et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera.
  6. 6.            Elle produira les fruits du royaume de Dieu.

 

 

Celui qui médite sur ces versets constatera que le « fils » cité dans le texte n’est pas « la pierre ». Car après avoir tué le fils[27] comme dit le texte, « la vigne » sera donnée à une autre nation qui est symbolisée par la pierre.

 

Donc les caractéristiques da la pierre se rapportent à la nation et non au fils. Il est dit, en effet, dans le texte que le royaume sera donné à une autre nation. Puis le texte souligne que « celui qui tombera sur cette pierre s’y brisera… » ; ce qui confirme que la pierre est le symbole de la nation précitée.

 

Vérifions maintenant les caractéristiques de cette « pierre » c'est-à-dire de cette nation :

 

1. Elle a été rejetée auparavant.

 

Cette nation a été rejetée et méprisée par les Juifs. En effet, la nation méprisée par les Juifs est celle des Ismaélites (c'est-à-dire les Arabes). Cette attitude des Juifs a été héritée, probablement, de Sara qui avait méprisé sa servante Agar et son fils Ismaël et avait demandé à Abraham de les chasser (voir la Genèse, 21 : 8-13).

 

Dieu, pour provoquer la jalousie des Juifs qui ont transgressé ses commandements et sa loi, suscita cette nation méprisée pour produire les fruits du royaume (Dans le Deutéronome, 32 : 21, Dieu promet de provoquer la jalousie des Juifs par une nation insensée, comme nous l’avons vu).

 

2. Elle deviendra la principale, celle de l’angle.

 

C'est-à-dire après que cette nation ait été méprisée et rejetée, elle deviendra la nation la plus importante.

 

3. L’élection de cette nation provient de Dieu.

 

La révélation donnée à cette nation, le prophète qui lui a été envoyé sont des grâces de Dieu envers elle. Le Coran souligne ces grâces et cette élection dans ces versets : « Dieu a accordé une grâce aux croyants lorsqu’il leur a envoyé un prophète pris parmi eux qui leur récite ses versets ; qui les purifie, qui leur enseigne le livre et la sagesse, alors qu’ils avaient été auparavant dans une erreur manifeste. » (3 : 164), « Vous formez la meilleure communauté suscitée pour les hommes : vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable, vous croyez en Dieu. » (3 : 110).

 

4. Cette élection est une merveille aux yeux des Israélites.

 

Il ne serait pas raisonnable de dire que cette prophétie s’applique à Jésus, tout simplement parce qu’il est Juif ; par conséquent lui-même s’émerveillera de ce qui arrivera.

 

En effet, l’élection de cette nation est une merveille ou un prodige aux yeux des Juifs, surtout pour leurs prophètes. Ceci pour deux raisons, la première consiste dans le fait d’élire une nation méprisée des Juifs ( à l’exception des justes), la seconde réside dans les fruits que produira cette nation bien qu’elle soit insensée, ignorante et aveugle comme la qualifie la prophétie du Deutéronome déjà vue.

 

5. Quiconque attaquera cette nation s’y brisera et celui sur qui elle tombera sera écrasé.

 

Cette nation triomphera de ses ennemis. Par contre les ennemis qui voudraient l’attaquer s’y briseront.

 

6. Elle produira les fruits du royaume de Dieu.

 

 

Toutes ces caractéristiques s’appliquent parfaitement à la nation arabe. Elle a été méprisée et rejetée par les Juifs, ensuite elle est devenue une importante nation grâce à la révélation coranique communiquée au Prophète Mohammad. Cette nation à laquelle a été donné le royaume de Dieu, en a produit les fruits ; le témoignage de l’histoire est suffisant, et tout le monde apprécie les fruits de la civilisation islamique dans tous les domaines de la vie. Les nations et les peuples qui ont attaqué les musulmans depuis 14 siècles furent vaincus (les Croisés, les Mongols, les Tartares et les Européens). Alors que les musulmans se sont fondus sur les divers empires et les ont battus (Romains, Perse, Wisigoth, etc.).

 

 

III. Parabole des ouvriers et de la vigne :

Les derniers seront les premiers

 

Dans une autre parabole Jésus a dit (Matthieu, 20 : 1-16) :

 

«  Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec les ouvriers pour un denier par jour et les envoya dans sa vigne. Il sortit vers la troisième heure, en vit d’autres qui étaient sur la place sans rien faire et leur dit : Allez, vous aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera juste. Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers la sixième, puis vers la neuvième heure, et il fit de même. Vers la onzième heure il sortit encore, en trouva d’autres qui se tenaient encore là et leur dit : Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire ? Ils lui répondirent : c’est que personne ne nous a embauchés. Allez, vous aussi, dans la vigne, leur dit-il. Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : Appelle les ouvriers et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers. Ceux de la onzième heure vinrent et reçurent chacun un denier. Les premiers vinrent ensuite, croyant recevoir davantage ; mais ils reçurent aussi chacun un denier. En le recevant, ils murmurèrent contre le maître de la maison, et dirent : ces derniers venus n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons supporté le poids du jour et la chaleur. Il répondit à l’un d’eux : Mon ami ! Je ne te fais pas tort, n’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui est à toi et va-t-en. Je veux donner à celui qui est le dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire de mes biens ce que je veux ? Ou vois-tu de mauvais œil que je sois bon ? Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers. »

 

Il est à noter que ce passage parle de trois groupes, vu leur attitude et le comportement du maître à leur égard. Le premier groupe est désigné dans le texte par « les premiers », le troisième est désigné par « les derniers » et le deuxième, est celui qui forme le bloc de tous les ouvriers qui sont entre les premiers et les derniers ; nous avons mis tous ces ouvriers dans un même groupe parce qu’ils avaient la même attitude qui était la soumission au maître, sans avoir objecté ou revendiqué.

 

Il est clair que le Maître de la maison est Dieu, la vigne est la loi reçue ou le monde où on pratique les ordres de Dieu. Les divers ouvriers sont les divers peuples et nations qui ont reçu une révélation

 

Les premiers ouvriers sont les Juifs parce qu’ils furent le premier peuple à recevoir une loi divine.

