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Les innovations « Bid’aa » ou le diktat de la pensée unique

Par Ahmed ELOUAZZANI

Introduction :

 

Je ne prétends pas en l’espace de quelques lignes donner une image exhaustive de ce qu’est l’innovation (Bid’aa). Mon objectif sera simplement d’éclaircir la vision en espérant fournir au lecteur les outils d’une réflexion méthodologique et les renseignements nécessaires, et ceux-ci en quête de la nuance et de la profondeur.

 

À la lecture de tout ce qui s’écrit au sujet de l’innovation religieuse, on a l’impression que tout devient une hérésie blâmable. Figées dans le souvenir d’époques florissantes, rivées à d’anciennes traditions mêlant la culture locale aux Référencesi, certaines pensées bornées et borgnes ne laissant aucune place à la raison, et faisant appel à la paresse et la sclérose intellectuelle.

 

L’éducation Prophétique, au contraire, laissa asseoir dans les esprits des compagnons que le Message est un ensemble de règles générales laissant au raisonnement logique un large espace de manœuvreii.

 

Un débat doit donc être engagé impérativement au sujet de l’innovation religieuse afin d’en fixer les concepts et la portée de certains mots propres à l’esprit du Texte et du contexte.

 

Opter pour la nuance et la profondeur :

 

L'une des plus grandes contributions de l’imam As-Shafi'i iii(que Dieu l’agrée) est la division de l'innovation (Bid’aa) en "bonnes" ou en "mauvaises" en fonction du fait qu'elles se conforment ou non aux lignes directrices de la Religion.

 

Ainsi, l’imam As-Shafi’i (que Dieu l’agrée) a dit iv : « toute chose innovée qui contredit le Livre, la Sounna, le Consensus des savants ou un Athar v, est une innovation qui se perd dans l’errance. Par contre toute chose qui est innovée en matière de bien et qui ne les contredit en rien, est une innovation louable. »

 

Il a dit également vi: «  il existe deux types d’innovations : les innovations réprouvées et les innovations autorisées. Les innovations conformes à la Sounna sont autorisées, mais celles qui la contredisent sont réprouvées ». Il appuya son dire sur la parole de Omar : « Quelle bonne innovation ! ». Il importe de noter, à ce propos, que des avis similaires ont été rapportés par nombre de savants tels que Al Bayhaqui , Al-Nawawî , l'Imâm Al-Haytamî, Abou Bakr ibn Al 'Arabi, Al-Ghazali, Ibn Hazm, Ibn al Jawzi, le Sultan des oulémas l'imam Al Izz Ibn Abd Salam et Al Hafidh ibn Hajar et bien d’autres.vii

L’imam Al-Shawkani, qui était un très grand savant de l’islam, a conclu dans son livre Nayl al-Awtar que la séparation des innovations en bonnes et mauvaises est la position la plus authentique et la plus correcte.viii


Nous allons donc articuler notre article autour de l’explication d’Al-Shafi’i, qui constitue l’avis majoritaire concernant ce sujet.


Les bonnes innovations :

 

Il existe des actes et des faits nouveaux qui ne contredisent pas les règles de la législation islamiques, bien au contraire, ils sont louables voire obligatoires.

 

Les compagnons et leurs successeurs ont innové de nombreuses choses qui respectent l’esprit de l’islam et ses preceptes généraux. Ces dites innovations ont été bien accueillies et adoptées par toute la Communauté puisqu’elles lui étaient bénéfiques.

 

C’est dans ce même ordre d’idée que l’on pourra comprendre la tradition suivante :

Le Prophète (Paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit: « Celui qui apporte une bonne tradition (Sounna Hassana) en Islam en aura sa récompense et la récompense de celui qui la met en pratique après lui, sans qu'aucun ne soit lésé dans sa récompense. Et celui qui apporte une mauvaise tradition (Sounna Sayi-a) en portera le fardeau et celui de ceux qui la mettent en pratique après lui, sans qu'aucun d'eux ne soient déchargés de leur fardeau »ix.