 

Le deuxième groupe d’ouvriers qui n’a pas manifesté d’objections rassemble les divers peuples qui ont reçu une révélation divine. On peut insérer les Chrétiens dans le premier groupe parce que les premiers Chrétiens étaient des Juifs, mais on peut aussi les insérer parmi le deuxième groupe parce qu’il y avait parmi eux des non-Juifs[28]. Les derniers qui ont reçu une révélation divine sont les Musulmans. L’objection des Juifs à leur égard est tout à fait confirmée par les autres textes que nous avons vus comme celui du Deutéronome (32 : 21), et Matthieu (21 : 33-44 ; la pierre, la nation).

 

 

IV. Le fils de l’Homme  

 

Dans Matthieu, 24 : 30-35, Jésus a dit :

 

 

«Immédiatement après ces jours de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune perdra sa clarté, les étoiles tomberont du ciel, les puissances célestes seront ébranlées. C'est alors que le signe du Fils de l'homme apparaîtra dans le ciel. Alors tous les peuples de la terre se lamenteront, et ils verront le Fils de l'homme venir sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire. Il enverra ses anges rassembler, au son des trompettes éclatantes, ses élus des quatre coins du monde, d'un bout à l'autre de l'univers. Que l'exemple du figuier vous serve d'enseignement : quand ses rameaux deviennent tendres et que ses feuilles poussent, vous savez que l'été est proche. De même, quand vous verrez tous ces événements, sachez que le Fils de l'homme est proche, comme aux portes de la ville. Vraiment, je vous assure que cette génération-ci ne passera pas avant que tout cela ne se réalise. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront jamais. »

« Il leur dit encore : en vérité, je vous le dis, quelques-uns de ceux qui se tiennent ici ne goûteront point la mort avant d’avoir vu le royaume de Dieu venir avec puissance. » (Marc, 9 : 1).

 

Nous avons démontré dans l’interprétation de la vision de Daniel que le terme « Fils de l’Homme » ne se rapporte pas à Jésus et nous avons appuyé notre interprétation par le verset de Marc (8 : 38) : « En effet quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’Homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son père avec les saints anges » ; de même nous l’avons appuyée par le témoignage des théologiens : O. Cullmann et Mathias Delcor.

 

Nous avons aussi démontré, suivant l’interprétation de M. Delcor, que l’expression « sur les nuées » a été traduite aussi par « avec les nuées »,  (comme dans Marc, 14 : 62 et Apocalypse, 1 : 7).

 

D’autre part, les changements que subirait des éléments de la nature (soleil, lune, étoile) ne sont que des images poétiques, commodes à l’imagination des sémitiques en général, et des Juifs en particulier. Il se peut que ces images aient été mises dans la bouche de Jésus par la communauté primitive des Chrétiens. Ce qui confirme cette explication c’est que, bien que ces choses se soient produites les habitants de la terre sont encore vivants. Donc l’emploi de ces images souligne simplement la grandeur et la gloire du Fils de l’Homme.

 

Le Fils de l’Homme est le fondateur du royaume de Dieu, comme il apparaît de ce texte. D’ailleurs nous avons vu que le royaume de Dieu, instauré par ce personnage, détruit le 4e empire. Et Jésus dans ce passage-là souligne que le Fils apparaîtra bientôt, même avant la fin de la génération existante à son époque. Ce qui signifie que cette personne qui instaurera le royaume de Dieu apparaîtra à l’époque du quatrième empire. Et c’était pour cela que les Chrétiens de cette génération croyaient que le royaume viendrait vers la fin du premier siècle. Oscar Cullmann le souligne dans son livre, le Nouveau Testament, p. 124 : « il est vrai qu’au début du Christianisme, cette fin a été attendue pour un avenir très proche » « Les premiers Chrétiens, en effet, et Paul lui-même… attendaient le retour du Christ pour leur génération. » p. 52 ( voir aussi, Will Durant,  Histoire de la civilisation, IX, p. 253).

 

Donc nous sommes face à deux hypothèses : ou bien ce texte est faussement attribué à Jésus. Ou bien, tout simplement, le texte veut affirmer que le temps de l’instauration du royaume de Dieu et l’avènement du Fils de l’Homme sont très proches parce qu’ils se produiront à l’époque même du quatrième empire qui existait déjà.

 

La dernière hypothèse est inéluctable même pour les Chrétiens bien qu’ils aient essayé de l’interpréter autrement.

 

Le texte, en effet, affirme que cet avènement est très proche, en donnant des exemples pour l’expliquer. D’ailleurs les autres textes que nous avons vus parlent de l’avènement du royaume de Dieu et montrent qu’il est très proche[29].

 

En conclusion, nous nous posons la question : si les visions de Daniel montrent que le royaume de Dieu détruira le 4e empire, et si les récits du Nouveau Testament affirment que le royaume de Dieu est proche, ces textes ne visent-ils donc pas le royaume instauré par le Prophète Mohammad ?

 

 

 

V. Le grand Messie n’est pas un fils de David 

 

Dans Matthieu, 22 : 41-44, il est dit :

 

« Comme les Pharisiens étaient assemblés, Jésus leur posa cette question : Que pensez-vous du Christ ? De qui est-il le fils ? ils lui répondirent : de David. Et Jésus leur dit : comment donc David, animé par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, lorsqu’il dit : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds » ? (Psaume 110 : 1). Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils ? Nul ne put lui répondre un mot. » (voir aussi : Marc, 12 : 35-37 ; Luc, 20 : 41-44).

 

Jésus a démontré aux Juifs que celui qu’on appelait « Christ » (c'est-à-dire Messie = Oint de Dieu) n’est pas un descendant de David comme ils le prétendaient. Et pour les convaincre il cite le verset 1 du Psaume 110 où David appelle « Le Christ », « mon Seigneur ». Or s’il était son fils il ne l’aurait pas appelé « mon Seigneur » ; car le père est plus grand que son fils.

 

Cette affirmation de Jésus nous suggère deux hypothèses :

 

1- La première hypothèse : si le « Christ » est Jésus, alors Jésus ne serait pas le fils de David, et les versets qui se trouvent soit dans l’Ancien Testament, soit dans le Nouveau, considérant le Christ comme descendant de David seront faux ( comme dans Matthieu, 1 : 6 ; 9 : 27 ; Luc, 1 : 31-32 ; 3 : 32 ; Jean, 7 : 42, etc.).

 

Il est à souligner que Jésus n’a jamais dit en parlant de David : « Mon père David » (ex : Marc, é : 25-26).

 

Si cette hypothèse se confirme, Jésus n’aurait pas le trône de David et ne serait pas le Grand Christ qu’on attendait.

 

En effet, cette déduction est confirmée par d’autres faits bibliques :

 

Nous savons bien que Zacharie, père de Jean-Baptiste, était le sacrificateur (voir Luc, 1 : 5) ce qui implique qu’il est de la descendance d’Aaron. Le verset de Luc rapporte qu’il est de la classe d’Abia (ou Abija). Abia, comme le montre le verset 10 du chapitre 24 du premier livre des Chroniques, est un descendant d’Aaron. En outre la femme de Zacharie est aussi de la descendance d’Aaron comme le rapporte le verset 5 du chapitre 1 de Luc. Et du verset 36 du même chapitre, nous apprenons que Marie, mère de Jésus, est parente d’Elisabeth, femme de Zacharie. Il est donc très probable que Marie, elle-même, fut une descendante d’Aaron, ce qui nous amène à conclure que Jésus qui n’a que la mère est un descendant d’Aaron et non de David.

 

2- La deuxième hypothèse : si Jésus est le fils de David comme le soulignent les évangélistes, le « Christ » dont il est question dans les versets précités (de Matthieu et du Psaume) ne serait pas Jésus mais un autre qui n’est pas descendant de David.

 

Dans ce cas le titre « Christ » ne désigne pas forcément Jésus mais peut être porté par n’importe quel autre prophète. Cependant, le « Christ » dont parlent ces versets ne peut être que le grand Messie[30].

 

Ce dernier ne serait pas un descendant de David[31].

 

 

VI. – Le Prophète attendu 

 

Dans Jean, 1 : 19-25, il est dit :

 

« Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites pour lui demander : Toi, qui es-tu ? Il confessa sans le nier, il confessa : Moi, je ne suis pas le Christ. Et ils lui demandèrent : Quoi donc ? es-tu Elie ? Et il dit : Je ne le suis pas. Es-tu le Prophète ? et il répondit : Non. Ils l’interrogèrent et lui dirent : Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es pas le Christ, ni Elie, ni le Prophète ? ».

 

Et dans 7 : 40-41, il est écrit :

 

« Des gens de la foule, après avoir entendu ces paroles, disaient : celui-ci est vraiment le Prophète. D’autres disaient : celui-ci est le Christ. »

 

De ces deux textes nous constatons qu’il y a une distinction nette entre le Christ et le Prophète (dont parle la prédiction du Deutéronome, 18 : 15, déjà vue), et ce Prophète, jusqu’à l’époque de Jésus, n’était pas encore apparu. Qui est-il donc ? (voir la 1e prophétie de l’Ancien Testament).

 

 

VII.- Le Prophète est plus puissant que Jean-Baptiste 

 

Dans Matthieu, 3 : 1, 7-12, il est dit :

 

« En ce temps-là, parut Jean-Baptiste. Il se mit à prêcher dans le désert de Judée. Il disait : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche…

Comme il voyait venir au baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit : Espèces de vipères ! Qui vous a enseigné à fuir la colère de Dieu qui va se manifester ? Montrez plutôt par vos actes que vous avez changé de vie. Ne vous imaginez pas qu'il vous suffit de répéter en vous-mêmes : « Nous sommes les descendants d'Abraham. » Car, regardez ces pierres : je vous déclare que Dieu peut en faire des enfants d'Abraham. Attention : la hache est déjà sur le point d'attaquer les arbres à la racine. Tout arbre qui ne produit pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l'eau, en signe de votre changement de vie. Mais quelqu'un vient après moi : il est bien plus puissant que moi et je ne suis même pas digne de lui enlever les sandales. C'est lui qui vous baptisera d’Esprit Saint et de feu. Il tient en main sa pelle à vanner, il va nettoyer son aire de battage et amasser le blé dans son grenier. Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteindra jamais. » (voir aussi, Luc, 3 : 7-9 et 15-17).

 

 

Jean-Baptiste dans ce texte a déclaré aux Pharisiens et aux Sadducéens qui prétendaient être de la descendance d’Abraham mais sans accomplir ses œuvres, que Dieu pourrait susciter, des pierres, des enfants à Abraham. Cela suggère que les autres fils d’Abraham, notamment les descendants d’Ismaël, pouvaient recevoir la lumière divine.

 

D’autre part, Jean-Baptiste, a assimilé les Juifs qui ne pratiquaient pas les bonnes œuvres à un arbre qui ne produit pas de fruits. Cette expression ressemble à la parabole de Jésus où il dit que le royaume de Dieu sera donné à une autre nation qui en produira les fruits.

 

Ensuite, Jean-Baptiste évoque la personne qui doit venir après lui et qui sera le prince du royaume qui est proche. Cette personne est plus grande que Jean, et baptisera les Juifs de deux choses : par l’Esprit Saint et par le feu. C'est-à-dire qu’elle baptisera ceux des Juifs qui croiront en lui d’Esprit saint, et par le feu ceux qui ne croiront pas en lui.

 

Ces deux caractéristiques ne s’appliquent pas à Jésus, car selon les évangélistes, Jésus a été livré par les Juifs au gouverneur romain pour le crucifier. Il ne les avait donc pas baptisés par le feu.