Le hadith est édifiant à plus d’un titre, les pratiques en rapport avec la religion, qui trouvent une justification ou un fondement dans les références de la législation islamique, ne sont pas considérées comme une innovation blâmable (Bid’aa). Par conséquent, il n’est pas suffisant qu’une chose soit nouvelle pour qu’elle soit considérée comme une innovation blâmable, elle doit aussi contredire la Religion.

 

Dans ce sens, plusieurs innovations ont été classées comme louables. Pour plus de clarté, donnons quelques exemplesx :

 

  1. Le Coran a été rassemblé en un opuscule à l’époque du khalife Abou Bakr (que Dieu l’agrée). Ensuite le khalife Othman rassembla le Coran dans un seul ouvrage et en envoya plusieurs exemplaires aux différentes contrées.

  2. Omar Ibn Khattab a institué la prière collective de Tarawih pendant le mois de Ramadan. Puis, lorsqu’il vit les musulmans accomplir cette prière il s’exclama : « quelle bonne innovation ! ». Oubayy Ibn ka’ab (que Dieu l’agrée) dit alors à Omar que cette pratique n’existait pas auparavant. Omar répliqua qu’il le savait, mais que c’était une bonne chose.

  3. Il y a aussi la rédaction de différents ouvrages relatifs à différentes sciences comme la science des Hadiths, les fondements de la jurisprudence (ousoul al-fiqh) …

  4. La mise en place de "Mihrab"xi dans les mosquées afin d'indiquer la direction de la Qibla.

  5. La vocalisation du Coran (tachkil al qoraane).

  6. L’appel à la prière du vendredi qu’institua Othman (que Dieu l’agrée), qui se faisait au dessus de sa propre maisonxii, afin de permettre aux gens les plus loin de la mosquée d’être bien informéxiii.

 

L’approbation des savants de certaines œuvres est un signe de sa légitimé car la Communauté ne s'unit pas dans l'erreur. Ibn Mass’oud (que Dieu l’agrée) dit : « Tout ce que les musulmans considèrent comme bien est effectivement bien, et ce qu'ils considèrent comme mal, cela est effectivement mal »xiv.

 

L’absolu et le relatif :

 

La compréhension de l’islam n’est pas une étape unique, stationnaire et verrouillée mais, en fait, un mouvement continu et un effort intellectuel permanent. Le mérite glorieux de nos prédécesseurs pieux réside surtout dans le fait, qu’ils sont les meilleurs à comprendre l’esprit de l’islam, et à respecter la méthode et les principes de la recherche en « mettant toute leur énergie à formuler leur propre jugement »xv. Cette extrême flexibilité permettra l’adoption en masse de l’islam par des peuples aussi différents les uns des autres que les Berbères et les Persans par exemple. Même, à leur époque, il n’y avait pas une seule compréhension et un seul ijtihad. Bien au contraire, il y a avait une seule méthode d’où déclinent toutes ces pensées et que chacun s’efforçait d’appliquerxvi.

 

Si l’on sait que même nos ancêtres pieux avaient des positions différentes les uns des autres, nous comprendrons que se référer à eux, n’a aucune importance, si ce n’est pour prendre une part de leur volonté, de leur sincérité et de suivre leur méthodologie dans la recherche de la Vérité. Lister les avis des savants sans savoir les situer dans le texte et le contexte est aussi dangereux que de ne pas s’y référer du tout. D’ailleurs il y avait toujours des débats et de l’ijtihad car l’islam est une religion qui incite ses fidèles à déployer ses efforts intellectuels: « Quiconque fait un effort d’interprétation et aboutit à une décision correcte sera récompensé doublement. Celui qui fait un effort d’interprétation et aboutit à une décision incorrecte n’aura qu’une seule récompense ».