 

Par contre le prophète Mohammad a baptisé ceux des Juifs qui ont cru en lui par l’Esprit Saint ; c'est-à-dire la révélation coranique. Et a baptisé ceux parmi eux qui n’ont pas cru en lui de feu ; c'est-à-dire il les a tués et par conséquent ils étaient entrés en Enfer. La parabole de Jean-Baptiste montre que l’arbre qui ne produit pas de fruit on le jette au feu ; ce qui est arrivé effectivement par le truchement du prophète Mohammad et non par Jésus.

 

 

VIII. – Le Vainqueur de l’Apocalypse 

 

Dans l’Apocalypse, 2 : 26, Jésus a dit :

 

« Au vainqueur, à celui qui garde mes œuvres jusqu’à la fin, je donnerai autorité sur les nations. Avec un sceptre de fer il les fera paître, comme on brise les vases d’argile, ainsi que j’en ai reçu moi-même le pouvoir de mon père. Et je lui donnerai l’étoile du matin.»

 

 

Qui est ce vainqueur qui aura autorité sur les nations après Jésus ? Et qui recevra l’étoile du matin ? (l’étoile du matin désigne très probablement la révélation).

 

Il n’existait personne d’autre qui ait été vainqueur de ses ennemis, qui ait eu l’autorité sur les nations et qui ait reçu une lumière divine (la révélation) que le prophète Mohammad.

 

Dans l’Apocalypse, 6 : 1-2, il est écrit :

 

« Je regardai, quand l’Agneau ouvrit un des sept sceaux, et j’entendis l’un des quatre êtres vivants dire comme d’une voix de tonnerre : Viens. Je regardai, et voici un cheval blanc. Celui qui le montait tenait un arc ; une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur et pour vaincre. »

 

Selon les exégètes l’Agneau est Jésus, donc celui qui montait le cheval blanc ne serait pas lui, c’est la même personne vue plus haut, appelée vainqueur et qui aura une autorité sur les nations.

 

Voir aussi l’Apocalypse, 19 : 11-21 et 20 : 1-8 ; où on décrit une personne tout en lui donnant les surnoms : « Fidèle » et Véritable ».

 

Nous signalons que ces deux surnoms donnés à cette personne sont ceux du prophète Mohammad ; on les  lui avait donnés par ses compatriotes mecquois, vu ses qualités vertueuses, avant  même qu’il reçoive la révélation et la prophétie.

 

Quant au terme « Christ », cité dans ce texte, il ne s’agit pas forcément de Jésus, comme nous l’avons démontré auparavant.

 

Le terme « bête », quant à lui, désigne l’empire romain selon les exégètes chrétiens. Le texte souligne que le  « Fidèle et Véritable » a vaincu la bête et l’a tuée. En effet l’empire romain fut détruit par les Musulmans.

 

Le règne de mille ans, est celui de la civilisation islamique du VIIe siècle au XVIIe siècle où les Européens ont commencé à étendre leur règne sur le monde. Le texte signale qu’après les mille ans, Satan sera relâché de sa prison ; ce qui s’applique avec l’hégémonie des Européens qui ont vulgarisé l’athéisme et l’incrédulité dans le monde soit par leurs philosophies, soit par leurs crimes, vis-à-vis des autres peuples. Mais ce règne ne durera pas comme le souligne le texte.

 

 

IX. Le Paraclet de l’Evangile de Jean[32] 

 

Jean est le seul évangéliste à rapporter, à la fin du dernier repas de Jésus, l’épisode des ultimes entretiens avec les Apôtres, qui se termine par un très long discours : quatre chapitres de l’Evangile de Jean (14 à 17) sont consacrés à cette narration, dont on ne trouve aucune relation dans les autres évangiles. Et, pourtant, ces chapitres de Jean traitent des questions primordiales, de perspectives d’avenir d’une importance fondamentale, exposées avec toute la grandeur et la solennité qui caractérisent cette scène des adieux du Maître à ses disciples.

 

Comment peut-on expliquer que fasse entièrement défaut chez Matthieu, Marc et Luc le récit d’adieux si touchants qui contiennent le testament spirituel de Jésus ? On peut se poser la question suivante : le texte existait-il initialement chez les trois premiers évangélistes ? N’a-t-il pas été supprimé par la suite ? Et pourquoi ? Disons tout de suite qu’aucune réponse ne peut être apportée ; le mystère reste entier sur cette énorme lacune dans le récit des trois premiers évangélistes.

 

Ce qui domine le récit est la perspective de l’avenir des hommes évoquée par Jésus et le souci du Maître d’adresser à ses disciples et, par eux, à l’humanité entière, ses recommandations et ses commandements et de définir quel sera en définitive le guide que les hommes devront suivrent après sa disparition. Le texte de l’Evangile de Jean et lui seul désigne explicitement sous le nom grec de Parakletos, devenu Paraclet en français. En voici, selon la traduction œcuménique de la Bible, Nouveau Testament, les passages essentiels :

 

« Si vous m’aimez, vous vous appliquerez à observer mes commandements ; moi je prierai le Père : il vous donnera un autre Paraclet.» (14 : 15-16).

 

Que signifie Paraclet ? Le texte que nous possédons actuellement de l’évangile de Jean explique son sens en ces termes :

 

« Le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous communiquera toutes choses, et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit » (14 : 26).

 

« Il rendra lui-même témoignage de moi » (15 : 26). « C’est votre avantage que je m’en aille ; en effet, si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ; si au contraire je pars, je vous l’enverrai. Et lui, par sa venue, il confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement… » (16 : 7-8).

 

« Lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité toute entière, car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu’il entendra et il vous communiquera tout ce qui doit venir. Il me glorifiera… » (16 : 13-14).

 

( A noter que les passages non cités ici des chapitres 14 à 17 de l’Evangile de Jean ne modifient aucunement le sens général de ces citations).

 

Si l’on en fait une lecture rapide, le texte français qui établit l’identité du mot grec Paraclet avec l’Esprit Saint n’arrête pas le plus souvent l’attention. D’autant plus que les sous-titres du texte généralement employés dans les traductions et les termes des commentaires présentés dans les ouvrages de vulgarisation orientent le lecteur vers le sens que l’orthodoxie veut donner à ces passages.