 

Ainsi, Ibnou Masoudxvii (que Dieu l’agrée), qui était un des compagnons les plus sévères dans la condamnation des innovationsxviii, s’est retrouvé lui-même contraint de se servir de Al-ra’y (l'opinion personnelle) et de Ilm Al-Kalam (science du dogme qui fait appelle à la raison) xix, quoique considéré par beaucoup de ses contemporains comme étant une hérésie. Ibn mas’oud fera du Al-ra'y un usage plus fréquent, voire plus élaboré, ce qui fonda plus tard l’école de Al-ra’y en Iraqxx. Rien ne permet de les considérer comme des innovateurs, c'est en effet un célèbre hadith dû à Mu'adh Ibn Jabal qui fonde la légitimité du procédéxxi.

 

Par ailleurs, Ibnou taymiyya, de son côté, a critiqué l’imam Ghazali d’avoir utilisé les principes de la philosophie (la logique aristotélicienne) pour défendre la religion, il a été lui-même amené plus tard à introduire les concepts de la philosophie dans ses débats. Finalement, sa réfutation des philosophes a été de mise.

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la compréhension de l’Islam a toujours fait l’objet d’une adaptation au contexte et à l’environnement. La compréhension de l’islam passe toujours par un véritable effort intellectuel pour en retrouver le sens originel. Les compagnons du Prophète, leurs successeurs et les savants de l’islam ont toujours prôné une compréhension consciente, intelligente et équilibrée des références. C’est ce qu’ont traduit les premiers juristes, après Abou Hanifa et As-Safi’i, avec la notion de maqasid ashari’a : les objectifs, les principes d’orientation de la législation islamique.

 

Les mauvaises innovations :

 

Une « religiosité maladive » (tadayyoun maradi) qui tourne autour de soi, qui se conçoit comme la seule digne d’être musulmane et toise du haut de sa supériorité et de son orgueil toute une autre pensée. Ce courant ne peut revenir à la modestie et se mettre à apprendre la sagesse de quelques autres écoles que ce soit. Leur seul argument, je cite : « comment pourrait-il y avoir en Islam de belles innovations? Toute nouveauté est une innovation, donc un égarement qui sera au feu ».

A cette étape d’étude, revenons aux deux fameux hadiths de Aicha (que Dieu l’agrée) qui évoquent les innovations. On va s’apercevoir qu’ils corroborent l’interprétation de l’imam As-Safi’i.

 

Aïcha (que Dieu l’agrée) a rapporté que le Messager de Dieu a dit : « Celui qui apporte dans notre religion–ci une innovation qui est étrangère, aura son oeuvre annulée et rejetée».xxii. Dans la version de Mouslim : « celui qui fait une chose en désaccord avec notre religion, aura son oeuvre annulée et rejetée».xxiii

 

Les Hadiths signifient que celui qui innove, en matière de religion, une chose ou une pratique qui va à l’encontre de la législation islamique, en supporte le péché et son œuvre est rejetée.xxiv

 

Rappelons, encore une fois, la compréhension du grand maître As-Safi’i sur la mauvaise innovation : toute action qui ne se conforme pas aux commandements de Dieu -exalté soit-Il- et à ceux de Son Envoyé est irrecevable.

 

Les innovations blâmables sont de plusieurs degrés. Certaines font partie du polythéisme, d’autres de la mécréance et d’autres des péchés. En général, on peut les classer en deux catégories :

 

  1. Les innovations en matière du Credo islamique (Al-‘Aquida al islamiyya) : Ces innovations ont pour vocation d'améliorer les dogmes et les croyances ou encore la production d'un nouveau Credo qui n’a pas été institué par les références islamiques authentiques. A ce propos, on rapporte qu’en marchant à Hounayn, les compagnons passèrent devant un jujubier que les associateurs vénéraient et suspendaient leurs armes à ses branches. Quelques nouveaux convertis dirent alors : « O envoyé de Dieu ! Désigne-nous un arbre de bénédictions comme les associateurs en ont un » Le Messager de Dieu leur dit : « Dieu est grand, vous venez de demander ce que les peuples de Moïse lui avaient demandé : (Fais nous un Dieu de même qu’ils ont des divinités)xxv. Puis il dit : « vous êtes un peuple se comportant suivant l’ignorance païenne. Vous allez cheminer suivant les voies de ceux qui vous ont précédé »xxvi. En effet, dès lors que la dissension et la discorde a pris de l'ampleur parmi les musulmans et dès lors que des groupes égarés ont fait leur apparition, mettant l'accent sur des sujets très subtils du domaine de la croyance, c’est ainsi que se sont manifestées plusieurs hérésies. La recherche de la compréhension de ces sujets n'a de résultat que l'égarement. C'est pour ces raisons que les anciens pieux de cette Communauté ont délaissé les paroles inutiles et vides d'intérêts, se sont éloignés des disputes et ont pris la marche des sujets simples, de la Sounna claire.

 

 

 

 

  1. Les innovations dans les actes cultuels (Al-‘ibadat) : Une adoration qui ne trouve aucune justification ni fondement dans les références islamiques xxvii est une mauvaise innovation.xxviii Cette interdiction peut être déduite du verset où Dieu exalté soit-Il dit : (Ou bien auraient-ils des associés (à Allah) qui auraient établi pour eux des lois religieuses que Dieu n'a jamais permises ?)xxix. Pour illustrer cette idée,on peut citer l’exemple de l’homme qui, au temps du Prophète (Paix et bénédiction de Dieu sur lui), avait fait vœu de rester continuellement debout sous le soleil, et de ne jamais s’asseoir et de jeûner sans arrêt. Le Messager de Dieu lui ordonna de s’asseoir, de se mettre à l’ombre et de terminer son jeûne jusqu’à la fin de la journée.xxx En revanche, les pratiques cultuels qui n'existaient pas au temps du Prophète mais qui trouvent quand même leur fondement dans les références islamiques ne sont pas considérées comme (Bid’aa).

 

Equilibre et pondération :

 

Il est à rappeler que nous sommes une Communauté du juste milieu, ce juste milieu que nous n’arrivons pas encore à trouver et que nous devrions rechercher activement et assidûment. Le messager de Dieu (Prières et bénédictions de Dieu sur lui) a averti contre l'extrémisme en disant : " Je vous mets en garde contre l'extrémisme dans la religion, en effet ceux qui sont venus avant vous, n'ont été détruits qu’en raison de leur extrémisme dans la_religion."xxxi

Il est donc important de noter l’extrême inflexibilité doctrinale d’un certain courant, qui aspirait, à l’origine, à dépasser les écoles juridiques, et qui est devenue une nouvelle école, dont la particularité est d’être plus rigide que les autres. Ce n’est certainement pas le Texte qui est ici mis en cause, mais plutôt les comportements des uns et des autres qui prétendent parler au nom du Texte et qui desservent à la fois son Message et son esprit !

 

Selon Abou Hourayra (que Dieu l’agrée), le Prophète (Paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : « La religion est aisance et facilité. Jamais quelqu’un ne cherchera à rivaliser de force avec la religion sans que la religion ne l’écrase. Suivez plutôt la voie sage du juste milieu, rapprochez-vous en douceur de la perfection et soyez optimistes… »xxxii . La rigidité est un principe à l’antipode de la religion.

 

 

i Il serait judicieux de rappeler ici, l’empreinte des préceptes extrémistes sur la société arabe qui s’est traduite par un certain nombre de mesures souvent restrictives pour la liberté individuelle des femmes. Le conseil des grands oulémas dans un pays du golfe a rappelé sa position hostile à la conduite des voitures par les femmes. Ce qui nous rappelle le débat sur l’instruction de la femme dans les années 60. « Ce sont les mêmes qui se sont opposés au téléphone, puis à la télévision, puis à l’éducation des filles et maintenant à la conduite des voitures et au droit de vote »