 

Il semble curieux que l’on puisse attribuer à l’Esprit Saint le dernier paragraphe cité plus haut : « il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu’il entendra et il vous communiquera tout ce qui doit venir ». Il parait inconcevable qu’on puisse prêter à l’Esprit Saint les pouvoirs de parler et de dire ce qu’il entend.

 

Pour avoir une idée exacte du problème, il est nécessaire de se reporter au texte grec de base, ce qui est d’autant plus important que l’on reconnaît à l’évangéliste Jean d’avoir écrit en grec et non en une autre langue. Ce texte grec consulté fut celui de Novum testamentum Greace (Nestlé et Aland, 1971).

 

Toute critique textuelle sérieuse commence par la recherche des variantes. Il apparaît ici que, dans l’ensemble des manuscrits connus de l’Evangile de Jean, il n’existe pas d’autre variante susceptible d’altérer le sens de la phrase que celle du passage 14 : 26 de la fameuse version en langue syriaque appelée Palimpseste (écrit au IVe ou Ve siècle et découvert au mont Sinaï, en 1812 par Agnès S. Lewis). Ici, on ne mentionne pas l’Esprit Saint, mais l’Esprit tout court. Le scribe a-t-il fait un simple oubli ? Ou bien placé en face d’un texte à recopier qui prétendait faire entendre et parler l’Esprit Saint, n’a-t-il pas osé écrire ce qui lui paraissait être une absurdité ?

 

L’essentiel est que ce qui est exposé ici sur la signification précise des verbes « entendre » et « parler » vaille pour tous les manuscrits de l’Evangile de Jean et c’est le cas.

 

Le verbe « entendre » de la traduction française est le verbe grec akouô, qui signifie percevoir des sons. Il a donné, par exemple, en français le mot acoustique, en anglais acoustics, qui est la science des sons.

 

Le verbe « parler » de la traduction française est le verbe grec laleô, qui a le sens général d’émettre des sons et le sens particulier de parler. Ce verbe revient très souvent dans le texte grec des Evangiles pour désigner une déclaration solennelle de Jésus au cours de sa prédication. Il apparaît donc que la communication aux hommes dont il est fait état ici ne consiste nullement en une inspiration qui serait à l’actif de l’Esprit Saint, mais elle a un caractère matériel évident en raison de la notion d’émission de son, attachée au mot grec qui la définit.

 

Les deux verbes grecs akouô et laleô définissent donc des actions concrètes qui ne peuvent concerner qu’un être doué d’un organe de l’audition et d’un organe de la parole. Les appliquer par conséquent à l’Esprit Saint n’est pas possible.

 

Ainsi, tel qu’il nous est livré par les manuscrits grecs, le texte de ce passage de l’Evangile de Jean est parfaitement incompréhensible si on l’accepte dans son intégrité avec les mots Esprit Saint de la phrase (14 : 26) : « le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom… », etc., seule phrase qui, dans l’Evangile de Jean, établit l’identité entre Paraclet et Esprit saint.

 

Mais si l’on supprime les mots Esprit Saint de cette phrase, tout le texte de Jean présente une signification extrêmement claire. Elle est d’ailleurs concrétisée par un autre texte de l’Evangéliste, celui de la première épître où Jean utilise le même mot pour désigner tout simplement Jésus en tant qu’intercesseur auprès de Dieu. Et quand Jésus dit, selon Jean (14 : 16) : « Je prierai le Père : il vous enverra un autre Paraclet », il veut bien dire qu’il sera envoyé aux hommes un « autre » intercesseur, comme il l’a été lui-même, auprès de Dieu en leur faveur lors de sa vie terrestre.

 

On est alors conduit en toute logique à voir dans le Paraclet de Jean un être humain comme Jésus, doué de faculté d’audition et de parole, facultés que le texte grec de Jean implique de façon formelle. Jésus annonce donc que Dieu enverra plus tard un être humain sur cette terre pour y avoir le rôle défini par Jean qui, soit dit en un mot, celui d’un prophète entendant la voix de Dieu et répétant aux hommes son message. Telle est l’interprétation logique du texte de Jean si l’on donne aux mots leur sens réel.

 

La présence des mots Esprit Saint dans le texte que nous possédons aujourd’hui pourrait fort bien relever d’une addition ultérieure tout à fait volontaire, destinée à modifier le sens primitif d’un passage qui, en annonçant la venue d’un prophète après Jésus, était en contradiction avec l’enseignement des Eglises chrétiennes naissantes, voulant que Jésus fût le dernier des prophètes. (Fin de citation).

 

D’autre part, ce Paraclet rendra témoignage de Jésus, mais l’Esprit saint auquel on identifie le Paraclet n’avait témoigné pour personne. Les Apôtres n’avaient pas besoin de ce témoignage parce qu’ils croyaient en Jésus avant la venue de cet Esprit. D’ailleurs, les Apôtres rendront aussi témoignage de Jésus parce qu’ils étaient avec lui depuis le début de son ministère. Cette similitude entre ces deux témoignages confirme que ce Paraclet  est un être humain comme les Apôtres. Eux ils étaient avec Jésus, lui il ne l’était pas, mais Dieu lui communiquera ce qu’il dira de Jésus. Or si le Paraclet est l’Esprit Saint il en résultera une contradiction car l’Esprit Saint est avec Jésus depuis qu’il est dans le sein de sa mère. Après son baptême, fut par Jean-Baptiste, l’Esprit a descendu sur lui comme une colombe. Nous citons quelques versets qui montrent ces faits : Luc, 1 : 35 :  « Le Saint Esprit viendra sur toi (Marie), et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre… » Luc, 3 : 22 : « Et l’Esprit saint descendit sur lui… comme une colombe. » (voir aussi Luc, 4 : 1, 14, 18 ; Marc, 1 : 10-12 ; Matthieu, 1 : 18 ; 3 : 16 ; 4 : 1 ; et d’autres).