ii Très vite, l’islam admet dans sa formulation, et déjà même à l'époque du Prophète, l'idée du pluralisme dans l'interprétation, et ce même dans les actes cultuels. D’après ibn ‘Omar (que Dieu l’agrée) le Prophète nous a dit au moment où nous revenions de la bataille des coalisés (ahzâb) : « Qu’aucun d’entre vous ne prie la prière du ‘Asr à moins d’être chez les Bani Qourayda !» l’heure du ‘Asr est arrivée alors que certains d’entre eux étaient en route. Une partie a dit : « Nous ne prions pas avant de l’avoir atteint (c-a-d Bani Qourayda) », et une partie a dit : « Au contraire, nous allons prier, on ne veut pas cela de nous !». Ceci fut évoqué devant le Prophète qui ne fit de reproche à aucun d’entre eux. Par ailleurs, Aïsha (que Dieu l’agrée) rapporte la tradition suivante : "J'étais sortie un jour du mois de Ramadan avec le Prophète pour accomplir le petit pèlerinage : il mangeait alors que je jeûnais, il écourtait ses prières alors que je les accomplissais entièrement. Alors je lui dis : "Par mon père et par ma mère, tu manges alors que je jeûne, tu écourtes tes prières alors que je les accomplis entièrement." et le Prophète de répondre : "Tu fais bien, Aïsha.""

iii L’imam Mohamed Ibn Idris As-Shafi'i (mort en 204 H/8l9 JC) est le disciple de l’imam Malik Ibnou Anas, l’arrière disciple des deux compagnons d’Abou Hanifa et le maître de l’imam Ahmed Ibnou Hanbal, c’est le premier fondateur d’une nouvelle discipline scientifique qui s’appela : les fondements de la jurisprudence islamique ‘ilm ousoul Al fiqh.

iv Rapporté de Harmala disciple de As-Shafi’i (que Dieu l’agrée) par Abou Nouaym dans Hilyat Al-Awliya. La parole de Omar (que Dieu l’agrée) est rapportée par Al-Boukhari dans son Sahih et par l’imam Malik dans son fameux livre Al-Mouwatta.

v Un Athar est une information traditionnelle, en l’occurrence, ce qui est rapporté des compagnons du Prophète ou à leurs successeurs.

vi Rapporté d’Al-Rabi’, autre disciple de As-Shafi’i (que Dieu l’agrée), par Al-Bayhaqui dans son livre Madkhal et Manaqib Al-Shafi’i avec une chaîne authentique comme le dit Ibn Taymiyya dans son livre Dar' Ta’arud Al-’Aql wa Al-Naql’.

vii Il importe de noter que certains savants ont classé les bonnes et les mauvaises innovations suivant les cinq statuts juridiques connus. Ainsi, L'innovation est divisée en celle qui est obligatoire (wajiba), interdite (mouharrama), recommandée (mandouba), déconseillée (makrouha) ou indifférente (moubaha). En revanche, on trouve plus de réticence au niveau de l’école hanbalites et surtout avec Ibnou taymiyya.

viii Al-Shawkani dans son fameux livre Nayl Al-Awtar

ix Rapporté par Mouslim dans son Sahih (chapitre de la Zakat)

x Quant aux nouveautés qui touchent les actes ordinaires de la vie, celles-ci ne sont pas appelées Bid’aa [innovation] en Islam.

xi la niche de prière qui indique la Qibla, la direction de La Mecque dans la mosquée. C'est dans cette direction que prient les musulmans.

xii La maison de ‘Othman est située dans un endroit avoisinant la mosquée prophétique appelé Zawra’.

xiii Rapporté par Al-Boukari, Abou Daoud, Attirmidhi et An-Nassai’

xiv Rapporté par l'Imam Ahmed dans son livre As-Sunnah

xv Expression empruntée du Dr Saîd Ramadan Al Bouti, le grand savant du monde islamique, dans son livre « assalafiyya ». Je désigne ici par méthode les règles d’extractions des avis juridiques à partir des références islamiques.