 

En outre le témoignage que rendra le Paraclet est indépendant de celui des Apôtres ; ce qui implique qu’il n’est pas l’Esprit Saint. Ce dernier n’avait pas de témoignage indépendant  lorsqu’il a été descendu sur les Apôtres. C’étaient eux qui parlaient et non lui.

 

Par ailleurs, le départ de Jésus était une condition pour que le Paraclet vienne. Or comme nous l’avons vu l’Esprit Saint est toujours avec Jésus, le fortifiant, l’animant, et par lui il chasse les démons ( voir Matthieu, 12 : 22 ; Marc, 3 : 20-30 ; Luc, 10 : 21).

 

D’autre part, d’autres caractéristiques données au Paraclet ne peuvent être celles de l’Esprit Saint : « Et quand il sera venu, il confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement. »(16 : 7-8).

 

L’Esprit Saint qui a été descendu sur les Apôtres ( Actes, 2 : 1-4) le jour de la Pentecôte, n’avait point reproché ou confondu quelqu’un, même par l’intermédiaire des Apôtres ; car leur rôle était d’annoncer la bonne nouvelle et non de juger ou de confondre.

 

« de péché parce qu’ils ne croient pas en moi » (16 :9).

 

Ceci implique que ce Paraclet sera vainqueur de ceux qui ne croyaient pas en Jésus et les confondra ( la majorité des Juifs ne croyaient pas en lui). Mais l’Esprit Saint n’était point vainqueur du monde et n’avait reproché à personne sa mécréance en Jésus.

 

En outre Jésus a dit aux Apôtres : « j’ai beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les comprendre maintenant. Quand il sera venu, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car ses paroles ne viendront pas de lui-même, mais il parlera de ce qu’il aura entendu et vous annoncera les choses à venir. » (16 : 12-13).

 

A la descente de l’Esprit Saint, les Apôtres n’avaient pas compris de nouvelles choses qu’ils ne pouvaient comprendre auparavant.

 

Par ailleurs, il est à noter que dans les premiers siècles du Christianisme plusieurs personnes ont prétendu être le Paraclet promis par Jésus : « Montan lui-même prophétisait avec une extase si éloquente que ses disciples phrygiens, cédant au même enthousiasme religieux qui avait autrefois engendré Dionysos saluèrent en lui le Paraclet promis par Jésus. »(Wille Durant, Histoire de la civilisation, IX ; 255).

 

Donc ce Paraclet est un être humain. Il entend la parole divine et la transmet aux hommes, il rend témoignage à propos de Jésus, comme les Apôtres. Il n’arrivera qu’après Jésus, et à sa venue il confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement. Ce Paraclet ne peut-il pas être le Prophète Mohamad qui a rendu témoignage au sujet de Jésus et qui a confondu le monde ?

 


 

 

 

 

Conclusion

 

Toutes les prophéties que nous avons vu parlent d’un prophète comme Moïse, suscité d’entre les frères des Israélites. Il ne parle pas de son propre chef (Deutéronome,18 : 15-22).

 

Attendu par les juifs, et jusqu’à l’époque de Jésus il n’était pas encore apparu (Jean,1 : 19,25). Il n’est pas le fils de David (Matthieu, 22 : 41-44). Il rendra témoignage de Jésus, viendra après lui et confondra le monde en matière de péché, de Justice et de jugement (Jean, 15 : 26 ; 16 : 7-8). Attendu des Sectaires de Qumran avec deux messies, auquel le bâton de commandement et l’insigne du législateur seront donnés et par conséquent éloignés de Juda (Genèse, 49 : 10), c’est un vaillant guerrier, il combat pour la cause de la vérité et de la justice. Il est le plus beau des hommes. Il sera obéi par des peuples et il vaincra de nombreuses nations. Les filles de rois seront parmi ses favorites ( des épouses), les rois lui enverront des présents et des cadeaux, ses fils règneront après lui ( psaumes,45 : 2-18 ; 72 : 1-17 ; Esaie, 42 : 1-9).

 

Il fait naître une nation d’une manière extraordinaire qui bouleversera le monde (Esaie, 66 : 7-9).

 

Cette nation est méprisée par les Juifs, elle est insensée( Deutéronome, 32 : 21). Le royaume lui sera transmis pour en produire les fruits( Matthieu, 21 : 33-44).

 

Une nouvelle religion ( le Cantique nouveau) s’établira parmi les fils de Qédar et de Nebayoth ( fils d’Ismaël) (Esaie,42 : 9-17 ; 60 : 15-16). Les fils d’Ismaël et tous les Arabes se rassembleront dans une ville sacrée pour offrir des holocaustes sur l’autel de Dieu et pour servir la maison de Dieu (Esaie,60 : 15-16). Cette maison sera servi par les rois. Les habitants de cette ville se répandront à droit (Est) et à gauche (Ouest), vaincront les nations et hériteront d’elles (Esaie, 54 : 9-17). Ils étaient auparavant dans les ténèbres et adoraient les idoles (Esaie,54 : 17). Ils seront plus nombreux que les Israélites (Esaie, 54 : 1).

 

La révélation divine apparaîtra à Témân et à la montagne de Pâran  en Arabie (Deutéronome, 33 : 1-3, Esaie 35 ; Habaqup 3 : 1-3). La paix se rétablira en cet endroit (Esaie, 60).

 

Ce prophète mobilisera sa nation et instaurera le royaume de Dieu qui détruira le quatrième empire (Romain) ainsi que les autres (Daniel, 2 : 31-45 ; 7 : 1-28). A l’époque de Jésus l’avènement de ce royaume était proche (Matthieu, 3 :1-2 ; 4 : 17 ; Marc, 1 : 15 ; Luc, 9 : 1-2).

 

Toutes ces caractéristiques, ne sont-elles pas celles du Prophète Mohammad, de la nation arabe, de la Mecque, de l’Arabie et de la civilisation islamique ?

 


[7] Mais il est mentionné dans les documents découverts ultérieurement : comme quelques fragments d'un Evangile perdu trouvés au Yémen, qui mentionnent le nom Ahmad (c'est-à-dire Mohammad) comme nom du prophète attendu. Ainsi que l'Évangile de Barnabé découvert au 17e siècle en Prusse (actuelle Allemagne), rédigé en italienne. Il fut traduit en anglais puis en d'autres langues parmi lesquelles l'arabe en 1930 par un Egyptien chrétien. Il fut réédité par Dar al-Qalam au Koweit.

 

[8] Les manuscrits de la Mer Morte, Millar Burrows ; traduit de l'américain par M. Glotz et M.T..Frank. Ed. Robert Laffont, Paris 1970, p. 345.

 

[9] Quant aux Témoins de Jéhovah, qui prétendent que Jésus est le Fils de Dieu (mais sans le proclamer un Dieu), il parait impossible d'établir une comparaison entre les deux, car entre un Fils de Dieu et un simple être humain il n'y a aucune ressemblance, soit dans leur essence, soit dans les conséquences qui s'ensuivent : comme les péchés pour Moïse (selon la croyance des Chrétiens) et l'impeccabilité, pour Jésus.

[10] La vraie traduction du mot « Para » est « nombreuse ». Les Chrétiens l'ont traduit par un âne sauvage; ce qui est indigne d'un juste homme comme Ismaël. Donc la phrase authentique est la suivante: « Sa postérité sera nombreuse ».

[11] Cette prophétie ne concerne pas les Edomites, les frères des Israélites, parce que selon la Bible: Genèse, 27: 1-40, Isaac a béni Jacob et a privé Esaü, qui sera le père des Edomites ; donc le Prophète attendu ne sera pas un descendant d'Esaü.

[12] Nous en parlerons plus tard en détails.

[13] Voici une note de la traduction Segond, concernant le terme Dieu (Paris 1978) p.584 :  « L'Ancien testament applique parfois le terme dieu à des hommes (Psaumes 92 : 6 ; Exode, 4 : 16 ; comp. Jean, 10 : 34-35); Ici il s'applique au roi. Une autre traduction pourrait dire : C'est pourquoi, ton Dieu t'a oint. ».

[14] Voir Tirmidi, Chama’il ; Baladzuri, 1831-832 ; Ibn Sa’d, I : 2, p.120-131.

[15] Voir également la phrase du texte suivant (Psaume, 72 : 15) : « On priera pour lui sans cesse, on le bénira tout le jour. ». Il faut méditer sur l’expression « on priera pour lui » qui convient parfaitement au Prophète Mohammad ; alors que pour Jésus le texte aurait du dire : « On le priera » puisqu’il est un Dieu selon la croyance chrétienne.

[16] Nombreux sont les chercheurs qui établissent des liens entre le groupe assédien ( les Hassidim c'est-à-dire les pieux) du IIe siècle av J.-C., les Esséniens qui leur succédèrent et qui représentaient leur lignée fidèle à la loi de Moïse, et les sectaires de Qumrân. « En effet, il est à peu près unanimement admis que le mouvement essénien auquel ces manuscrits (de Qumrân) appartiennent plonge ses racines dans le mouvement assidéen. Un certain nombre de rapprochement s'imposent... Les Assidéens sont dévoués à La loi... ils sont organisés en une sorte de congrégation (comme les sectaires de Qumrân) ... Les Hassidim sont enfin attachés aux fils d'Aaron qui avaient une grande place à Qumrân. (Mathias Delcor. le Livre de Daniel. p. 17 ; J. Gabalda et Cie. paris 1971) ; en outre, l'auteur note des rapprochements de vocabulaire entre le Livre de Daniel, supposé assidéen par lui, et les documents de Qumrân. Il est à noter, en plus, que deux tribus des juifs de Médine ( les Nadirites et les Quraïzites) en Arabie, sont des fils d'Aaron (voir la biographie du Prophète Mohammad : La Sira d'Ibn Hichâm. 3 : 118 où le poète Abbas Ibn Mirdas, dans les vers 1 et 5, évoque cette réalité ; et voir aussi Ibn Hichâm, 1 : 18, édition de 4 tomes). Ces deux tribus attendaient un Prophète qui devait sortir d'Arabie.

[17] Selon la signification du terme « Messie », le Prophète, évoqué dans ce texte ou dans d’autres, est aussi un Messie ; tout en étant le Grand Messie. Par contre le Messie d’Israël serait le grand Messie d’Israël seulement.

[18] Pour s’assurer que les sacrificateurs étaient tous descendants d’Aaron , voir : ( Exode,40 : 15 ; Nombres, 18 : 7 ) et pour se renseigner sur leurs fonctions, voir : ( Lévitique, 9 : 8-21 ; Nombres, 16 : 40 ; 2 Chroniques 15 : 3 ; Ezéchiel, 7 : 26 ; 1 Samuel , 22 : 10 ).

[19] Voir les Manuscrits de la Mer Morte, p. 219-20.

[20] Ou Nabucodonosor.

[21] Mathias Delcor souligne qu’ « il faut exclure toute interprétation pessimiste de la succession des empires, présentée selon le schéma des métaux. Le chapitre 2 n’enseigne pas que l’humanité dégénère du fait de la valeur décroissante des métaux qui, dans la statue, servent à composer les diverses parties du corps humain. Aucun jugement moral n’est porté dans le texte sur chacun des empires et la succession des métaux marque uniquement le déroulement du temps ».

[22] En effet les vv. 20-26 du chap. 8 donnent le détail sur ce qui est dit sommairement dans le chap.2. Le bélier du chap.8 à deux cornes symbolise le pouvoir combiné des rois Perses et Mèdes. Ils sont donc considérés comme une unité politique ; dans le chap.2 cette unité est symbolisée par la poitrine qui s’associe aux bras.

.