xvi y compris la notion de Bid’aa a fait l’objet de l’ijtihad

xvii Ibn Mas’oud : Compagnon du Prophète et lecteur du Coran, exégète. Mort en 32H/652JC.

xviii Comme il a été authentiquement rapporté qu'Ibn Mas'oud (que Dieu l’agrée) a par exemple dit : "Suivez et n'innovez pas, car en vérité ceci vous est suffisant et sachez que toute innovation est un égarement"

xix A l’instar d’Ibn Mas’oud , d’autres ont fait de même, citons entre autres, l’imam Ali, qui a débattu avec Yazid Ibnou Oumayra à propos de la foi (Al Imane), Ibnou Abbas qui a débattu avec le groupe des khawarij et l’imam As-Shafi’i(que Dieu les agrée tous) qui a débattu avec Bichr Al Merissi.

xx Parmi ses disciples nous retrouvons, ‘Alqamah Ibnou Qays Nakha'i et Ibrahim Nakha'i

xxi Mu'adh ibn jabal avait été nommé juge au Yémen par le prophète Mohamed. Avant son départ, le prophète lui demanda : Selon quoi vas-tu juger ? Il répondit : Selon le livre de Dieu. Mohamed demanda : Et si tu n'y trouves rien ? Il répondit : Selon la tradition du prophète de Dieu. Mohamed demanda finalement : Et si tu n'y trouves rien ? Il dit : Alors je m'efforcerai de former mon propre jugement. Et aussitôt le prophète s'écria : Que Dieu soit loué, car il a montré au messager de son prophète ce qui plaît à son prophète. Hadith authentique rapporté par Abou Daoud.

xxii Rapporté par Al-Boukhari et Mouslim

xxiii Un autre hadith qui a été longuement commenté au sujet des innovations que voici : Le Prophète (Paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : « … En réalité, celui d'entre vous qui vivra après moi verra une divergence de vues. Restez donc attachés à ma Sounnah, à celle des califes bien guidés après moi. Mordez-y à pleine dents ( lit : par vos molaires). Evitez les pratiques innovées car toute innovation (en islam) constitue un égarement ». (Rapporté par Ahmad, Abou Daoud et at-Tirmidhi qui le déclare : bon et authentique)

xxiv Parmi les causes qui ont favorisé l’apparition des innovations, on trouve :

  1. L’ignorance, l’imitation aveugle sans fondement (attaqlid)

  2. Les passions (hawa), le tribalisme et le sectarisme borgne

  3. Les Hadiths forgés ou inventés (Mawdou’) ou sans origine (sans Isnad).

  4. L’apparition d’une volonté manifeste d’instiguer le doute dans la communauté en faisant circuler de faux hadiths

  5. L’apparition de conflits divisant gravement la communauté et allant à l’affrontement au nom de convictions différentes

  6. Des habitudes (‘Adat) et des légendes (Khourafat) qui n’ont aucune source dans la religion.

xxv Coran Sourate 7/138

xxvi A titre d’exemple, citons le fait de suivre en matière de credo, la doctrine incriminée par les groupes égarés tels que : Al Batiniyah, Al Murjiaah, Al Khawarij, Al Kadariyya, Al Jahamiyya, Ar-Rawafids …

xxvii Les références islamiques telles que définies par les fondements de la jurisprudence islamique ‘ilm ousoul Al fiqh’.

xxviii Pour illustrer ce passage, voici quelques illustrations :

  1. Rajouter une cinquième Rak’aa (unité de prière)

  2. Faire le pèlerinage (Hajj) sans parler

  3. Faire la circumambulation tawaf autour d’une tombe

  4. Faire la prière vers une direction autre que la Kibla

  5. Faire le jeune en continu sans rompre le jeune à la prière de Maghreb

xxix Coran Sourate 42/21

xxx Rapporté par Mouslim

xxxi Rapporté par An-Nasa'i, Ibn Maja, Ahmad avec un chaine authentique.

xxxii Rapporté par Al-Boukhari

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