[23] Après la mort d’Alexandre en 323 av. J. -C. son empire fut divisé entre ses généraux. Séleucus fonda l’empire séleucide, (en Syrie, Perse, Mésopotamie, Arménie, Palestine), Ptolémée celui des Ptolémées(en Egypte), Antipater eut  la  Macédoine et la Grèce et Lysimaque la Thrace.

[24] Les exégètes de la Bible donnent la même interprétation que nous venons de donner ; par exemple C.I. Scofield, dans la note réservée à ce chapitre (2) écrit : « Les quatre métaux de la statue symbolisent quatre empires qui n’exercèrent pas nécessairement leur pouvoir sur toute la terre habitée, … : ce sont les empires, babylonien, médo-perse, grec (d’Alexandre) et romain. Cette dernière puissance se partage d’abord en deux (les jambes), les empires romains d’Orient et d’Occident, puis en dix (les orteils). Dans son ensemble, la statue donne une idée impressionnante de la grandeur et de la splendeur des grandes puissances terrestres.

La Pierre (Christ) détruit l’édifice international (dans sa forme final) de façon subite et irrémédiable, et non pas par une suite de changements et de transformations graduelles… Or une telle destruction de l’organisation politique mondiale ne s’est pas produite à la première venue du Christ. Au contraire, le Seigneur fut condamné à mort par ordre d’un fonctionnaire du quatrième empire, alors au zénith de sa puissance. Après la mort du Christ, cet empire s’écroula : en 476, sa partie occidentale, sa partie orientale en 1453. » ( Segond, nouvelle édition de la Bible, éd. Société biblique de Genève 1975).

[25] Le Fils de l’Homme dans les Evangiles. Outre les synoptiques, le Fils de l’Homme est mentionné dans le IVe Evangile, dans les Actes et l’Apocalypse.

L’emploi de cette expression mise dans la bouche de Jésus par les évangélistes est contesté par l’exégèse contemporaine qui a tendance à mettre au compte de la communauté cette manière de désigner Jésus. C'est-à-dire ceux qui ont vu en Jésus le Prophète attendu et le Précurseur du royaume de Dieu, empruntèrent ce terme « Fils d’homme » du livre de Daniel et l’appliquèrent à Jésus. A propos de ce terme appliqué à Jésus, O. Cullmann, N.T. p. 29-30, écrit : « Deux questions se posent ici. La première est de savoir si le titre de « fils de l’homme » a été réellement revendiqué par Jésus ou s’il lui a été décerné seulement par la communauté chrétienne primitive. La seconde est de connaître le sens de ce titre. Son application à Jésus n’est pas du tout courante dans le Christianisme primitif. Nous la rencontrons chez Marc et les autres évangélistes seulement quand ils font parler Jésus ; jamais lorsqu’un interlocuteur de Jésus s’adresse à lui ; jamais non plus, les évangélistes ne le nomment eux-mêmes ainsi. Ils ont donc gardé le souvenir précis que seul Jésus se désignait comme Fils de l’Homme. »

Mais nous faisons valoir qu’en Marc 8 : 38, non seulement Jésus ne s’appelle pas Fils de l’Homme mais se distingue de lui : « celui qui aura honte de moi et de mes paroles… le Fils de l’Homme aura honte de lui lorsqu’il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges », et Luc, 12 : 8-9.

[26] En effet, à la mort de l’empereur romain Théodore le Grand en 395, l’empire fut scindé entre ces deux fils : l’Orient pour Arcadius, l’Occident pour Honorius.

[27] En fait que les Juifs avaient l’intention criminelle de tuer Jésus, la parabole souligne cette culpabilité en illustrant l’intention volontaire à exécuter l’acte criminel.

[28] En effet, cette interprétation est confirmée par les faits historiques : une grande majorité des Chrétiens, notamment d’Orient, s’était convertie à l’Islam. Par contre il n’y eut qu’une minorité infime de Juifs à embrasser l’Islam.

[29] Les anges du Fils de l’Homme, cités dans le texte, sont ses disciples. La trompette c’est la révélation annoncée aux nations.

[30] Le mot « oint » = Messie = Christ, s’applique soit au roi, soit au prêtre (cf. Lévitique, 4 : 3 ; Esaie, 12 : 3). Ce titre peut même être porté par un roi étranger, nommément Cyrus roi de Perse (cf. Esaie, 45 : 1). Ce titre est donné soit à un chef israélite, soit à un chef étranger.

Les Juifs ont voulu cacher cette réalité biblique en prétendant que le Grand Messie est un descendant de David ; mais Jésus est venu pour leur démontrer que la réalité est tout à fait le contraire. C’est pour cela que lorsque Jésus (Luc, 20 : 16) a déclaré que le royaume de Dieu sera transféré à une autre nation, ils avaient dit : « Qu’il n’en soit pas ainsi !». C’est la raison pour laquelle ils avaient essayé de l’arrêter à chaque occasion.

Et n’oublions pas que ce Grand Messie sera issu de la nation qu’ils méprisaient ; ce qui est tout à fait abominable à leurs yeux.

 

[31] Si Jésus est un descendant de David il n’aura pas son trône ; des versets de l’Ancien Testament confirment cette déduction : dans Jérémie (36 : 30-31), après que le roi de Juda, Yehoyaqim, avait brûlé le rouleau qui contenait les paroles que Baruch avait écrites, sous la dictée de Jérémie, la révélation fut alors adressée à Jérémie :  « … et contre Yehoyaqim, roi de Juda, tu diras : Ainsi parle l’Eternel : c’est toi qui a brûlé le rouleau… c’est pourquoi ainsi parle l’Eternel contre Yehoyaqim, roi de Juda : Aucun des siens ne siègera sur le trône de David ». Jésus est un descendant de Yehoyaqim ; selon Matthieu, (1 : 11) Jésus est  descendant de Yékonia (qui est Yehoyaqin) et Yekonia est le fils de Yehoyaqim et petit-fils de Josias (voir 2Rois, 23 : 29-36).

[32] Voir :  M. Bucaille, la Bible, le Coran et la Science pp. 105-109.

[33] No


 

Partager
 

A LIRE EN LIGNE !